A l’instar des Etats-Unis d’Amérique, sous Donald Trump, qui ont entamé une restructuration en profondeur de l’USAID, avec licenciement de plus d’un millier d’employés et suspension de l’aide internationale ; la France veut revoir l’Agence française de développement (AFD) et l’aide publique au développement octroyée. Une commission d’évaluation a été annoncée.
Sur ordre du président américain, Donald Trump, qui a mandaté le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) dirigé par son allié politique, l’homme le plus riche du monde, l’industriel Elon Musk, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), la structure américaine chargée de l’aide publique au développement à travers le monde, a été soumise à une restructuration. Cette opération vise à limiter l’influence de l’USAID, considérée comme un levier majeur du « soft power » américain. Mais surtout, selon l’administration Trump, il s’agit de réduire les dépenses publiques et faire des économies.
1.600 postes sont supprimés à l’USAID
Les effectifs de l’USAID ont été sévèrement réduits. A l’exception des cadres dirigeants et du personnel jugé essentiel, tous les employés sont placés en congé administratif payé, tandis que 1.600 postes sont supprimés sur le sol américain. Cette initiative des Etats-Unis d’Amérique a visiblement inspiré la France. Mais contrairement à Washington qui a fait son opération avec des vuvuzelas et du fracas, Paris a enclenché son opération dans le silence. En effet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël, Barrot a annoncé, le dimanche 23 février 2025, avoir créé une commission pour évaluer l’aide publique au développement de la France mise en œuvre, en particulier, par l’Agence française de développement (AFD).
L’annonce du ministre français Jean-Noël Barrot
« Je viens de signer, il y a quelques jours, un décret qui instaure une commission d’évaluation de l’aide publique au développement », a déclaré Jean-Noël Barrot lors d’un entretien avec nos confrères d’Europe 1 et de CNews. Il s’agit « projet par projet », a-t-il précisé, de s’assurer « systématiquement que ce que nous faisons est bien dans l’intérêt direct des Français ou indirect, parce que ces interventions de l’AFD, l’Agence française de développement, bénéficient aussi très largement à des entreprises françaises ».
Ces propos du ministre des Affaires étrangères ont été tenus le jour de la publication d’un dossier dans le JDD, l’hebdomadaire dominical détenu par Vincent Bolloré, où l’aide française au développement est qualifiée d’« obscure », « ubuesque » ou « obsédée par le genre ». Et alors qu’un rapport parlementaire du député Rassemblement national (RN) Guillaume Bigot exige un moratoire sur cette aide qu’il juge « illisible », « coûteuse » et « peu efficace ». Tout cela dans un contexte d’économies budgétaires, l’aide française au développement, 15 milliards d’euros en 2024, a déjà été rabotée de 2 milliards d’euros dans le budget qui vient d’être adopté. Et alors que Donald Trump a tout simplement gelé pour trois mois l’aide américaine.
Didier Depry
Avec RFI
Légende photo : Le président de la République de France, Emmanuel Macron.


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