Affaire Koumassi-Campement  –  Pourquoi ce procès contre le District d’Abidjan et Cissé Bacongo est faux

« Une opération inscrite dans un plan d’ensemble », tel est l’intitulé de cette contribution ci-dessous relative à ‘affaire Koumassi-Campement qui fait couler tant d’encre et de salive. Avec n sus des soupons infondés sur le District autonome d’Abidjan et son premier responsable, le ministre gouverneur Cissé Bacongo.

Dans un communiqué daté du 21 mai 2026, le District autonome d’Abidjan annonçait avoir mené le 20 mai 2026 une opération de libération de zones à risques et de lutte contre l’insalubrité à Cocody (Boussangadougou-Kissangani, Belleville-Allakro et Gobelet). L’opération faisait suite à des missions de terrain conduites avec le ministère de la Cohésion nationale, le préfet d’Abidjan, l’ONPC et la mairie de Cocody : sensibilisation, recensement des ménages, évaluations sociales et techniques, accompagnement et indemnisation, dans le cadre de l’opération « Zéro mort ». Surtout, le District annonçait que toutes les zones d’habitation identifiées comme à risques feraient l’objet d’interventions similaires dans les prochains jours.

Koumassi-Campement : une opération inscrite dans un plan d’ensemble

Le 21 mai 2026, le District autonome d’Abidjan publiait un communiqué relatif à la saison des pluies. Il y rendait compte d’une opération de libération de zones à risques menée la veille à Cocody, dans les secteurs de Boussangadougou-Kissangani, Belleville-Allakro et Gobelet. Préparée avec l’État, la préfecture, l’ONPC et la mairie, cette intervention visait à soustraire des populations aux inondations, éboulements et glissements de terrain, dans le cadre de l’opération « Zéro mort ».

Le texte annonçait aussi que toutes les zones d’habitation identifiées comme à risques feraient l’objet d’interventions similaires dans les jours suivants. Autrement dit, le District annonçait publiquement une opération appelée à se poursuivre sur l’ensemble de son territoire.
Ce document éclaire le débat sur Koumassi-Campement, après les propos du Procureur de la République. En effet, certains s’étonnent que le District n’ait pas communiqué spécifiquement sur ce site. En réalité, il ne l’a pas fait davantage spécifiquement pour Zimbabwé, ni pour bien d’autres zones où il a opéré. Le communiqué du 21 mai 2026 constituait l’annonce générale ; les interventions qui ont suivi en étaient la mise en œuvre.

Pour Koumassi-Campement, une raison supplémentaire justifie la réserve : une enquête a été annoncée dès le 10 juin 2026, une semaine après l’opération qui s’est faite sur la base du communiqué du 21 mai 2026, fait alors que l’opération avait déjà débuté à Cocody. Communiquer en détail, et de façon spécifique sur un dossier (ce qui n’a pas été fait pour Zimbabwé malgré la polémique engagée par le maire de Port Bouet) sous enquête aurait pu en perturber le déroulement. Le District n’a pas voulu engagée rajouter à la confusion de la période. Mais il a depuis trois mois au moins informé la justice, comme l’a révélé le procureur de la République, qui avait dit qu’il s’agissait d’une information nouvelle et inédite.

Cette absence de communication spécifique ne suffit donc pas à fonder un soupçon. Elle n’autorise pas non plus à extraire Koumassi-Campement de l’ensemble des opérations conduites par le District, dans le cadre des attributions que lui confère la loi. Isoler le site de Koumassi-Campement, c’est tenter d’ignorer la cohérence d’une politique annoncée publiquement et menée à l’échelle de tout le District Autonome d’Abidjan.

Légende photo : Le ministre-gouverneur du District autonome d’Aidjan, Ibrahim Cissé Bcongo. (Archives)

Réponse à Douglas Mountain : la mise en garde du chef de l’État ne condamne personne par avance, encore moins Cissé Bacongo

Dans une contribution antérieure, j’analysais la conférence de presse du procureur Koné Braman Oumar, tenue le 16 septembre 2026, relative aux démolitions de Koumassi-Campement. Je distinguais le propos liminaire, soigneusement pesé, des réponses improvisées aux questions des journalistes. Ces dernières, bien que juridiquement défendables, produisaient trois effets problématiques : un déséquilibre entre la version du Ministre, Gouverneur et les éléments à charge, une anticipation de la compétence de la Haute cour de justice, et une question rhétorique sur le plan ORSEC qui s’entendait comme un doute institutionnel. Je soulignais également trois manques : l’absence de transcription intégrale officielle et authentifiée par le Parquet, l’opacité du cadre juridique du District, et la nécessité de clarifier les chiffres. Je proposais enfin un protocole écrit de communication judiciaire, seule garantie réelle de la présomption d’innocence pour tous.

Ma réponse à Douglas Mountain

Depuis ma position de chroniqueur, je voudrais aujourd’hui répondre à Douglas Mountain, du Cercle des Réflexions Libérales, qui, dans une tribune du 18 septembre 2026, prétend dresser un réquisitoire contre le gouverneur Cissé Bacongo. Ainsi, il croit voir dans l’absence de la Première Dame aux inaugurations d’ouvrages portant son nom un désaveu, et dans la nouvelle structure de gestion du parti présidentiel sa mise à l’écart. Il lui impute quelque 800 000 déguerpis depuis 2019, dénonce des justifications changeantes, réduit ses réalisations à de l’embellissement et évoque, sur la foi de rumeurs, des sites promis à des intérêts privés. Il lit enfin dans la mise en garde du chef de l’État un message visant le Ministre, Gouverneur.

Procès en sorcellerie

« Personne ne peut agir au nom de l’État, hors du cadre légal, sans en subir les conséquences », avait en effectivement prévenu le chef de l’État, le 6 août 2026. Douglas Mountain, coutumier des sorties de route, en fait une sentence déjà prononcée contre le Ministre et Gouverneur Cissé Bacongo. C’est aller vite en besogne.

À ce stade, il n’a été ni établi ni démontré que le gouverneur ait agi hors du cadre légal. L’enquête, annoncée dès le 10 juin 2026, suit son cours, et Douglas Mountain reconnaît lui-même que la conférence du procureur du 16 septembre 2026 n’a pas tranché la question du rôle du District, ni porté un qualificatif sur son action. Si une faute est établie, le chef de l’État n’hésitera pas à la sanctionner, et Cissé Ibrahima Bacongo en prendra acte. Simple !
Personne n’a besoin de Douglas Mountain pour rappeler cette évidence !

Le reste relève de la spéculation. Prêter des pensées à la Première Dame à partir d’une absence à une cérémonie, c’est parler à sa place. Nous ne ferons pas comme lui, et ne manifesterons pas la même outrecuidance que Douglas Mountain qui a osé émettre des doutes dans d’autres écrits , sur le sens de l’État qui anime le président de la République. Bâtir une accusation sur des « il se dit », c’est substituer la rumeur à l’information. Et qualifier un homme de « monstre » ou de « diabolique » disqualifie l’analyse plus qu’elle ne la renforceQuant aux justifications prétendument changeantes, elles traduisent une même politique. Le 21 mai 2026, le District annonçait publiquement, dans le cadre de l’opération « Zéro mort » de la saison des pluies, que toutes les zones exposées aux inondations et aux éboulements feraient l’objet d’interventions. Désordre urbain, zones à risques, plan ORSEC : ces notions se complètent, elles ne se contredisent pas. Invoquer le plan ORSEC, c’est d’ailleurs se référer à un dispositif prévu par les textes , sans oublier les attributions et compétences du District.

Enfin, réduire l’action du District à de l’embellissement, c’est ignorer que la sécurisation de l’espace urbain et la protection des vies figurent au cœur de ses attributions légales.

Le débat sur Koumassi-Campement est légitime. Il ne mérite pas des incantations. Il mérite des faits, établis par l’enquête. C’est sur ces faits que la justice et le chef de l’État se baseront pour juger d’une part , et d’autre part pour prendre des décisions ou des mesures qui s’imposent. Pas sur les écrits de Douglas Mountain, pas sur les calculs des opposants au RHDP , au gouvernement, ou encore sur la base des agissements des adversaires ou détracteurs démasqués ou masqués , du Ministre, Gouverneur.

Une contribution de Laurent Oupoh
225025laurentoupoh@gmail.com

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