Journées du caoutchouc naturel en Côte d’Ivoire – Beugré Mambé évoque les défis de la filière

L’augmentation de la production, la deuxième transformation, la labélisation, la préservation de l’environnement, etc. Ce sont les défis que doivent relever la filière hévéa en Côte d’Ivoire et que le Premier ministre, Beugré Mambé, a évoqué, le vendredi 25 octobre 2024, à Abidjan-Cocody, lors de l’ouverture officielle des premières journées nationales du caoutchouc naturel. Ce, en présence du Malaisien Datuk Dr Aziz Bin Sheikh A. B. Kadir, secrétaire général du Conseil international de la recherche et du développement sur le caoutchouc (IRRDB), du Représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des organisations internationales de produits de base à Londres, l’Ambassadeur Aly Touré, président du Groupe d’étude international sur le caoutchouc, des opérateurs internationaux de la filière, etc.

Beugré Mambé, a déploré le fait que la Côte d’Ivoire ne capte que 0,5 à 1% des 350 milliards de dollars de chiffre d’affaires du secteur de l’hévéa dans le monde. Cependant, il se réjouit des initiatives prises par la filière en vue de valeur ajoutée. Il s’agit de la mise sur pied de la centrale des risques, la construction de l’académie des métiers de l’hévéa et la labellisation du caoutchouc « made in Côte d’Ivoire ». Non sans omettre le développement de la deuxième transformation du caoutchouc. Le premier ministre propose, en outre, un plan d’action, le financement, le monitoring, etc.

Pour sa part, le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Kouassi Adjoumani, a annoncé que l’objectif de la durabilité de l’industrie du caoutchouc ne peut être atteint que si « l’Homme au cœur de l’action dans la chaine des valeurs du caoutchouc ». Il a posé la question de savoir si l’on peut parler d’industrie sans le travail acharné de ces milliers de petits producteurs ?. « Je voudrais saluer à travers leurs représentants ici, tous ces vaillants producteurs dont la sueur et les efforts d’investissements ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur », a-t-il confié. Kouassi Adjoumani, a, en outre, prôné la transformation locale des produits dérivés et l’amélioration des pratiques agricoles pour maximiser les revenus des producteurs d’hévéa. Non sans saluer l’initiative prise dans ce sens par l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC). Le ministre d’Etat n’a pas manqué de donner les raisons de la bonne santé de la filière hévéicole ivoirienne. Il s’agit, entre autres, de l’amélioration de l’environnement des affaires et aux conventions fiscales signées entre l’État et les entreprises. Ce qui, a-t-il dit, a permis d’augmenter la capacité d’usinage totale en activité qui est passé à plus de 2,2 millions de tonnes par an.

Charles-Emmanuel Yacé, président du conseil d’administration (PCA) de l’APROMAC, a quant à lui donné l’assurance que l’avenir de la filière hévéa en Côte d’Ivoire est promoteur. Il a justifié cela par le fait que la production de caoutchouc naturel continuera de croître dans les années à venir, et est portée par des rendements agricoles élevés et à l’expansion des surfaces cultivées. Il a rappelé que la production d’hévéa s’élève à 1, 6 million de tonnes en 2023 contre 164 138 tonnes en 2005. Soit une production multipliée par 10 en 18 ans. Aussi a-t-il ajouté que le nombre de producteurs villageois est de 180 000 et le nombre d’usines de première transformation fonctionnelle est de 40.

Le représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des organisations internationales de produit de base à Londres, Aly Touré, au nom du Groupe d’étude international sur le caoutchouc qu’il préside a annoncé que la durabilité de la filière doit reposer sur les petits producteurs. Il n’a pas omis de relever l’impact de la réforme sur les performances de la filière en Côte d’Ivoire. Et que les opportunités ne manquent pas dans la filière. Pour Dr Aziz Bin Sheikh A. B. Kadir, secrétaire général du Conseil international de la recherche et du développement sur le caoutchouc (IRRDB), la stratégie ne devrait pas être seulement de vendre du caoutchouc mais d’y ajouter de la valeur.

Plusieurs opérateurs de la filière hévéa ont été distingués. Il s’agit, entre autres, de Pierre Magne, Lohess Vincent, Koffi Fulgence, Mme Amoikon Béatrice, Pr Kouassi Auguste à titre posthume, etc. Ainsi que le Malaisien Datuk Dr Aziz Bin Sheikh A. B. Kadir, secrétaire général du Conseil international de la recherche et du développement sur le caoutchouc (IRRDB). « L’industrie du caoutchouc naturel face aux enjeux de durabilité : quelles stratégies pour quels marchés ?’’ était le thème général de ces journées qui se sont déroulées du 24 au 26 octobre dernier.La Côte d’Ivoire occupe le 3ᵉ rang mondial et est le premier producteur africain d’hévéa avec 80 % de la production du continent.

Nedson Djinsou

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Le Premier ministre, Beugré Mambé, a parrainé les premières journées du caoutchouc naturel en Côte d’Ivoire.

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