Noël Dourey (RHDP) : «  PDCI-RDA, allez demander pardon à Bédié ! »

« A notre grande surprise, ce matin (mercredi 2 avril 2025, ndlr), ce sont les députés qui  veulent transformer une forfaiture en règle établie (…) Nous avons  tous des enfants. Est-ce que nous pouvons dire à nos enfants, voilà ce que nous trouvons juste mais  on vous encourage à faire ce qui est faux ?  Est-ce que c’est normal que des députés veuillent transformer une affaire juridique en une affaire politique ? »

L’artiste-chanteur Noël Dourey,  membre du Bureau Politique (B.P) du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, dénonce ainsi la manifestation des députés issus du PDCI-RDA, le mercredi 2 avril 2025, devant le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, relativement à l’affaire « Valérie Yapo contre Tidjane Thiam ». Il interpelle également le plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire sur son attitude globale. Ci-dessous l’intégralité des propos de Noël Dourey diffusée sur les réseaux sociaux à travers une vidéo de plus de 20 mn.

« Je me pose une question. Le PDCI-RDA est-il en train de se désagréger ?  Parce que je ne comprends pas. Tous les Ivoiriens ont pleuré le président Bédié. A commencer par  son cadet, Son Excellence Alassane Ouattara. Nous avons pleuré Bédié parce qu’il incarnait, après le président Houphouët-Boigny, la figure tutélaire du PDCI-RDA. Et tant qu’ancien militant de ce grand parti politique, nous l’avons pleuré. Bon ça c’est une cuisine interne au PDCI-RDA, ils ont précipité son remplacement. Qu’à cela ne tienne !  Les candidatures se sont faites connaître mais curieusement, il y en a  qui ont été rejetées. Le collège électorale dirigée par le plus âgé des instances du PDCI-RDA a donc été chargé de liquider les affaires courantes et de mettre en place les nouveaux organes. A l’analyse des faits qui se sont déroulés jusqu’à aujourd’hui, on se rend compte que le comité des sages dirigé par le professeur, le doyen Cowpli-Boni,  a tracé un boulevard pour le président Thiam. Sur quels textes, sur quels critères ? Personne ne le sait.

Il y en a qui avait un nom à défendre. Je veux parler de M. Thierry Tanoh, de M. Billon  et du professeur Kakou  Guikahué. En fonction de leurs parcours et de ce qu’ils ont apporté à la Côte d’Ivoire pendant les moments de braise, en partageant les joies et les peines des Ivoiriens, en souffrant dans leur chair ce que le peuple ivoirien a vécu. Kakou Guikahué a vécu la mort atroce des citoyens ivoiriens, militants du PDCI-RDA, mort dans la fleur de l’âge.  Il a vécu ça.  Et il a dit au nom de  ce que j’ai vu, ce n’est pas à moi de faire ombrage à leurs desseins inavoués.  Il a donc laissé faire. Et c’est lui qui a dit quand on lui a posé la question si l’appartenance ethnique était un critère, il a dit que celui  qui a posé la question en prenne l’entière responsabilité.

« Ils ont précipité le remplacement de Bédié »

 Mais, nous, pour avoir milité au PDCI-RDA depuis notre tendre enfance, nous avons su très tôt  qu’il fallait militer trois ou quatre fois plus que ceux qui se faisaient appeler les privilégiés – en tout cas –  parce que ceux-là étaient d’une région serait propriétaire du PDCI-RDA. Ils sont partis, ils ont tenu compte de leurs noms et leur éducation en disant qu’ils laissaient les doyens faire ce qu’ils avaient envie de faire. Et les doyens ont fait ce qu’ils voulaient faire. La mayonnaise n’a pas pris parce qu’une militante du PDCI-RDA qui a assurément beaucoup d’autres militants avec elle a décidé de ne pas accepter la forfaiture, a décidé de faire droit aux textes qui régissent le PDCI-RDA. Ce parti qui dit, lui-même, dans son propre règlement intérieur que pour être président le PDCI-RDA, il faut être Ivoirien. C’est-à-dire quand tu viens faire acte de candidature, il faut être  Ivoirien. Et c’est toute ahurie, qu’elle a découvert que celui  qui a été mis comme président du PDCI-RDA, en réalité, n’était pas Ivoirien., il était Français. A l’époque des candidatures, bien sûr.  Elle a saisi la Justice.

Dans un Etat civilisé, un Etat moderne, on n’a pas besoin  d’envoyer des gens pour faire palabre entre griffes  quand on a déjà saisi la Justice. Pour que la Justice  nous dise  « non, madame Valérie Yapo vous avez tort, il est dans  son bon droit, il peut être président » ou alors «  madame Valérie Yapo, vous avez raison. Tout ce qu’il a pris comme décisions est nul et de nul effet, donc  reparte à zéro ». C’est cela la démarche. C’est une démarche logique, c’est une démarche de justice. C’est un juge qui doit trancher. Mais à notre grande surprise, ce matin (mercredi 2 avril 2025, ndlr), ce sont les députés qui  veulent transformer une forfaiture en règle établie. Mais c’est tout de même difficile à comprendre cela. Nous avons  tous des enfants. Est-ce que nous pouvons dire à nos enfants, voilà ce que nous trouvons juste mais  on vous encourage à faire ce qui est faux ?  Est-ce que c’est normal que des députés veuillent transformer une affaire juridique en une affaire politique ? PDCI-RDA, allez demander pardon à Bédié ! La façon dont vous avez enlevé ses affiches la nuit puis vous êtes revenus les remettre, allez lui demander pardon. Sinon, moi, ce n’est pas le PDCI-RDA que je connais qui est là.

« Une militante du PDCI-RDA a décidé de ne pas accepter la forfaiture »

 Toutes les lois que PDCI-RDA a fait triompher en Côte d’Ivoire ou en Afrique par Houphouët-Boigny sont des lois qui ont été votées par des assemblées, soit constituantes, soit nationales. Pas autre chose. Ce n’est pas la force qui a donné à Houphouët-Boigny, la légitimité qu’il avait.  C’est la loi. Ce sont les lois qu’il a fait voter. Je voudrais féliciter les Forces de l’ordre qui n’ont pas usé de violence pour vous disperser. C’est une intrusion dans le Temple de Thémis qui est inacceptable. Mais argumentez !  J’ai même vu un avocat, qui se dit avocat du PDCI-RDA, celui-là même qui affirmait que monsieur Tidjane Thiam était Français par hérédité. Il a été désavoué après. Je me demande s’il a même une maîtrise du dossier du PDCI-RDA.  Respectons notre pays en respectant ses institutions ! Ou bien le Parlement de Côte d’Ivoire doit disparaître ? C’est vous qui votez les lois.  Ce sont les députés d’une nation qui votent les lois. Même si vous êtes minoritaires, les lois s’imposent à vous. Et dans votre cas, c’est le PDCI-RDA qui a fait voter les lois sur les partis politiques. Et les lois ont été adoptées et promulguées. C’est  vous-mêmes qui demandez aujourd’hui au juge de fouler au pied les lois que vous avez votées. Qu’est-ce qui vous prend ? Quel est votre souci ?

Que la Côte d’Ivoire sous Alassane Ouattara ne fasse plus de droit ? Qu’il n’y ait plus de Justice ?  Et que vous, en tant qu’élus de la nation  c’est-à-dire en tant que représentants du peuple, vous soyez en train de mettre la merde. C’est ça votre rôle ?  C’est pour ça qu’on vous paie avec l’argent du contribuable ? C’est une véritable honte ! Imaginez un seul instant  que d’autres militants du PDCI-RDA disent qu’ils ne sont pas d’accord avec ce que vous faites. Vous n’avez pas tiré des leçons de la chienlit que vous avez voulu installer en 2020. Aucune leçon. Moi, j’ai vu Kakou Guikahué quand on l’a jugé.  On n’a vu aucun militant du PDCI-RDA, on n’a vu aucun député du PDCI-RDA. Rien. Monsieur Thiam vous a-t-il envoûtés ?  Y a quoi ?  Comme il est premier partout-là donc il est premier aussi dans ça ? Parce que quand on parle de lui, des gens répondent qu’il a été premier  ici, il a été premier là.  Donc il est premier dans le désordre en Côte d’Ivoire, c’est ce que vous voulez nous démontrer ?

« Monsieur Thiam vous a-t-il envoûtés ? »

Voilà Marine Le Pen qui est donnée gagnante dans tous les sondages comme future présidente de la République en France. Elle a été frappée d’inéligibilité. Elle est sortie du palais de  Justice sans les députés de son parti politique, le Rassemblement national (RN) ;  sans personne.  Elle est allée préparer sa défense. C’est ce qu’on appelle un digne élu de la nation. Respectueux des lois de son pays, respectueux des lois que lui-même  a votées ».

Propos retranscrits par

Ferdinand N’Guessan

 

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