Des éléments de la préfecture de police de Bondoukou ne sont pas contents de la gestion des personnels par leur supérieur hiérarchique, le préfet de police, Commissaire divisionnaire-major, Agbonon Bouadou. Ils ont joint récemment le site indépendant d’informations générales « Le Monde Actuel » pour égrener leurs griefs contre la hiérarchie.
« Le préfet de police nous vend du miel à cinq mille francs (5 000 Fcfa) la bouteille à son secrétariat. Obligation est faite à tous les agents de s’en procurer. La caisse de solidarité s’élève à cinq mille francs (5 000 Fcfa) par policier au lieu de mille francs (1 000 Fcfa) dans les autres préfectures de police. Il n’y a jamais de bilan. On ne nous a jamais fait le point de nos cotisations. Quand tu n’achètes pas du miel, quand tu ne payes pas régulièrement la cotisation pour la Caisse de solidarité (CASO), on te fait manœuvrer. Tu restes au bureau pour les petits travaux. Tu ne sors pas pour aller sur le terrain, dans les corridors et autres services. Un officier, Lieutenant Abo Olivier, est chargé d’appliquer ces décisions et de relever les noms de ceux qui ne s’exécutent pas. Quand on est désigné devant les banques, on a quelque chose pour notre déjeuner par jour. Mais, ici, nous ne percevons rien. A la fin du mois, les banques payent pour le service rendu, mais nous ne gagnons rien de tout cela. Vraiment nous souffrons », ont expliqué pratiquement en chœur nos différents interlocuteurs.
Joint par téléphone pour vérifier la véracité de ces allégations, le préfet de police a rejeté en bloc la vente de miel en son nom au secrétariat et expliqué le fonctionnement et la gestion des fonds. « Pour la vente de miel, ce n’est pas vrai. Il y a des caisses de solidarité dans tous les services de police. Les policiers se soutiennent avec ces fonds, au lieu d’aller s’endetter chez les usuriers. Le montant fixé dépend des effectifs de chaque service. Les sous-officiers payent cinq mille francs (5 000 Fcfa), les officiers sept mille francs ( 7 000 Fcfa) et les commissaires dix mille francs ( 10 000 Fcfa). Si un policier décède, on remet deux millions cinq cent mille francs (2 500 000 Fcfa) à sa famille. En ce qui concerne la servitude, il y a une clé de répartition ministérielle disponible partout. Cet argent ne vient pas dans ma poche. Je ne suis pas au courant du fait que des policiers doivent descendre du service devant une banque avec cinq mille FCFA. S’ils ne vont pas en mission et qu’on les maintient au bureau, ils doivent s’en réjouir, puisque cela peut leur permettre de bosser pour aller de l’avant et garantir même leur sécurité », a expliqué l’autorité policière.
Quant au Lieutenant Olivier Abo, joint également par téléphone, il a dit ceci : « A la police, c’est le renseignement que nous recherchons et non autre chose. On ne peut pas toujours envoyer tous les policiers en brousse. Ils ne vous disent pas leur comportement en mission. Certains d’entre eux sortent leurs armes pour une affaire de contrôle de pièces de motos. D’autres sont devenus des passeurs avec des voitures non immatriculées. Ils font entrer des étrangers sur le territoire pour de l’argent. La CASO sert à entraider en cas de problèmes. Elle prend les dépenses en charge. Ces agents ne veulent rien faire, c’est pour cela qu’ils se plaignent. On ne va pas sur les routes pour avoir de l’argent. Souvent ils se retrouvent au Ghana sans que nous ne soyons informés. Il y en a même qui s’égarent souvent et l’on appelle plus tard pour nous informer. Il y a des caisses de solidarité partout à la police», a-t-il soutenu.
Sam K.D
Légende photo : Un véhicule de patrouille de la police nationale ivoirienne dans une rue d’Abidjan (Archives).


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