Arts plastiques   –  La Rotonde des arts contemporains abrite l’exposition itinérante d’art contemporain africain AfriConnections

Organisée par Brussels Airlines, en collaboration avec la résidence Ifitry et Maha Editions, à l’initiative de la Fondation Maroc Premium, l’exposition itinérante d’art contemporain africain AfriConnections, qui réunit jusqu’à 15 plasticiens africains qui comptent dans leur domaine de prédilection, marque une pause à Abidjan. Précisément à l’agence La Rotonde des arts contemporains sis à Abidjan-Plateau. Et ce, du 20 au 31 mai 2026.

A l’occasion du vernissage de cette belle rencontre artistique, mercredi 20 mai dernier, le nombreux public qui a effectué le déplacement pour vivre l’événement a pu apprécier la qualité des œuvres sur les cimaises. Celles de Joana Choumali (Côte d’Ivoire), Saïdou Dicko (Burkina Faso), Aimé Mpane Enkobo (RDC), Amadou Camara Gueye (Sénégal), Ayana V. Jackson (Afrique du Sud), Mansour Ciss Kanakassy (Sénégal), Michèle Magema (RDC), Myriam Mihindou(Gabon), Sithabile Mlotshwa (Zimbabwe), Ingrid Mwangi Robert Hutter (Kenya), Bruce Niyonkuru (Rwanda), Barthélémy Tuguo (Cameroun), Freddy Tsimba (RDC) , William Adjété Wilson (Togo) et Dominique Zinkpè (Bénin) qui éblouissent tout le rez-de-chaussée de La Rotonde.

L’hôte du jour, Pr. Yacouba Konaté, qui avait à ses côtés Mustapha Romli, président de la Fondation Maroc Premium, et Michèle Desmottes, la commissaire de cette exposition, fera savoir que la pertinence du circuit panafricain stratégique de cette exposition; que c’est aussi une occasion de lutter contre « la mémoire fantôme » et qu’elle met en avant de grandes signatures de l’art contemporain.

Un circuit panafricain stratégique

Rappelant l’importance de cette exposition itinérante qui relie plusieurs capitales africaines, il précisera qu’après une première phase à Oujda (Maroc), l’exposition fait escale à Abidjan, avant de poursuivre son chemin vers Dakar, Yaoundé et Libreville. « L’objectif est de créer des « circuits » artistiques sur le continent pour que l’art africain soit d’abord vu par les Africains eux-mêmes », s’est-il réjoui.

Lutter contre la « Mémoire fantôme »

 Pr. Yacouba Konaté dénonce une situation paradoxale qu’il nomme la « mémoire fantôme ». A l’en croire, trop souvent, les grandes expositions d’art africain se tiennent uniquement en Europe (Paris, Londres, Bruxelles). « Les artistes africains eux-mêmes n’ont parfois jamais vu le catalogue de leurs propres expositions faute de diffusion locale », a-t-il déploré, tout en plaidant pour « construire l’Afrique comme une scène » afin de se réapproprier cette histoire de l’art.

Transmission et éducation

 ​L’événement met en avant des « grandes signatures » de l’art contemporain africain. Au niveau de l’implication des jeunes, cinq étudiants de l’INSAAC (Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle) ont été invités pour apprendre à reconnaître ces œuvres majeures. Côté culture générale, pour Pr. Yacouba Konaté, un artiste plasticien africain se doit de connaître ses contemporains, au même titre qu’un écrivain connaît ses classiques.    Il a terminé son propos en saluant les partenaires, notamment la Fondation Maroc Premium représentée par Mustapha Romli, et la commissaire de l’exposition Michèle Desmottes. L’exposition reste ouverte au public pendant deux semaines. Il faut retenir qu’AfriConnections fait voyager les œuvres et les regards entre l’Afrique et l’Europe. Ainsi, de Kinshasa à Abidjan, de Yaoundé à Dakar, puis Bruxelles, chaque ville devient-elle un hub culturel révélant la vitalité des échanges et la pluralité des perspectives.

Marcellin Boguy

Légende photo : Pr. Yacouba Konaté (à droite) a relevé la pertinence de la tenue de telles expositions en Afrique.

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