« Ce jour est un jour historique pour le Sud-Comoé. Désormais à Aboisso, les crimes les plus graves qui troublent la paix de nos familles, de nos villages et de notre région trouveront ici même une réponse prompte, solennelle et conforme à la loi. Nul ne sera au-dessus de cette loi et nul ne sera en dessous, ». Ces propos ont été tenus, le vendredi 3 juillet 2026, par le président du Tribunal de première instance d’Aboisso, Victorien Kokogny Seka. C’était à l’occasion de l’ouverture officielle du tribunal criminel de ladite juridiction en présence du corps préfectoral conduit par le préfet de région, préfet du département d’Aboisso, Ibrahima Cissé, des autorités judiciaires et sécuritaires, des auxiliaires de justice et de la chefferie traditionnelle.
Le président du Tribunal de première instance a saisi l’occasion pour exhorter l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire (magistrats, greffiers, avocats, commissaires de justice, notaires, administration pénitentiaire, forces de défense et de sécurité, autorités administratives, élus locaux, chefs traditionnels et société civile) à œuvrer à l’édification d’une justice crédible et respectée. Parlant des priorités du tribunal criminel qui a vu le jour, le magistrat a relevé trois exigences majeures. Il s’agit, a-t-il dit, de garantir l’indépendance et l’impartialité de la justice, de juger les affaires dans des délais raisonnables tout en respectant pleinement les droits de toutes les parties et de renforcer la proximité entre l’institution judiciaire et les populations prônée par le Gouvernement. « Ce nouveau tribunal criminel d’Aboisso sera à la hauteur de la mission qui est la sienne », a-t-il précisé, avant d’exprimer sa reconnaissance au Gouvernement, au Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Sansan Kambilé ainsi qu’à toutes les autorités du Sud-Comoé pour leur appui.
La procureure de la République près le Tribunal de première instance d’Aboisso, Rosine Sonté Monsouh, a, pour sa part, relevé l’évolution institutionnelle du Tribunal à travers l’érection des sections de Tribunal en Tribunaux de première instance. Ce qui confère, a-t-elle déclaré, au tribunal d’Aboisso la compétence de juger désormais les crimes. « Aujourd’hui marque la mise en œuvre concrète de nos pleins pouvoirs. Juger les crimes au plus près des populations constitue un puissant levier de prévention, de répression et de restauration de la confiance dans l’institution judiciaire. Les audiences criminelles permettront de rappeler avec fermeté que les actes les plus graves ne resteront pas impunis. Elles offriront également aux victimes la reconnaissance de leurs souffrances tout en contribuant à préserver les valeurs qui fondent la cohésion sociale, », a soutenu la cheffe du parquet.
Désormais compétent pour traiter les affaires criminelles, le Tribunal de première instance d’Aboisso, à travers le tribunal criminel, va permettre aux populations du Sud-Comoé d’assister aux audiences traitant des infractions les plus graves commises dans la région, mais qui autrefois étaient transférées et traitées par les juridictions d’Abidjan, notamment par le Tribunal de première instance du Plateau (Abidjan). Cette première session criminelle se tient du 3 au 17 juillet 2026. Au total, 54 dossiers sont inscrits au rôle, dont 10 ont été examinés dès la première journée d’audience.
Sam K.D
Correspondant régional
Légende photo : Le Tribunal d’Aboisso est désormais compétent pour juger les faits criminels commis dans sa zone de compétence (Ph : SKD)


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