Arts plastiques / Vernissage de l’exposition à Abidjan « Amor Fati » à la Galerie Houkami Guyzagn  –  Le céramiste Williams Brown célèbre la vie, l’amour et l’éternité dans l’argile

C’est dans une atmosphère empreinte de sérénité, de fraternité et de poésie que s’est tenu, dans la soirée du jeudi 30 juillet 2026, le vernissage de l’exposition « Amor fati » du céramiste Williams Brown à la Galerie Houkami Guyzagn sise à Cocody-Riviera II. Entre déclaration d’amour, méditation existentialiste et bilan d’une riche saison artistique, retour sur un moment fort de la scène culturelle abidjanaise. L’exposition reste ouverte au public jusqu’au 22 août 2026.

Un hymne à l’existence et à l’amour signé Williams Brown

Devant un parterre d’amateurs d’art, de collectionneurs, de galeristes, d’étudiants de l’Ecole nationale des Beaux-Arts d’Abidjan et de journalistes, l’artiste céramiste Williams Brown a livré une intervention émouvante, articulée autour de deux histoires qui résument la philosophie de son œuvre.
La première, intime, est un hommage vibrant à son épouse Véronique, avec qui il partage sa vie depuis plus de trois décennies. Évoquant avec tendresse leurs taquineries complices, il a rappelé l’authenticité de leur engagement mutuel :
« Tu es mon amour. Nous avons traversé tant d’années ensemble, élevé nos enfants et construit une vie commune… C’est notre destin ».

La seconde histoire, universelle et métaphysique, invite à une prise de hauteur face aux vanités du monde. Évoquant la fragilité de notre passage sur Terre à l’échelle du cosmos, l’artiste a livré des paroles fortes sur la condition humaine et le sens ultime de la création : « Imaginons un instant que la Terre quitte son orbite ou que le soleil cesse d’être ce qu’il est aujourd’hui. En un instant, tout disparaîtrait. Cela nous rappelle une évidence : nous sommes tous appelés à partir un jour. La mort est notre destination commune. Alors, la véritable leçon est simple : vivre pleinement la vie. Non pas dans les excès, mais avec authenticité, en appréciant chaque instant, en soutenant ceux qui nous entourent et en cultivant l’amour ».

Cette philosophie s’incarne directement dans les sculptures en céramique exposées. Aux traits expressifs et anonymes, parfois proches de la caricature, ces visages d’argile agissent comme des miroirs de nos propres existences, reflétant nos peines, nos joies et nos espérances.

Le vibrant hommage de la directrice Lordiane Dia et le bilan de la saison 2025-2026 de la galerie Houkami Guyzagn

En ouverture de cette rencontre, Lordiane Dia, directrice de la galerie Houkami Guyzagn, a invité les visiteurs à une pause contemplative : « C’est bon de s’arrêter un instant et de se laisser interroger par le silence, parce que ces visages semblent nous poser une question : et si nous aussi, nous attendions autre chose de cette vie ? ».

Mme Dia a rendu un hommage appuyé à Williams Brown, célébrant plus de 25 ans consacrés à l’enseignement et à la transmission de l’art céramique en Côte d’Ivoire, avant d’embrasser pleinement son œuvre personnelle. Elle a salué son humilité, sa rigueur et une relation de confiance fidèle et précieuse avec sa galerie.

Cette soirée marquait également le couronnement de la saison artistique 2025-2026 d’Houkami Guyzagn marquée par un bilan remarquable : 23 expositions organisées (dont 9 expositions collectives et individuelles) ; des événements hors les murs au sein d’institutions partenaires telles que la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI) et la Banque mondiale ; une ne communauté engagée de collectionneurs, journalistes et passionnés d’art.

Lordiane Dia a profité de l’occasion pour rappeler aux plasticiens que les candidatures pour le programme d’expositions de la saison 2026-2027 seront clôturées dans deux semaines.

Quand Mathilde Moreau salue l’authenticité sans concession de Williams Brown à travers un hommage poignant et empreint de fraternité

Lors du vernissage de l’exposition Amor Fati, Mathilde Moreau, figure incontournable de l’art contemporain et ancienne directrice de l’École nationale des Beaux-Arts d’Abidjan, a livré un témoignage vibrant sur le parcours et la personnalité de l’artiste céramiste WilliamsBrown.

Revenant sur leurs années partagées à Beijing (1992) – où l’artiste était encore étudiant et elle déjà enseignant, Mathilde Moreau a rappelé la ténacité nécessaire pour traverser les épreuves : «On comprenait pas tout, mais on est revenus de loin ».
Mais, au-delà du souvenir, c’est l’entièreté de l’homme et la sincérité de sa démarche créative qu’elle a tenu à célébrer devant le public. Peignant le portrait d’un créateur sans filtre ni masque, elle a livré des mots forts sur sa radicalité humaine et artistique : « Brown est extrêmement sensible, c’est vraiment un humain. Il est total, il n’y a pas de juste milieu : s’il ne veut pas, il ne veut pas, quel que soit ce que tu es. Moi j’aime les gens vrais, et ce qu’il fait, ce qui sort de lui, est aussi vrai et total ».

Saluant la maturité de cette nouvelle étape artistique qui dévoile « une autre dimension de son travail », Mathilde Moreau a invité l’assemblée à célébrer un artiste accompli qui continue d’imposer sa voix avec la même intensité brute.

Marcellin Boguy

Légende photo : Le céramiste Williams Brown (à gauche) discutant de ses pièces avec un invité du vernissage de sa nouvelle exposition.

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