Dans une vidéo qu’il a diffusée sur les réseaux sociaux depuis son lieu d’exil, l’ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro Kigbafori, s’en est pris aux autorités ivoiriennes notamment au président de la République, Alassane Ouattara, qu’il accuse d’avoir instrumentalisé la Justice pour « écarter méthodiquement toutes les voix crédibles de l’opposition » en vue de l’élection présidentielle d’octobre 2025.
A noter que Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam pourraient ne pas prendre part au scrutin présidentiel à venir parce qu’ils sont tous frappés de décisions de Justice qui les privent de leurs droits civiques et politiques. Bien que le porte-parole principal du RHDP, le parti au pouvoir, le ministre d’Etat Kobenan Kouassi Adjoumani, a récemment soutenu face à la presse que ni le RHDP, ni le président Alassane Ouattara, président dudit parti, ne sont ni de près ni de loin associés à la décision de Justice marquant la radiation du président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, de la liste électorale ainsi que des décisions de Justice frappant les autres acteurs politiques, Guillaume Soro n’apparaît pas convaincu.
Adjoumani défend son parti, Soro accuse
Il accuse et interpelle la CEDEAO, l’organisation sous-régionale ouest-africaine, en ces termes : « Je m’adresse à la communauté internationale et en particulier à la CEDEAO si prompte, vous l’avez constaté, à condamner les régimes militaires mais étrangement et curieusement silencieuse face aux coups d’Etat civils. Où est la CEDEAO quand un président viole la Constitution, manipule la Justice, exclut ses opposants et se prépare à briguer un quatrième mandat illégal, inconstitutionnel de fait ? Où est la CEDEAO, où est la vigilance, où sont les principes de la CEDEAO ? Où est-elle cette CEDEAO lorsque le régime ivoirien écarte méthodiquement toutes les voix crédibles de l’opposition dans une stratégie de verrouillage absolu du pouvoir ? Faut-il attendre une flambée de violences pour réagir ? ».
Le président du GPS, mouvement politique dissous par la Justice ivoirienne, d’ajouter : « Peut-on construire la paix sur l’injustice ? Peut-on bâtir la réconciliation sur l’exclusion ? Peut-on prétendre à la stabilité en muselant la majorité du peuple ? Non. Trois fois Non. Car comme le disait Martin Luther King : « l’injustice commise quelque part est une menace pour la justice partout ». Nous ne serons jamais les complices de l’injustice. Nous serons ses adversaires acharnés jusqu’à la victoire totale. Et je vous le dis, tant qu’il me restera une once d’énergie, je lutterai sans relâche contre l’injustice et l’arbitraire. Jamais, je n’accepterai que l’oppression devienne la norme dans notre pays ».
Didier Depry
Légende photo : L’ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, président du mouvement politique GPS (Archives).


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