Le procureur d’Abidjan, Koné Braman Oumar, désapprouve totalement ceux qui prétendent qu’il roule pour le pouvoir en place avec pour objectif de réduire l’opposition politique au silence. « Je ne suis pas un bras séculier du pouvoir, le procureur est là pour faire appliquer la loi. Mon parquet ne veut pas tomber dans l’arbitraire », a affirmé le chef du parquet d’Abidjan, le jeudi 13 février 2025, lors de sa conférence de presse tenue au palais de justice d’Abidjan-Plateau, pour s’exprimer au lendemain de la condamnation ferme de 5 à 10 ans de prison sans mandat de dépôt, de cadres de l’opposition par le tribunal d’Abidjan. Ce sont notamment Damana Pickass et Koua Justin, tous du PPA-CI, parti de l’ancien chef de l’État, Laurent Gbagbo.
Le chef du parquet d’Abidjan a qualifié les faits reprochés à Damana Pickass et Koua Justin qui ont comparu libre de « faits criminels particulièrement graves ». À savoir « atteinte à la défense nationale, association de malfaiteurs et complot contre l’autorité de l’État », cela dans l’affaire de l’attaque d’un camp militaire à Abobo, dans le nord d’Abidjan, en 2021. C’est le chef d’accusation qui frappe Damana Pickass quand Koua Justin, lui, est condamné pour « troubles à l’ordre public et attentat contre l’intégrité du territoire national ».
Koné Braman Oumar s’est dit convaincu d’une chose. La qualité d’homme politique ne confère pas une immunité. Comme pour dire que les hommes politiques de tout bord doivent se détromper. Et de mettre en garde tous ceux qui seraient dans la dynamique de déstabiliser le pays. Le procureur de la République est même allé plus loin en visant « tous ceux qui ont des velléités de déstabilisation de l’État et qui sont toujours dans le schéma du refus de reconnaître les résultats sortis des urnes en 2010 ». Faisant assurément allusion aux partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo. S’agissant des dossiers sur lesquels la Justice tarde à siéger ou garde le silence, Koné Braman a soutenu que ce silence n’est pas un abandon car il s’agit des faits criminels non prescrits.
Félix Teha-Dessrait
Légende photo : Le Procureur de la République, Koné Braman, met en garde « tous ceux qui sont toujours dans le schéma du refus de reconnaître les résultats sortis des urnes en 2010 ».


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