A 7 mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, l’opposition ivoirienne, notamment les deux principaux partis de l’opposition, le PDCI-RDA et le PPA-CI, vivent des fortunes diverses. L’un voit son président heureux, l’autre se mobilise fermement pour son leader en difficulté.
Candidat déclaré à l’élection présidentielle d’octobre 2025, en attendant que les militants du PDCI-RDA choisissent, de façon démocratique et transparente, lors de la prochaine convention, le candidat dudit parti au scrutin présidentiel, entre lui et Jean-Louis Billon, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), Tidjane Cheick Thiam, peut se réjouir de voir une épine, et non des moindres, ôtée de son pied.
A savoir qu’il est désormais exclusivement Ivoirien comme l’exige la Constitution ivoirienne pour tout citoyen ivoirien qui ambitionne d’être candidat à l’élection présidentielle. Tidjane Cheick Thiam et Jean-Louis Billon sont donc tous les deux exclusivement Ivoiriens. Ils ne sont plus Français. Les militants du PDCI-RDA peuvent donc librement choisir.
Une épine ôtée de son pied
C’est le Journal officiel français du jeudi 20 mars 2025 qui a annoncé officiellement la renonciation de Tidjane Cheick Thiam à sa nationalité française. « Art 2 sont libérés de leur Allégeance à l’égard de la France, les français dont les noms suivent : Thiam (Cheick, Tidjane), né le 29/07/1962 à Abidjan (Côte d’Ivoire) LIB, 2025 X 002699, dép. 99, Dt.009/8 », mentionne le Décret du mercredi 19 mars 2025 signé par le Premier ministre français, François Bayrou.
Si Tidjane Thiam est devenu exclusivement Ivoirien, il devra cependant faire face à l’action en Justice qu’a intentée contre lui, une militante, membre du Bureau politique du PDCI-RDA, dénommée Valérie Yapo. Mme Yapo a d’ailleurs été suspendue pour avoir saisi la Justice contre le président de son parti. Valérie Yapo avait saisi la Justice pour réclamer l’annulation de l’élection de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA parce qu’il avait la double nationalité franco-ivoirienne.
Le procès de« Watergirl » reportée au 24 avril 2025
Après la reconnaissance par TIdjane Thiam de sa double nationalité frano-ivoirienne, Valérie Yapo a saisi de nouveau la Justice pour réclamer sa réintégration dans les instances du PDCI-RDA. Le procès relatif à la contestation de la décision de suspension des instances du PDCI-RDA, impliquant l’ancienne déléguée PDCI-RDA d’Akoupé, Valérie Yapo surnommée « Watergirl », et Tidjane Thiam, débuté ce jeudi 20 mars au Tribunal de première instance d’Abidjan a été renvoyée au 24 avril 2025.
Concernant le PPA-CI, la formation politique de l’ancien chef d’Etat Laurent Gbagbo, les députés dudit parti ont claqué la porte de l’hémicycle lors de la séance plénière de l’assemblée nationale, le mercredi 19 mars 2025, à Abidjan-Plateau. Ils ont posé cet acte pour s’opposer à la non-inscription du nom de Laurent Gbagbo sur la liste électorale provisoire. Une situation qui traduit l’inéligibilité de celui-ci pour toutes les élections y compris l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.
Le cas Laurent Gbagbo à sept mois du scrutin présidentiel
« Le nom du président Laurent Gbagbo, en dépit de toutes les incongruités signalées depuis plus de cinq ans, n’apparaît pas sur la liste électorale pour, dit-on, un braquage de la BCEAO… Les raisons sont nombreuses, mais je ne vais pas les exposer ici. Pour toutes ces raisons, le groupe parlementaire PPA-CI a décidé de protester et de sortir de la salle de délibération de la plénière de l’Assemblée nationale. Nous avons décidé de le faire pour aujourd’hui, en attendant que la direction du parti PPA-CI nous donne d’autres alternatives et d’autres orientations », a soutenu face à la presse nationale et internationale, l’ancien ministre, le député Hubert Oulaye, président du groupe parlementaire PPA-CI.
A noter que Laurent Gbagbo est déclaré inéligible au regard des lois ivoiriennes suite à sa condamnation à 20 de prison par la Justice ivoirienne dans l’affaire dite du « braquage de la succursale d’Abidjan de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) » durant la crise postélectorale de 2010-2011. Relativement à cette situation, le président de la République, Alassane Ouattara, a gracié en 2022 son prédécesseur Laurent Gbagbo. Mais n’ayant pas bénéficié d’une amnistie, l’ancien président de la République se trouve privé de ses droits civiques et politiques. Il ne sera donc pas en lice pour le scrutin présidentiel de 2025, sauf revirement de situation.
Didier Depry
Légende photo : Tidjane Cheick Thiam, président du PDCI-RDA est depuis ce jeudi 20 mars 2025, un citoyen exclusivement Ivoirien.


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