L’Université de Bondoukou inaugure, ce jeudi 20 mars 2025, une chaire dédiée à la diplomatie coutumière africaine, une initiative visant à renforcer les mécanismes traditionnels de résolution des conflits et à promouvoir une culture de la paix en Afrique. Placée sous le parrainage du ministre de l’Enseignement supérieur, cette cérémonie réunira plus de 500 participants autour d’une vision novatrice pour le continent.
Alors que l’Afrique continue de faire face à des conflits meurtriers dont les résolutions absorbent d’énormes ressources sans toujours garantir une paix durable, l’Université de Bondoukou, en Côte d’Ivoire, propose une alternative inspirée des traditions ancestrales. Le jeudi 20 mars 2025, elle lancera officiellement la chaire « Diplomatie coutumière africaine », une initiative pionnière visant à valoriser les savoirs endogènes et à renforcer les mécanismes traditionnels de résolution des conflits. Placée sous le parrainage du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Adama Diawara, cette cérémonie réunira plus de 500 participants, dont des représentants de la présidence de la République, des institutions universitaires, des organisations internationales et des chefs traditionnels.
Un constat alarmant : des conflits coûteux et des solutions inefficaces
Le continent africain est régulièrement secoué par des conflits violents qui déstabilisent les communautés et entravent le développement. Malgré les efforts déployés par les Nations-Unies et d’autres acteurs internationaux, les résultats en termes de paix durable restent mitigés. En Côte d’Ivoire, par exemple, le retrait de l’opération des Nations-Unies en juin 2017 a coûté plus de 50 millions de dollars. Au Soudan, en mai 2023, l’ONU a exprimé un besoin urgent de 3 millions de dollars pour apporter une aide humanitaire aux populations affectées par la guerre. Pourtant, les conflits persistent, détruisant les structures sociales et communautaires.
Face à ce constat, de nombreux experts estiment que les modèles de résolution de conflits actuels, souvent basés sur des approches externes, ne sont pas adaptés aux réalités africaines. « Les solutions importées ne tiennent pas suffisamment compte des identités culturelles et des mécanismes traditionnels de résolution des conflits », explique un expert en paix et sécurité. C’est dans ce contexte que l’Université de Bondoukou propose une approche innovante : la diplomatie coutumière africaine.
La diplomatie coutumière : une solution ancrée dans les traditions
La diplomatie coutumière africaine puise ses racines dans les pratiques traditionnelles de médiation, de dialogue et de réconciliation. Elle s’appuie sur des mécanismes tels que les alliances interethniques, les parentés à plaisanterie et les rôles des chefs traditionnels dans la gestion des conflits. Ces pratiques, longtemps reléguées au second plan, sont aujourd’hui reconnues comme des outils puissants pour favoriser le dialogue interculturel et renforcer la cohésion sociale.
« La diplomatie coutumière est un ferment d’échanges d’idées, de valeurs et de traditions. Elle permet de développer une compréhension commune entre des groupes aux origines et visions différentes », souligne le Professeur Amoa Urbain, titulaire de la chaire et figure emblématique de la promotion des cultures africaines.
Une chaire pour former les acteurs de la paix
La chaire « Diplomatie coutumière africaine » vise à valoriser ces savoirs endogènes et à renforcer les capacités des acteurs locaux en matière de gouvernance, de médiation et de maintien de la paix. Un programme de Master sera proposé, ciblant notamment les membres du corps préfectoral, les chercheurs en sciences politiques et sociales, les diplomates, les chefs traditionnels, les médiateurs professionnels et les leaders communautaires. « Cette formation permettra d’octroyer de nouveaux outils de gouvernance et de médiation, tout en contribuant à une meilleure connaissance scientifique des valeurs ancestrales », explique le Professeur Amoa Urbain.
Une cérémonie de lancement pour mobiliser les acteurs
La cérémonie de lancement, prévue ce jeudi 20 mars 2025 à l’Université de Bondoukou, portera sur le thème : « Diplomatie coutumière africaine, culture de la paix et université nouvelle ». Elle réunira plus de 500 participants, dont des représentants de la présidence de la République, des ministères techniques, des universités, des organisations internationales (PNUD, UNFPA, UNESCO), des chefs traditionnels et des membres de la société civile. Lors de cet événement, le Professeur Amoa Urbain prononcera une conférence inaugurale sur le thème de la chaire. Cette conférence sera l’occasion de sensibiliser les parties prenantes à l’importance de cette initiative et de mobiliser les ressources nécessaires pour sa réussite.
Une vision alignée sur l’Agenda 2063 des Nations-Unies
Cette initiative s’inscrit dans la vision de l’Agenda 2063 des Nations-Unies, qui projette « une Afrique vivant dans la paix et dans la sécurité ». Elle répond également à la volonté du gouvernement ivoirien de faire de la Côte d’Ivoire un hub de formation ancré dans les valeurs culturelles endogènes. « En valorisant nos traditions et nos savoirs, nous pouvons construire une paix durable et renforcer notre identité culturelle », affirme le Professeur Adama Diawara, ministre de l’Enseignement supérieur et parrain de l’événement.
Un pas vers l’avenir
Le lancement de la chaire « Diplomatie coutumière africaine » marque un tournant dans la manière dont l’Afrique aborde la résolution des conflits. En combinant savoirs traditionnels et approches modernes, cette initiative offre une perspective novatrice pour construire une paix durable et renforcer la cohésion sociale. Alors que l’Université de Bondoukou ouvre la voie, tous les regards sont tournés vers cette initiative prometteuse, qui pourrait bien inspirer d’autres pays du continent.
Robert Krassault
Légende photo : Le professeur Amoi Urbain, titulaire de la chaire.


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