Après la dernière édition en 2023, le Prix du REJAIPCI revient en 2025 ! Avant le lancement de la 6ème édition de ce prix des meilleurs journalistes d’investigation, ce jeudi 10 juillet 2025, à 10h, à la Maison de la Presse d’Abidjan-Plateau, Jean Antoine Doudou, président du Réseau des journalistes pour l’accès à l’information d’intérêt public en Côte d’Ivoire (REJAIPCI), présente les enjeux et les reformes de ce prix qui récompense les journalistes qui excellent dans le traitement des questions d’accès à l’information, la promotion de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, la lutte contre la migration irrégulière et l’encouragement de l’avènement des « champions nationaux ».
Le Monde actuel : On pourrait se demander pourquoi le REJAIPCI ?
Jean-Antoine Doudou : En 2012, le président de la République, SEM. Alassane Ouattara et son gouvernement, dans leur volonté de promouvoir la bonne gouvernance et faciliter l’accès des citoyens à l’information et aux documents que détiennent les organismes publics, créent Commission d’accès à l’information d’intérêt public et aux documents publics (CAIDP). Cette institution, dès sa mise en place, porte son choix sur le monde des médias pour l’un de ses premiers ateliers d’appropriation de la Loi N° 2013-867 du 23 décembre 2013. Au cours des travaux, les journalistes se rendent à l’évidence que le législateur ivoirien leur facilite l’accès à l’information et aux documents que détiennent les organismes. Tel est le bref historique du REJAIPCI.
Et que dit la loi à ce propos ?
L’article 12 des textes de la CAIDP dispose que « les organismes publics saisis d’une demande d’accès à l’information ont l’obligation d’y répondre par écrit dans un délai maximum de trente (30) jours à compter de la réception de la demande. Ce délai peut être prolongé une seule fois, dans des circonstances exceptionnelles et dûment justifiées, pour une durée maximale de trente jours supplémentaires ». En d’autres termes, cet article impose aux administrations publiques, un délai précis pour traiter les demandes d’accès à l’information et informe sur la possibilité de prolongation de ce délai, tout en spécifiant les conditions de cette prolongation.
Mieux, il est également mentionné que pour les journalistes et les enseignants-chercheurs, l’organisme saisi dispose d’un délai de quinze (15) jours maximum pour répondre et mettre l’information ou le document à disposition. Voyant cela comme une avancée démocratique en matière d’information, nous avons trouvé idoine de nous mettre en réseau. C’est ainsi que vingt (20) journalistes, issus de la presse ivoirienne dans sa diversité éditoriale,, ont créé, le 28 décembre 2028, le REJAIPCI.
D’où est donc venue l’idée d’instituer un prix ?
Nous nous sommes rendu compte qu’avec cette avancée démocratique et l’outil de bonne gouvernance qu’est cette loi et la CAIDP, il fallait donner le maximum de visibilité aux actions de la CAIDP. En plus de cette visibilité, il nous fallait encourager les journalistes à faire la publication et la diffusion d’informations justes, crédibles et de sources fiables. Ce qui met la population à l’abri des fausses informations les « fake news ».
Surtout que nous sommes en année électorale, les journalistes ont également l’occasion de faire des publications qui militent en faveur de la cohésion sociale et de la paix. Et, de la première édition, en 2019, jusqu’à ce jour, le réflexe est systématique chez les journalistes ivoiriens : mettre le courrier de demande d’information et de document, auprès des organismes, en application à la CAIDP et mettre le REJAIPCI en ampliation pour assurer une veille.
Cette année, vous avez un nouveau partenaire qui accompagne le REJAIPCI, est-ce vrai ?
Cette année, nous enregistrons effectivement l’arrivée d’un partenaire en l’occurrence Lynays Entreprises, spécialisée dans le domaine de l’efficacité énergétique. Ainsi, pour remporter, par exemple, « le Prix Lynays de la meilleure production en efficacité énergétique », les journalistes seront amenés à faire des productions en rapport avec les bonnes pratiques que les gouvernants, les entreprises, les populations, doivent adopter dans la gestion de l’énergie.
Les questions de rentabilité durable des entreprises en matière d’efficacité énergétique, l’autosuffisance des nations en matière d’énergie et bien d’autres thématiques feront l’objet de productions fouillées. Il faut noter qu’en 2022 déjà, la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG) a rejoint le REJAIPCI en instituant un prix en cohérence avec ses missions dans la célébration de la bonne gouvernance, la lutte et la dénonciation de la corruption. Et ce prix de la HABG que porte le réseau, à sa dernière édition, portait le nom de son président sortant, M. N’Golo Coulibaly, une personnalité des Finances à qui la HABG voulait rendre un vibrant hommage.
C’est le lieu d’exprimer la gratitude et toute l’admiration du REJAIPCI au président Epiphane Zoro Ballo. En 2023, le président de la République venait à peine de le porter à la tête de cette institution, quand il n’a pas hésité à soutenir le REJAIPCI à organiser la cérémonie de remise du prix portant le nom du président sortant, le 6 décembre 2023.
Il en a été de même pour la CAIDP. Mes admirations vont à Mme Anne Marie Konan Payne, l’actuelle présidente de cette institution. Elle venait également d’être nommée, mais, elle a pris part à la remise du prix qui portait le nom de M. Kébé Yacouba, son prédécesseur. C’est également le lieu pour moi de d’exprimer notre reconnaissance au ministre de la Communication, M. Amadou Coulibaly, qui a rehaussé la cérémonie de remise de ces prix par sa distinguée présence. A noter que le prix REJAIPCI-HABG a été remporté par la journaliste Emeline Péhé Amangoua du quotidien gouvernemental « Fraternité Matin » et le prix REJAIPCI- CAIDP était revenu au journaliste Ly Aimé de Radio Côte d’Ivoire.
Pourquoi avez-vous opté pour Lynays Entreprises comme partenaire ?
Le monde évolue. Au dernier Salon international du contenu audiovisuel d’Abidjan (SICA), il y a eu une table-ronde sur le financement philanthropique des médias. Et le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, en a parlé. Pour nous, la collaboration entre les médias et le secteur privé doit être explorée. Surtout que Lynays Entreprises et son premier responsable, M. Emmanuel Yéo, ont reçu plusieurs prix d’excellence des mains du président de la République. Pour nous, il faut permettre aux journalistes de promouvoir l’exemplarité et les thématiques que traite cette structure. C’est aussi une manière de participer à l’émergence des « champions nationaux » qu’appelle de tous leurs vœux, le chef de l’Etat et le gouvernement.
C’est le lieu d’encourager les journalistes à participer à ce concours qui a montré toute sa crédibilité. Au fil des éditions, le prix est devenu un véritable incubateur pour la promotion de l’excellence. Cette édition ne fait pas de la saisine des organismes et de la CAIDP, une exigence. Pour nous, les journalistes ivoiriens sont désormais suffisamment outillés dans la pratique de la loi portant accès à l’information.
Depuis 2019 à ce jour, tous les journalistes lauréats du prix Super Ebony, qui distingue le meilleur journaliste ivoirien de l’année, les autres lauréats des prix sectoriels et même des prix internationaux, font leurs armes à travers le prix du REJAIPCI. Nous nous considérons aujourd’hui comme un véritable incubateur pour la promotion de l’excellence. Surtout que les productions sont évaluées pars un jury composé d’éminentes personnalités de notre corporation. Nous invitons les confrères à participer à ce concours en soumettant leurs productions : enquêtes, dossiers et reportages.
Interview réalisée par Marcellin Boguy
Légende photo : Le président du REJAIPCI, le journaliste Jean Antoine Doudou, encourage ses confrères à participer massivement au concours en vue de mettre sous les projecteurs les questions d’intérêt national pour l’amélioration du quotidien des populations.


Laissez une réponse