Nouvelles taxes « toxiques » de la junte militaire – Le président du PSDA propose 11 solutions pour sauver le Mali

« De nouvelles taxes accélèrent le désamour et la fébrilité d’un régime militaire agonisant ». Tel est l’intitulé de la tribune, ci-dessous, faite par le président du Parti social-démocrate (PSDA), Ismaël Sacko, contraint à l’exil, depuis quelques années,  du fait de la junte militaire au pouvoir au  Mali. Une junte dirigée par le désormais général Assimi Goita qui conduit une transition militaire. Cette transition a instauré de nouvelles taxes dans divers secteurs d’activités qui approfondie la paupérisation des populations maliennes. L’opposant en exil, Ismaël Sacko dénonce cette situation et fait des propositions.

La junte malienne sous le leadership controversé d’Assimi Goita a voulu tester sa popularité en imposant de nouvelles taxes à un peuple désabusé. Fort malheureusement, les choix opérés par les autorités actuelles se sont révélés moins stratégiques faute de vision.

Le saut dans l’inconnu et le manque d’anticipation  ont contribué à dissuader nos concitoyens qui se démarquent davantage d’une gestion catastrophique. Le désamour entre le chef putschiste Assimi Goita et notre peuple se creuse et perturbe la junte. La crise économique tant vers son summum et est en cours d’étrangler la junte.

Le peuple n’est pas dupe  

 La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est que le malien lambda, ouvriers, cultivateurs, débrouillards ou cadres de l’administration utilisent le système de transfert d’argent soit pour envoyer de l’argent ou pour en recevoir. En lieu et place de taxer d’autres produits prisés par les nantis de la société malienne, la junte a touché le point vital en taxant les plus précaires au nom de l’effort de guerre. Le hic est que cette imposition n’a pas fait l’objet d’échange ni de négociation avec les associations, dites de consommateurs.

Où sont-elles passées ? Est-ce à dire qu’il n’y a plus d’associations de consommateurs au Mali ? La politique du ventre aurait-elle fait taire tous les contres pouvoirs y compris la société civile organisée ? Qui donc pour défendre les usagers maliens contre les abus d’un régime tortionnaire et jusqu’au-boutiste ?

La résilience salutaire du peuple malien a montré ses limites au bout de 5 ans de gestion d’une junte incapable de satisfaire le minimum vital. Loin d’être dupe, la population est indignée et outrée par une taxe qui ne se justifie pas au regard des circonstances. Finalement, le peuple s’assumera pour se libérer du joug du néocolonialisme des Assimites.

Incohérence et inopportunité

 L’absence de cohérence dans les actes de la junte pourrait être à l’origine du rejet des nouvelles taxes par la population. Comment expliquer à une population qu’au moment où elle se serre la ceinture et est contrainte de payer de nouveaux impôts, le budget de la présidence de la République passe de 12 milliards Fcfa en 2020 à 17 milliards 700 millions Fcfa en 2025 ?

17 milliards 700 millions Fcfa alors que le despote Assimi Goita ne voyage pas à l’étranger. 17 milliards 700 millions Fcfa alors qu’Assimi Goita n’a jamais visité ne serait-ce que 3 régions du centre du Mali en 5 ans. 17milliards 700 millions Fcfa alors qu’Assimi Goita ne s’est jamais rendu à Kidal. Pourquoi imposer aux populations victimes, de payer de nouvelles taxes pendant que l’Etat central paie les mercenaires Wagner à 7 milliards Fcfa ? 7 milliards Fcfa  payés à la milice Wagner pour tuer nos populations. Ce montant pourrait combler le manque à gagner et éviter de surtaxer les usagers.

Un régime terroriste

 Les enlèvements et les tortures d’opposants politiques ou de leaders d’opinion qui réfutent le principe de la pensée unique, les tueries massives et le bâillonnement de bon nombre de maliens sonnent comme un glas. Une pratique d’un autre âge qui rappelle le comportement d’une mafia et d’un Etat voyou voire terroriste a poussé la très grande majorité à prendre ses distances pour ne pas être complice de crimes contre l’humanité.

Le peuple est floué  

 Cette décision politique est inopportune car le peuple ne doit pas continuer de saigner pendant que les hautes autorités s’enrichissent et que le train de vie de l’Etat augmente d’année en année. Cette mesure est incohérente car malgré la résilience du peuple malien, il n’y a eu aucune amélioration dans son quotidien ni dans le panier de la ménagère.  Le peuple est floué parce que l’incapacité des Assimites à fournir l’électricité aux maliens a fait fermer plusieurs entreprises et a occasionné le chômage de millions de nos concitoyens. Pire, les dépenses liées à la scolarité des enfants, Celles liées à la location du logement et les dépenses relatives au transport et au carburant n’ont jamais été aussi élevées au Mali.  Les Assimites n’ont pris aucune mesure d’accompagnement pour soulager la souffrance et les charges du contribuable malien. Mais il est encore demandé aux citoyens des efforts supplémentaires afin de soutenir les dépenses de l’Etat en renflouant les caisses au bénéfice de la classe dirigeante.

L’or et le coton du Mali ne brillent pas pour les Maliens  

 Assimi Goita a modifié le code minier, selon lui, dans l’intérêt du malien. Mais depuis 5 ans, le trafic illicite de l’or n’a profité qu’aux proches et alliés du chef putschiste malien.  Le régime militaire et tortionnaire a mis en place un vrai système Camaria-militaro- oligarchique pour pomper les richesses nationales au détriment des 95% des maliens.  L’or malien sous les Assimites a été incapable de supporter la bourse des étudiants en médecine. Pourquoi les dividendes de  l’or malien sous le despote Assimi Goita ne sont pas investies dans l’achat des équipements et matériaux médicaux afin de relever le plateau technique des grands hôpitaux, CHU et des centres de santé communaux ?

Pourquoi l’or malien sous les Assimites n’arrive pas à satisfaire les revendications catégorielles des enseignants-chercheurs ? Pourquoi en 2025, les grands axes routiers sont impraticables et que le Mali demeure très enclavé ? Pourquoi des femmes sont tuées et des chefs de famille mis en prison au profit des entreprises chinoises qui exploitent l’or malien? Où est la part de l’or et du coton dans le désenclavement du Mali ? Il est regrettable de constater que le coton malien ne nourrit plus le paysan. Et il est décevant de constater que la pollution de notre nappe phréatique par les polluants chimiques de l’exploitation de l’or, tuent à petit feu nos populations avec la  complicité tacite des autorités en place.  Aucune mesure de protection ni d’accompagnement n’est prise contre ce fléau cancérigène.

La souveraineté mise à mal  

 La fibre nationaliste et patriotique a cessé de s’allumer suite à la rhétorique d’un régime militaire tortionnaire qui a mis à mal la souveraineté nationale. La souveraineté n’est pas un vain mot mais une idéologie, un mode de pensée et de gouvernance qui rime avec éthique et déontologie. La souveraineté est avant tout le respect de la volonté populaire. Le principe de souveraineté n’est pas opposé au respect des engagements internationaux, au contraire.  Il se trouve que la junte malienne confond souveraineté et arnaque sur fond de corruption et de propagande pour duper et embastiller nos concitoyens.  Manque de bol, le peuple s’est réveillé et a tout compris.

Si le choix de couper le cordon ombilical avec la communauté internationale était réfléchi et stratégique, pourquoi les autorités de la transition se plaignent de la rupture de l’aide budgétaire ? La junte a du mal à s’assumer et à faire face aux dépenses de l’ Etat et à assurer le bien-être des maliens. L’aventure ambiguë des Assimites semble avoir atteint son paroxysme.

L’isolement du Mali

 Sous les Assimites, l’isolement du Mali a été voulu et orchestré par la hiérarchie. Le refus de s’engager dans le processus du retour à l’ordre constitutionnel normal oblige des partenaires sérieux à fermer le robinet. Insulter et humilier ceux qui contribuent à renflouer la cagnote via l’appui budgétaire et venir se plaindre à la télévision nationale est un signe d’immaturité. C’est un aveu d’impuissance.  Le Premier ministre Abdoulaye Maiga et son ministre de l’économie ont fait une sortie ratée. Leur message est resté inaudible car le moment et les circonstances ne s’y prêtent pas. L’exemplarité est une denrée rare et un maillon essentiel dans la gouvernance des tenants actuels du pouvoir.

Propositions

  1. Casser le contrat de la milice Wagner et réaffecter les fonds au Trésor public
  2. Auditer l’ensemble des structures et para-structures de l’Etat à revenus élevés
  3. Rationaliser les dépenses publiques et intégrer le principe de redevabilité vis-à-vis des populations
  4. Réévaluer et diminuer drastiquement le budget de la présidence de la République
  5. Ramener le budget du CNT à 10 au lieu 16
  6. Réduire la taille du gouvernement et les dépenses de prestiges y afférentes compte tenu de l’austérité économique du moment
  7. Réduire le nombre des institutions de la République
  8. Rentabiliser les taxes des entreprises minières
  9. Moraliser et dématérialiser le processus de passation de marchés publics
  10. Réduire les structures de lutte contre la corruption et engager cette lutte de façon implacable sans bruit contre cette hydre et sans parti pris  (mines, énergie, CMDT, INPS, douane et trésor..)
  11. Réconcilier le Mali avec ses voisins d’une part et d’autre part, reprendre la coopération multilatérale avec la communauté internationale dans le respect des intérêts nationaux tout en respectant nos engagements régionaux et internationaux.

Conclusion

Qu’en est-il de la subvention des batteries lithium faute d’honorer la promesse de la centrale solaire ? En réalité, un État sérieux se doit de proposer des taxes et impôts afin de mettre en œuvre sa politique de développement économique et sociale. Sauf que le moment est très mal choisi et que le train de vie des autorités et des institutions est en inadéquation avec les priorités nationales. Les efforts ne doivent pas être consentis que par la population.

En copiant les pratiques désobligeantes du dictateur IB du Burkina Faso, Assimi Goita expose son manque de vision et de leadership.  Assimi Goita a désacralisé la parole publique et il a déshonoré la nation malienne. L’échec du régime militaire n’est plus a démontré. La démission d’Assimi Goita est un impératif pour sauver le Mali et entamer le vrai processus de refondation et de reconstruction du Mali.

Ismaël Sacko

Président du PSDA 

Chevalier de l’Ordre National

 Légende photo : Ismaël Sacko, président du PSDA, opposant malien, contraint à l’exil. 

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