MASA 2026 – Les innovations qui ont marqué cette édition mémorable

La 14ème édition du Marché des arts du spectacle africain (MASA) d’Abidjan a tiré sa révérence, le samedi 18 avril 2026. Entre spectacles vibrants et rencontres intenses, l’événement a attiré des foules impressionnantes toute la semaine, grâce à une programmation riche en diversité artistique et culturelle. Les innovations impulsées par la direction générale du MASA, sous l’égide du ministère de la Culture et de la Francophonie, ont joué un rôle clé dans cet engouement populaire : MASA Fitini, Village de l’innovation, Village Zouglou et MASA Comedy Club.

MASA Fitini : un paradis pour les enfants

 Dès l’ouverture, les plus jeunes (de 0 à 16 ans) ont eu leur espace dédié : le MASA Fitini. Décoré par Naima Dolls, ce site ludique proposait des ateliers courts (30 minutes) animés par des pros : poterie, bijoux, danses traditionnelles, percussions, maquillage. Les enfants s’inscrivaient pour un « passeport » d’accès, recevaient gadgets et récompenses. Accompagnés ou non, ils ont envahi les lieux, mêlant récréation et éducation dans une ambiance festive.

MASA Comedy Club : l’humour africain à l’honneur

Du 14 au 16 avril, la salle Niangoran Porquet du Palais de la Culture de Treichville a affiché complet pour le Masa Comedy Club. Présentés par le Maréchal Zongo, des talents comme Fouad Salim (Comores), NèNè Diabaté (Guinée-Conakry), Arrache Clou et Freddy Markwin (Cameroun) ont enflammé la scène. En présence de stars ivoiriennes de l’humour (Digbeu Cravate, Prissy La Degameuse, L’Ambassadeur Agalawal), ils ont puisé dans le quotidien pour des sketches hilarants et variés. Cette nouveauté a enrichi les disciplines du Masa et révélé une nouvelle facette des arts du spectacle.

Village de l’innovation : fusion arts et tech

Inauguré le 13 avril par la Première Dame Dominique Ouattara, ce village, porté par le groupe Orun, a fait d’Abidjan le hub de la création numérique africaine. Habyba Thiero, fondatrice d’Orun, a pointé le manque à gagner : l’Afrique ne capte que 3% des 2 000 milliards de dollars du marché mondial des industries créatives, faute d’infrastructures. Ici, traditions ancestrales rencontrent IA, réalité étendue et vidéomapping. Points forts : collaboration avec la troupe taïwanaise Very Theatre (dirigée par Chou Tung-yen) et l’œuvre immersive Free UR Head. Sans oublier un défilé mode intégrant stylistes africains, performances et designers continentaux, sous le thème de l’intégration économique et sociale.

Village Zouglou : la fête jusqu’au bout de la nuit

Sous l’impulsion de Miss Kouamé Maillot Jaune, ce spot au bord de la lagune Ébrié (arrière-scène de la Zone Street Arts) a vibré au rythme du zouglou, musique urbaine ivoirienne. Soum Bill, Sami Succès, Lago Paulin, Mako le King, Espoir 2000, Les Patrons, Yabongo Lova, Bilé Didier, VDA, Révolution, Les As du Zouglou…, tous ont défilé dans un maquis convivial. Espace de « 3ème mi-temps », il attirait jusqu’à 6 000 festivaliers par soir pour danser, manger et partager jusqu’au matin. Le concours Battle Wôyô (percussions et voix) a ajouté du piment à ces instants. « C’est incroyable, une première dans ma carrière », s’est réjouie l’organisatrice.

Le DG Abou Kamaté n’a pas manqué de salue cette innovation : « Le zouglou mérite cette place ; il apporte tant à la Côte d’Ivoire. » Placée sous le thème « Arts du spectacle africain, outil d’intégration économique et sociale », cette édition honorait le Maroc (pays invité) et le Brésil (pays à l’honneur).

Marcellin Boguy

 Légende photo : Maréchal Zongo, ici avec l’humoriste camerounais Valéry Ndongo au Masa Comedy Club.

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