Côte d’Ivoire  –  Les 48h d’« enfer » d’Assalé Tiémoko

Il y a des séquences qui s’enchaînent si vite qu’elles finissent par brouiller la compréhension des faits. Entre le 22 et le 23 avril 2026, le maire de Tiassalé, le journalisteAntoine Assalé Tiémoko, a vécu ce qui s’apparente à un véritable « 24 h chrono » d’«enfer» judiciaire et sanitaire. Retour sur une chronologie dense, marquée par une audition fleuve, des alertes médicales et des rebondissements procéduraux.

Tout part d’un entretien accordé le 23 mars 2026 en France au journaliste Guillaume Vergès. Selon des sources proches du dossier, cet échange constituerait la base principale des poursuites engagées contre le maire de Tiassalé, ex-député de ladite localité. Un mois plus tard, le 22 avril, Assalé Tiémoko est convoqué à la Préfecture de police d’Abidjan pour être entendu.

L’audition débute à 10 h et s’étire jusqu’à 23h55. Près de quatorze heures d’interrogatoire, en présence de ses avocats, Maîtres Oumou Sanogo et Christian Adagba. Au fil des heures, la situation se tend. Vers 14 h, puis à nouveau aux environs de 18 h, Assalé Tiémoko est victime de malaise d’origine cardiovasculaire. Un professeur de cardiologie, dépêché sur place, juge son état préoccupant et recommande un transfert en urgence vers un centre spécialisé. Malgré cet avis, l’audition se poursuit, soutiennent des sources proches du dossier.

Victime de malaise d’origine cardiovasculaire

A l’issue de cette première phase, les chefs d’accusation sont notifiés. « Trouble à l’ordre public, incitation à la révolte, discrédit sur les institutions de la République et diffusion de fausses nouvelles ». Des charges lourdes qui inscrivent l’affaire dans un registre à la fois politique et judiciaire.

Peu après 1h30 du matin, le procès-verbal est signé. Fait notable, aucune garde à vue n’est alors signifiée. Le maire de Tiassalé est libre de ses mouvements. A 1h45, il choisit de se rendre à l’Institut de cardiologie d’Abidjan-Treichville, sous escorte policière, avec l’assurance qu’il pourra regagner son domicile une fois stabilisé.

Aucune garde à vue n’est signifiée

 Mais le lendemain, 23 avril, nouveau tournant. Alors qu’il est hospitalisé, le procureur informe son avocate qu’une garde à vue a été décidée. Il est prévu qu’il soit reconduit à la Préfecture avant un éventuel déferrement au parquet, le 24 avril. Un dispositif policier discret est déployé à proximité de sa chambre.

En fin d’après-midi, retournement de situation. Le procureur adjoint, accompagné du commissaire en charge de l’enquête, se rend au chevet du patient. A 17h02, la garde à vue est officiellement levée, en présence du personnel médical. Une décision qui suspend, sans l’éteindre, la pression judiciaire.

Une affaire loin d’être close

 Car l’affaire est loin d’être close. Les quatre chefs d’accusation demeurent et la suite de la procédure dépend désormais du parquet. Dans l’entourage d’Assalé Tiémoko, on insiste sur une ligne constante. Ne rien avancer qui ne soit vérifié et prouvable.

Au-delà des faits, une interrogation demeure. Comment une audition administrative a-t-elle pu se transformer en épisode mêlant urgence médicale et incertitudes judiciaires ? A Tiassalé où une rentrée politique est annoncée, le 2 mai 2026, beaucoup attendent des réponses. Et peut-être, une nouvelle lecture de ces 48h d’« enfer » pour leur maire qui continuent de susciter débats et interrogations.

Robert Krassault

ciurbaine@yahoo.fr

Légende photo : Le journaliste Assalé Tiémoko, maire de la commune de Tiassalé et ex-député de la localité.

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