« BRVM Investment Days 2026 » à New York  –  L’Ambassadeur Inza Camara et plus de 120 participants prennent part au rendez-vous

L’Ambassadeur Inza Camara, Consul général de Côte d’Ivoire et Délégué général du Service de promotion économique de la Côte d’Ivoire aux Etats Unis, au Canada et au Mexique, a participé à un forum intitulé « BRVM INVESTMENT DAYS 2026 À NEW YORK », le mardi 21 avril 2026, au siège du Nasdaq à New York, avec plus de 120 participants.

La « BRVM INVESTMENT DAYS 2026 » à New York a porté sur une lecture cohérente et ambitieuse de l’évolution économique et financière de l’Afrique de l’Ouest, en particulier, dans l’espace UEMOA et autour de la BRVM. Le fil conducteur a été clair : La région entre dans un nouveau cycle d’investissement, encore largement sous-exploité par les capitaux internationaux, mais caractérisé par des fondamentaux de plus en plus solides. Longtemps perçue comme résiliente face aux chocs externes, l’Afrique est désormais présentée comme un acteur économique en transition vers une plus grande autonomie, capable de mobiliser son propre capital, de développer ses infrastructures et de structurer ses marchés financiers.

Du point de vue des investisseurs, plusieurs atouts structurants émergent. Le premier est la stabilité macroéconomique relative de la zone UEMOA, soutenue par une monnaie – le franc CFA – arrimée à l’euro, ainsi que par une banque centrale unique, la BCEAO. Ce cadre réduit significativement le risque de change et offre une visibilité appréciée par les investisseurs étrangers, notamment en matière de rapatriement des capitaux. À cela s’ajoutent une inflation modérée et une gestion relativement coordonnée des émissions souveraines, ce qui renforce la crédibilité de la région sur les marchés internationaux.

Sur le plan des performances, les marchés financiers régionaux présentent des caractéristiques attractives. Les rendements obligataires, souvent compris entre 6 % et 9 %, se situent à des niveaux compétitifs par rapport aux marchés développés, tandis que les marchés d’actions ont montré, à long terme, des performances solides. Surtout, un élément clé mis en avant est la faible corrélation entre ces marchés et les grandes places financières mondiales. Cette dépendance réciproque confère à l’Afrique de l’Ouest un rôle stratégique dans la diversification des portefeuilles, notamment dans un contexte de volatilité accrue des marchés mondiaux.

Les opportunités d’investissement sont nombreuses et bien identifiées. Elles se concentrent principalement sur les infrastructures, l’énergie, les ressources naturelles, les télécommunications, l’agriculture et la santé. Ces secteurs sont au cœur des plans nationaux de développement, qui constituent, selon les intervenants, une feuille de route claire pour les investisseurs souhaitant s’implanter dans la région. Les besoins en infrastructures sont particulièrement massifs, estimés entre 130 et 200 milliards de dollars par an, dont moins de la moitié est actuellement financée. Ce déficit représente à la fois un défi majeur et une opportunité considérable pour les investisseurs à long terme.

Toutefois, plusieurs contraintes structurelles freinent encore l’essor des investissements. Le développement des marchés financiers reste limité par un manque de profondeur, une liquidité insuffisante et un nombre restreint d’entreprises cotées, concentrées principalement dans les secteurs bancaire et des télécommunications. Les investisseurs institutionnels locaux adoptent souvent des stratégies de conservation (“buy and hold”), ce qui limite la rotation des titres et la formation des prix sur le marché secondaire. Par ailleurs, la fragmentation entre espaces anglophones et francophones, les barrières linguistiques et le déficit de visibilité internationale contribuent à une perception du risque parfois exagérée.

Pour répondre à ces défis, plusieurs pistes sont avancées. Le renforcement de la transparence et de la communication financière apparaît essentiel pour attirer davantage de capitaux étrangers. Le développement de nouveaux instruments financiers – tels que les ETF, les obligations vertes ou les produits dérivés – permettrait également d’élargir la base d’investisseurs. De même, l’encouragement des introductions en bourse, notamment dans les secteurs minier, énergétique et infrastructurel, ainsi que la mise en place de mécanismes de double cotation entre marchés africains, contribueraient à accroître la profondeur et l’attractivité des marchés.

Le rôle des institutions financières internationales et des banques de développement est également central. Des acteurs comme la DFC américaine, la Banque mondiale ou la BOAD interviennent non seulement en tant que financiers, mais aussi en tant que catalyseurs, en réduisant le risque perçu et en mobilisant des capitaux privés. Leur capacité à investir à long terme constitue un atout majeur dans des économies où les cycles peuvent être plus volatils et les projets plus complexes à structurer.

En conclusion, l’Afrique de l’Ouest dispose aujourd’hui de bases solides pour devenir une destination d’investissement stratégique. Le potentiel est indéniable, mais sa réalisation dépendra de la capacité des acteurs locaux et internationaux à structurer des projets viables, à renforcer les institutions de marché et à améliorer l’accès à l’information. L’enjeu n’est plus tant de démontrer l’attractivité de la région que de la rendre pleinement « investissable » à grande échelle. Dans cette perspective, les investisseurs qui sauront se positionner en amont pourraient bénéficier d’un avantage significatif à mesure que le marché gagne en maturité et en reconnaissance internationale.

Légende photo : L’Ambassadeur Inza Camara, Consul général de Côte d’Ivoire et Délégué général du Service de promotion économique de la Côte d’Ivoire aux Etats Unis, au Canada et au Mexique, posant avec le directeur général de la BRVM, Dr  Edoh Kossi Amenounvé, à New York.

 

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