Quand le maître Marcel Essoh salue la maturité de son disciple Martial Moulo

À l’approche de l’exposition privée de Martial Moulo à la galerie Houkami Guyzagn, son mentor, le plasticien Marcel N’Guessan Essoh, pose un regard empreint de fierté et de spiritualité sur le parcours de celui qu’il a formé dès 1997. Entre transmission d’un héritage prestigieux et consécration d’un talent mûri, le maître se confie.

​Derrière chaque grand artiste se cache souvent l’ombre bienveillante d’un maître. Pour Martial Moulo, cette figure académique et spirituelle s’appelle Marcel N’Guessan Essoh. Dans un entretien exclusif, ce digne héritier de grands noms de l’art ivoirien comme Gérard Santony, Monné Bou ou Mathieu Gensin, s’est remémoré les premiers pas de son élève marqués dès le départ par une soif d’apprendre intarissable.

​Dès 1997, c’est à l’école de la rigueur et de la technique que les deux hommes s’apprivoisent, notamment à travers le maniement de la peinture acrylique. Un apprentissage d’abord freiné par les réalités matérielles, jusqu’à ce qu’un coup de pouce du destin ne vienne libérer le potentiel du jeune peintre. « Quand Martial a eu le premier prix du concours d’arts plastiques lancé par le groupe Sifca, et ayant eu les moyens, nous sommes entrés véritablement et aisément dans le travail », se souvient le maître.

 La quête de la lumière et de la sensibilité

​Pour Marcel Essoh, la formation en atelier dépasse de loin la simple maîtrise du pinceau. Elle relève d’une initiation quasi mystique où l’art doit se faire l’écho de l’âme et de la société. « Un peintre doit cultiver ses facultés sensorielles, esthétiques et spirituelles pour bien peindre », rappelle-t-il avec force.

Au fil des années, la transmission s’est articulée autour de cette quête d’absolu et de clairvoyance. « L’artiste doit être sensible à ce qui est latent dans la société et dans le peuple », soutient le plasticien, soulignant que le créateur doit impérativement « avoir la lumière en soi et la lumière spirituelle ».

Le grand saut chez Houkami Guyzagn

Aujourd’hui, le temps de l’apprentissage a laissé place à celui de l’affirmation. En s’apprêtant à dévoiler ses œuvres lors d’une exposition privée sur les cimaises de la galerie Houkami Guyzagn, Martial Moulo franchit un cap décisif. Une étape logique, presque une délivrance pour son mentor, qui n’a jamais cessé de le pousser vers l’avant.

​« J’ai toujours encouragé Martial à montrer son travail d’artiste qui a mûri et je suis heureux que la galerie Houkami Guyzagn décide de montrer son travail », confesse Marcel Essoh.

​En saluant cette maturité artistique désormais acquise, le maître formule des vœux de plein succès pour cet événement majeur, espérant une « bonne réception au niveau de tous les amoureux du beau, de la culture et de la peinture ».

Le rendez-vous est pris.

Marcellin Boguy 

 

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