Election présidentielle de 2025 – Alassane Ouattara sera candidat : voici les raisons

Après avoir longtemps hésité, nous a-t-on dit, à briguer un nouveau mandat, le président Alassane Ouattara a décidé de se présenter au scrutin présidentiel de 2025. Il annoncera bientôt officiellement la nouvelle aux militants de son parti, le RHDP, et à tous les Ivoiriens. Plusieurs raisons justifient, avons-nous appris, cette décision du chef de l’État qui sera âgé de 83 ans, l’année prochaine.

Sauf changement de décision, peu probable de sa part, à l’état actuel de nos informations, le président de la République, Alassane Ouattara, sera candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Il briguera donc un nouveau mandat. Un 4e mandat, selon ses opposants, ou le 2e mandat de la troisième République, selon la nouvelle Constitution promulguée en 2016. « D’ailleurs, ce sera le dernier mandat du président Ouattara s’il est réélu et nous sommes confiants qu’il le sera puisqu’il a un bilan positif. Il profitera de ce dernier mandat présidentiel pour mieux préparer  celui qu’il choisira pour lui succéder », nous a confié, une source crédible proche du RHDP qui a requis l’anonymat.

Selon la Constitution de la troisième République de Côte d’Ivoire qui a été votée à 93,42 % des suffrages exprimés au référendum et promulguée la même année, le président Alassane Ouattara, élu en 2020, peut se présenter pour un second et dernier mandat en 2025. L’opposition ivoirienne, pour sa part, ne voit pas les choses de la même façon. Elle évoque un coup d’Etat constitutionnel et estime que M. Ouattara va briguer un 4e mandat à la tête du pays et devrait donc y renoncer, au nom de l’alternance, dit-elle. A la vérité, au plan légal, il s’agit pour le président Alassane Ouattara, d’un second mandat. D’où la possibilité pour lui de se présenter.

Les raisons d’une candidature

 Deuxième raison de sa candidature, l’appel incessant des cadres et militants de son parti, le RHDP, pour qu’il se présente au scrutin présidentiel à venir. Pour l’inciter à dire  « oui », ils organisent, depuis quelques mois, dans les différentes régions du pays, des cérémonies grandioses de reconnaissance et d’hommage à Alassane Ouattara. « Il n’y a pas de plan B. Notre plan A, B, C et D pour 2025 est le président Alassane Ouattara», soutient un cadre du parti au pouvoir. Avant de préciser que la question de la succession du président Ouattara relève de son unique discrétion. « Mais pour le moment, ce n’est pas notre préoccupation. Ce qui nous préoccupe, c’est la candidature et la victoire du président Ouattara en 2025 »Et d’ajouter qu’au sein du RHDP, après le décès d’Amadou Gon Coulibaly et d’Hamed Bakayoko, « le président Ouattara dispose d’autres cadres de qualité pour lui succéder ».

Selon nos sources, le vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné ; le président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo ; le ministre d’Etat, Téné Birahima Ouattara et l’ancien Premier ministre Patrick Achi seraient les personnalités ayant les faveurs des militants du RHDP pour la succession à   Alassane Ouattara en 2030. Si on y ajoute les défunts Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, on obtient la demi-douzaine de successeurs dont parlait Alassane Ouattara pour sa succession, il y a quelques années.

La troisième raison de la candidature d’Alassane Ouattara est qu’il voudrait achever son œuvre de modernisation accrue et de repositionnement international de la Cote d’Ivoire. L’organisation parfaite de la CAN 2023 qui a été remportée, au demeurant, par l’équipe nationale ivoirienne de football, et l’image positive qu’elle a donnée du pays à travers tous les continents serait aussi pour beaucoup dans sa décision de rempiler. Le bilan d’Alassane Ouattara, à la tête de la Côte d’Ivoire, est globalement positif.  Il a redoré l’image du pays à l’international et permis à la Côte d’Ivoire d’être fréquentable et respectée.

Un bilan globalement positif avec l’échec de la réconciliation nationale

 Au plan des infrastructures, si feu Felix Houphouët-Boigny a bâti la Côte d’Ivoire moderne, Alassane Ouattara a forgé, en quelques années, un pays contemporain résolument engagé sur la voie de l’émergence. La Tour F, en construction à Abidjan-Plateau, qui va culminer à une hauteur d’environ 400 m avec 72 étages, sera l’une des plus grandes tours d’Afrique. Cet édifice constitue la grande preuve que « Côte d’Ivoire is really back ». Au plan socioéconomique, le président Ouattara a fait des efforts non négligeables pour le bien-être des populations ivoiriennes et la lutte contre la cherté de la vie dont le bilan est en demi-teinte. Le seul échec de son bilan est la réconciliation nationale.

Même si Alassane Ouattara s’est réconcilié avec ses deux «frères ennemis », ses prédécesseurs feu Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, il n’aura pas réussi à apaiser les nombreuses victimes de la crise postélectorale de 2010-2011. Ni la CDVR ni la CONARIV qu’il a créées n’ont obtenu les résultats escomptés en faveur de toutes les victimes et des populations. Le chantier de la réconciliation nationale et de l’indemnisation des victimes demeure donc inachevé.

La dernière raison de cette candidature d’Alassane Ouattara est à voir au niveau des enjeux sous régionaux et régionaux. Au moment où la CEDEAO a maille à partir avec les pays de l’AES qu’elle voudrait voir regagner le giron sous régional, la Côte d’Ivoire,  l’un des grands pays de la Commission et initiatrice, par ailleurs, du Conseil de l’Entente, se doit de jouer un rôle essentiel pour le retour à la paix avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Et Alassane Ouattara voudrait être à la manette lorsque la Côte d’Ivoire jouera sa partition.

Un dossier réalisé par Didier Depry

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Alassane Ouattara briguera un nouveau mandat présidentiel à la faveur du scrutin de 2025.        

 

 

 

 

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