La CEI maintient le cap pour 2025 – Coulibaly-Kuibiert Ibrahime : « La CEI n’est ni partiale, ni inféodée à une quelconque formation politique »

L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire,  Laurent Gbagbo ; son ex-ministre de la Jeunesse et des Loisirs, Charles Blé Goudé et Guillaume Kigbafori Soro, ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne ne figurent pas sur la liste électorale provisoire rendue officiellement publique, le lundi 17 mars 2025. Leur non-inscription pour des raisons liées à leur condamnation par la Justice ivoirienne à des peines de prison, relancent le débat sur l’inclusivité du processus électoral en Côte d’Ivoire.

Dans un contexte marqué par des tensions politiques,  M.  Coulibaly-Kuibiert Ibrahime, président de la Commission électorale indépendante (CEI), a tenu à rassurer l’opinion publique nationale et internationale. « Il n’y aura pas de nouvelle révision de la liste électorale avant le 25 octobre 2025. », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « La Commission électorale indépendante (CEI) n’est ni partiale, ni inféodée à une quelconque formation politique. Notre mission est d’appliquer les règles établies par la Constitution et les lois de la République ».

Le message de la CEI aux partis politiques

 C’est par ces mots fermes et solennels que Coulibaly-Kuibiert Ibrahime a conclu son discours lors de la remise de la liste électorale provisoire aux partis et groupements politiques et groupements. Une déclaration qui résonne comme un rappel à l’ordre dans un contexte électoral tendu, marqué par des revendications croissantes de certains acteurs politiques et de la société civile.

Alors que la Côte d’Ivoire se prépare pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, la CEI se trouve sous les projecteurs. Coulibaly-Kuibiert a tenu à rassurer sur l’impartialité et la rigueur de son institution. « Nous souhaitons préserver ce rôle afin de continuer à consolider les bases de notre jeune démocratie », a-t-il insisté, appelant les partis politiques et la société civile à soutenir la CEI dans sa mission de garantir des élections libres, transparentes et apaisées. « Vous êtes les porteurs de paix et de cohésion sociale. Nous avons besoin de votre collaboration pour réussir ce processus crucial pour notre nation », a-t-il conclu, dans un plaidoyer pour l’unité nationale.

Les absences marquantes de Gbagbo, Blé Goudé et Soro

L’absence de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro sur la liste électorale provisoire était attendue, mais elle n’en reste pas moins symbolique. Gbagbo et Blé Goudé, bien qu’acquittés par la Cour pénale internationale (CPI) des crimes contre l’humanité qui leur étaient reprochés suite à la crise post-électorale de 2010-2011, ont été condamnés par la justice ivoirienne à de lourdes peines d’emprisonnement, ce qui les rend inéligibles. Quant à Guillaume Soro, en exil depuis plusieurs années, il a été condamné par contumace pour des accusations liées à une « tentative de coup d’État » et à la « mise en péril de la sécurité de l’État ».

Ces non-inscriptions, bien que justifiées par des raisons juridiques, suscitent des réactions contrastées. Pour leurs partisans, elles représentent une injustice et une entrave à la pluralité politique. « Comment pouvons-nous parler de réconciliation nationale lorsque des figures politiques majeures sont systématiquement écartées ? », s’interroge un militant pro-Gbagbo. Pour d’autres, ces décisions sont nécessaires pour préserver la stabilité du pays.

Des non-inscriptions diversement appréciées

 La liste électorale provisoire, issue de la révision de la liste électorale (RLE) 2024, qui s’est déroulée du 19 octobre au 17 novembre 2024, compte aujourd’hui 8 761 348 électeurs. Parmi eux, 4 528 554 sont des hommes et 4 232 794 des femmes, reflétant une parité presque parfaite. Elle restera affichée du 17 au 21 mars 2025 dans tous les lieux de vote et sera également accessible en ligne sur le site officiel de la CEI (www.cei.ci) ou via le numéro court #919#. La période de contentieux électoral court du 22 mars au 5 avril 2025. Les réclamations et contestations pourront ainsi être déposées de 08h00 à 15h00 dans les locaux des Commissions électorales locales (CEL). Cette phase est essentielle pour corriger d’éventuelles erreurs ou omissions dans la liste provisoire, garantissant ainsi l’intégrité du fichier électoral final.

Ferdinand N’Guessan

 Légende photo : M. Coulibaly-Kuibiert Ibrahime, président de CEI, a rassuré l’opinion publique nationale et internationale sur le rôle l’acteur impartial de la commission chargée des élections.

 

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