Après 2018, le tachiste Isidore Koffi marque son retour pour une exposition individuelle à la galerie Houkami *Guyzagn sise à Abidjan-Cocody. Son exposition va courir du jeudi 20 mars au samedi 5 avril 2025. En prélude à cette rencontre picturale avec les amoureux des arts plastiques et visuels, l’artiste s’est ouvert à nous à travers une interview exclusive. Il parle de « L’Autre Monde », thème de son exposition de peinture, du message qu’il veut véhiculer, de sa technique…
Le Monde actuel : C’est quoi « L’autre Monde » ?
Isidore Koffi : L’autre monde est le revers de la médaille. C’est peut-être la face cachée du décor chaotique présenté sous les tropiques, du déséquilibre constaté. C’est le pont magnétique généré pas l’esprit résilient des contacts humains pour solidifier les piliers de l’espoir et de la liberté.
Pourquoi un tel thème ?
Ce thème m’a été inspiré par le titre du livre « L’autre Abidjan » du sociologue Alain Bonnassieux qui posait un diagnostic social sur le phénomène de l’urbanisation au début des années 80 dans le grand Abidjan. Il a décrit, dans son livre, la vie et l’environnement dans lequel évoluaient les populations de la classe ouvrière, les autochtones et les allogènes dans le quartier populaire « Petit campement » de Vridi canal. L’auteur insistait surtout sur la dynamique et le fonctionnement des différentes couches sociales à se partager les espaces et habitats, leur quotidien mêlé de doute et espoir. En un mot, il règne dans ces quartiers à forte densité de population, une vie qui sort des standards des grands projets de développement où bien souvent les aspirations de ces populations ne sont pas prises en compte dans les processus d’urbanisation. Le titre de ce livre entre dans l’esprit de l’exposition, seulement que j’ai remplacé Abidjan par monde, pour éveiller le questionnement et la curiosité.
Quel message véhiculez-vous avec la série de tableaux de votre exposition ?
Le message tourne autour de la symbolique de la résilience avec laquelle les populations des quartiers dits précaires font face aux grands changements lorsqu’elles se voient dépossédées de leurs habitats du jour au lendemain au nom du changement. Malgré cela, elles arrivent à survivre. Elles s’accrochent à une réalité certainement qui est au-delà du décor chaotique présenté voire au-delà de la réalité qui ne permet pas de trouver un équilibre, malgré le chaos. Ce chaos ne cache-t-il pas un bonheur absolu ?
Combien de temps vous a-t-il fallu pour réaliser les toiles de votre actuelle exposition ?
Trois à quatre mois.
D’où vous vient l’inspiration ?
Je m’inspire du vécu, de mon quotidien, surtout des questions existentielles telles que les conditions de l’Homme, en général, son évolution, son avenir.
Votre dernière exposition individuelle remonte à 2018. Pourquoi ce long temps avant de revenir sur le devant de la scène avec cette exposition ?
Il est bien souvent important pour l’artiste de prendre du recul sur son travail pour mieux le cerner et de lui donner l’orientation en fonction des évènements et des circonstances.
Adepte de la technique mixte, tachiste à la base, pourquoi cette option ?
La technique tachiste est pour moi un médium, un moyen de transmettre au mieux mes émotions. Je ne l’ai personnellement pas voulu. Elle s’est imposée à ma vision plastique, ma façon de voir la peinture.
Interview réalisée par
Marcellin Boguy
Légende photo : Le tachiste Isidore Koffi sera en exposition individuelle à la galerie Houkami *Guyzagn sise à Abidjan-Cocody, à partir du 20 mars 2025.


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