L’Afrique et ses richesses – Quand le continent est devenu le champ de bataille des puissances du monde

La concurrence économique en Afrique entre les puissances occidentales et d’autres nations s’est intensifiée ces deux dernières décennies avec la montée en puissance des BRICS, en particulier la Chine, réduisant l’hégémonie historique des anciennes puissances coloniales.  La rivalité se structure autour de plusieurs pôles et secteurs stratégiques, entre autres, les ressources minières, le pétrole, le gaz et l’uranium.

La Chine, devenue le premier partenaire commercial du continent, domine le financement et la construction d’infrastructures (routes, barrages, ports) grâce à d’importants prêts étatiques, souvent liés à l’accès aux ressources naturelles et aux minerais critiques.

Les puissances occidentales (États-Unis et Union Européenne) voulant contrer l’influence chinoise, multiplient les initiatives. Les États-Unis, par exemple, investissent massivement dans des projets régionaux comme le corridor de Lobito pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement. L’Europe cherche quant à elle à moderniser ses accords commerciaux et à promouvoir des investissements privés. C’est le cas de la France qui perd progressivement et inexorablement son pré-carré de l’Afrique francophone où elle régnait sans partage, s’est résolue à affronter, la peine dans l’âme, la concurrence partout en Afrique, notamment en Afrique anglophone.

D’autres puissances compétitrices telles que la Russie, la Turquie et les pays du Golfe sont déjà présentent sur le continent. La Russie se concentre principalement sur la coopération énergétique et la diplomatie sécuritaire, tandis que des pays comme les Émirats arabes unis et la Turquie concurrencent directement les modèles occidentaux et chinois sur le terrain des investissements directs étrangers (logistique, BTP, commerce).

Face à cette concurrence des puissances du monde en Afrique, des pays africains comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal diversifient leurs alliances pour obtenir de meilleures conditions financières et stimuler l’intégration de leur propre marché.

Fabrice Sissoko

Ressortissant malien vivant en Europe

 Photo légende : Les dirigeants des pays de CEDEAO lors d’un sommet à Abuja (Nigéria).

 

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