La place FICGAYO de Yopougon, grande commune d’Abidjan, a abrité, le samedi 31 mai 2025, le meeting de plusieurs partis de l’opposition ivoirienne dont le PDCI-RDA, le FPI, le MGC, le COJEP et l’URD rassemblés au sein de la Coalition pour l’alternance pacifique (CAP-CI). Devant leurs militants venus en grand nombre, les leaders de cette Coalition ont dénoncé un « système verrouillé » et exigé des réformes électorales.
« Alassane Ouattara est un spécialiste du verrouillage. Il verrouille tout : l’armée, l’administration, la Justice même les chefs coutumiers. Et il a même failli verrouiller les religieux. Nous allons déverrouiller ! ». A affirmé Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, lors de ce meeting de la CAP-CI tenu, le samedi 31 mai 2025, à la mythique place FICGAYO de Yopougon (Abidjan). Ces propos qui résument visiblement la position de la CAP-CI à quatre mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Venus de partout, les militants de l’opposition ont pris d’assaut ce vaste espace communal pour écouter leurs leaders.
Le meeting s’est ouvert par une libation traditionnelle à l’endroit des mânes des ancêtres. Puis Charles Blé Goudé, président du COJEP, est monté à la tribune. « Vous avez bravé les difficultés pour être là. Votre regard nous a interpellés, vos larmes nous ont réunis au-delà de notre ego », a soutenu l’ancien leader des « jeunes patriotes’» sous l’ancien chef d’Etat Laurent Gbagbo, qui a insisté sur l’unité de tous les Ivoiriens. « Chacun porte sa casquette de parti, mais ici, nous sommes d’abord des enfants de la Côte d’Ivoire », a-t-il lancé. La foule a scandé en chœur : «Le pays nous appelle !»
« Nous sommes d’abord des enfants de la Côte d’Ivoire »
Éric Kahé (URD) a abordé ensuite la question de la liste électorale : « La CEI a un sifflet dont on n’entend pas le son. Comment croire en des élections quand des électeurs ont moins de 18 ans ou sont plus âgés que leurs parents ? » Comparant le système électoral à « un match de foot sans filets», il exige un audit indépendant.
Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, quant à lui, a attaqué la commission électorale indépendante (CEI) qu’il juge « verrouillée ». Et d’ajouter : « Sur 630 commissions locales, 610 sont contrôlées par le RHDP. Comment voulez-vous que cette CEI soit crédible ? ». Puis il conclut : « En octobre, nous serons là pour déverrouiller cette mascarade ! »
« Nous irons jusqu’au bout »
Depuis la France, le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, est intervenu durant le meeting par visioconférence. « La CAP-CI est ce que la Côte d’Ivoire produit de mieux. Nous voulons briser ce cycle d’élections violentes », dit-il. « Il ne faut pas prendre les Ivoiriens pour des idiots. Nous exigeons un scrutin qui reflète vraiment leur volonté. ». En clôture, Simone Ehivet Gbagbo, présidente du MGC, a rappelé que « ces revendications datent du 9 août 2024 ». Et elle lance : « La démocratie n’est pas un cadeau, c’est un droit. Nous irons jusqu’au bout. ».
Nedson Djinsou
Légende photo : La coalition des partis de l’opposition ivoirienne dénommée CAP-CI a tenu son premier meeting à Yopougon, samedi dernier.


Laissez une réponse