Cette décision a pris tous les observateurs politiques et mêmes les militants du PDCI-RDA de court. Dans une vidéo qu’il a diffusée sur les réseaux sociaux, dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 mai 2025,Tidjane Thiam a annoncé sa démission de la présidence du PDCI-RDA. A noter qu’il a été élu à la tête du parti fondé par feu Houphouët-Boigny, en décembre 2023, quelque temps après le décès, le 1er août 2023, de son prédécesseur, l’ancien chef d’Etat, Henri Konan Bédié, deuxième président de l’histoire du PDCI-RDA, après le premier président Félix Houphouët-Boigny.
Une décision qui surprend les militants
Selon des sources concordantes proches du PDCI-RDA, cette décision dé démission de Tidjane Thiam de la tête du PDCI-RDA serait la résultante d’échanges qu’il aurait eus avec ses avocats et des membres de sa famille à Paris (France) où il se trouve actuellement. Mais aussi depuis Abidjan, avec des responsables du PDCI-RDA qui lui sont proches. Les uns et les autres ayant fait le constat de sa radiation de la liste électorale sur une décision de Justice fondée sur des arguments qui pourraient être similaires à ceux de l’audience à venir, du 15 mai 2025, dans l’affaire qui l’oppose à la militante et membre du Bureau politique du PDCI-RDA, Valérie Yapo, qui réclame sa destitution de la présidence du PDCI-RDA,il apparaissait nécessaire que Tidjane Thiam évite une autre « humiliation ».D’où la démission avant terme. « Il pourra ainsi sauvegarder son honneur », précise une source crédible au PDCI-RDA qui a requis l’anonymat.
La face cachée de la décision
Dans son adresse officielle, Tidjane Thiam attribue sa démission à des attaques judiciaires et politiques dont il se dit victime visant à l’écarter du débat démocratique national, notamment de l’élection présidentielle d’octobre 2025. « Il s’agit de nous écarter de la vie publique et politique, de nous priver de nos droits fondamentaux de citoyen et de porter atteinte à notre dignité, allant jusqu’à me contester ce qui est le socle de toute existence humaine, ma nationalité », soutient Tidjane Thiam. Qui affirme subir une « persécution politique », un « harcèlement judiciaire orchestré ». Et d’ajouter : « Il semble qu’il y ait une volonté claire de mettre notre parti sous tutelle, à un moment où l’espérance d’un retour au pouvoir après 25 années d’opposition est partagée par beaucoup d’Ivoiriens ».
La nécessité du plan B réapparaît
En dépit de sa radiation de la liste électorale et de sa démission de la tête du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, candidat élu de l’ancien parti unique pour la présidentielle de 2025 se dit déterminé à aller au scrutin présidentiel. Le pourra-t-il en vérité ? On pourrait en douter. D’autant que des voix commencent à s’élever de plus en plus pour envisager l’idée du plan B qui apparaissait comme un tabou. « Au sein du comité des sages et parmi les vice-présidents, des doyens évoquent maintenant cette question de plan B. Ça pourrait peut-être faire l’objet d’un Bureau politique extraordinaire si la question est retenue », soutient notre source.
En attendant, le doyen d’âge des vice-présidents du PDCI-RDA, l’ancien maire d’Abidjan, Ernest N’Koumo Mobio, qui assure la présidence dudit parti politique après la démission de Tidjane Thiam, a convoqué, pour ce lundi 12 mai 2025, un Bureau politique qui se tiendra à la « Maison du parti », siège social du PDCI-RDA, sis à Abidjan-Cocody.
Didier Depry
Légende photo : Depuis le dimanche 11 mai 2025, Tidjane Thiam n’est plus le président du PDCI-RDA, suite à sa démission. (Archives)


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