A 6 mois de l’élection présidentielle – Des membres d’une ONG arrêtés sur plainte de la CEI : Voici toute la vérité

La Commission électorale indépendante (CEI) a fait mettre aux arrêts trois membres de l’ONG « Association Cote d’Ivoire Consommateurs » (CICO). Au motif que cette l’ONG a demandé des informations sur le serveur électronique de la CEI. A noter que l’ONG CICO avait porté plainte contre la CEI devant le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau  pour refus de collaboration sur la question du fonctionnement  du serveur électronique en question.

Pour en arriver à l’arrestation des trois responsables de l’ONG CICO composés de deux dames et d’un homme, passons au peigne fin les péripéties du conflit ouvert entre la CEI et l’ONG CICO. En effet, selon des sources proches du dossier, il faut remonter à novembre 2024. Il y a donc plusieurs mois. C’est courant 2024 que préoccupée par la question de la transparence des joutes électorales, cette ONG approche la CEI.

La démarche de l’ONG CICO qui fâche la CEI

Ce représentant de la société civile ivoirienne va demander des informations à l’entité qui a l’exclusivité d’organiser les élections en Côte d’Ivoire. D’autant que les partis de l’opposition accusent, de façon récurrente, la CEI de rouler pour le parti au pouvoir. Les informations demandées par l’ONG CICO portent sur l’accès au serveur électronique qui gère les résultats électoraux, l’hébergement et la gestion des données. La CEI garde le silence face aux préoccupations de cette ONG.  En mars 2025, la Commission électorale indépendante  se déterminer toutefois à opposer une fin de non-recevoir formel à la demande de l’ONG.

Le long silence de la CEI

De guerre lasse, l’ONG CICO se tourne vers les juridictions en portant plainte contre la CEI pour les besoins de la cause. C’est-à-dire une saisine qui, selon ses auteurs, visent à obtenir des garanties sur la gestion des résultats électoraux. Le vendredi 18 avril 2025, précisément à 11h 27mn, de sources bien introduites, une responsable de la CEI entre en contact avec le président de l’ONG CICO. En vue d’un rendez-vous « urgent » concernant une procédure judiciaire. Bakou Bi Goli Martin, vice-président ; DJè Lou Tanan Rachel, trésorière générale et Zoro Lou Elisabeth, juriste ; trois responsables de l’ONG CICO, se rendent au rendez-vous au siège de la CEI  à Abidjan-Cocody.

Une arrestation comme rendez-vous 

A leur arrivée, ils  sont embarqués à bord d’un véhicule de type 4×4 et sont conduits à la Brigade de recherches de la gendarmerie nationale sise à Abidjan- Plateau. Là, ils vont subir un interrogatoire pendant toute la journée. Depuis  72h, ils sont donc détenus au violon de la Brigade de recherches de la gendarmerie nationale. Selon des sources proches du dossier, ces trois responsables de l’ONG CICO devraient passer, ce mardi 22 avril 2025, devant un juge d’instruction. Leur chef d’inculpation est  « troubles à l’ordre public », au dire de sources proches du parquet d’Abidjan.

David Merlot

Légende photo : Le président de la CEI, Ibrahim Kuibiert Coulibaly. La CEI et l’ONG CICO ont porté plainte l’une contre l’autre.

 

Encadré

La Commission électorale s’explique

Pour connaître la responsabilité de la CEI dans l’arrestation des trois membres de l’ONG CICO, nous avons joint  M. Inza Kigbafori, directeur de la communication de la CEI. Lors de notre échange téléphonique, dans la soirée du dimanche 20 avril 2025, notre interlocuteur n’a fait aucune difficulté à se prêter à nos questions.

La CEI a-t-elle fait arrêter trois responsables  de l’ONG CICO qui voulaient en savoir plus sur le serveur électronique de la CEI ? « La CICO a porté plainte contre la CEI, mais nous avons aussi porté plainte contre l’ONG pour connaitre leurs motivations par rapport au serveur de la CEI. Le reste, c’est le procureur de la République qui peut répondre. Parce que c’est lui qui les a arrêtés pour connaitre leurs motivations », explique-t-il.

Pourquoi ce sont dans les locaux de la CEI que leur arrestation s’est-elle opérée alors que la CEI  les avait invités à un rendez-vous  pour des échanges sur leurs préoccupations ?  « Le procureur peut arrêter les gens n’importe où et partout. Mais quelle est cette histoire de chercher à savoir des informations sur le serveur ? Est-ce que vous savez ce que veut dire serveur, son travail, c’est trop grave de demander ça! Mêmes les partis politiques ne demandent pas les informations liées au serveur électronique de la CEI. Et c’est une ONG qui se met dans ça. Imaginez un instant qu’un individu arrive dans une banque et demande où est logé son serveur. Ce n’est pas possible. C’est très grave», a conclu le directeur de la communication de la CEI .

Propos recueillis par David Merlot

Laissez une réponse

Votre email ne sera pas publié