Accusation de déstabilisation, arrestation d’agents humanitaires ivoiriens – Le ministre Amadou Coulibaly répond aux autorités burkinabè et rétablit la vérité

Le chef de la transition militaire au Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a récemment accusé, lors d’une interview qu’il a accordée à la presse burkinabé, la Côte d’Ivoire de vouloir déstabiliser le Burkina Faso. Il accuse également les six agents humanitaires ivoiriens actuellement emprisonnés au Burkina Faso d’être des espions. Après le conseil des ministres du mercredi 1er octobre 2025, le ministre ivoirien de la communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a répondu aux autorités burkinabé relativement à ces deux questions.

« Nous avons beaucoup de respect pour le chef de l’Etat du Burkina Faso. J’aime bien que vous ayez dit : De nouveau accusé. Parce que ce n’est pas nouveau, nous sommes régulièrement accusés par ce chef d’Etat. Nous attendons jusqu’à ce jour, les preuves de ces accusations. Je suis constant chaque fois que cette question m’est posée. Les agents de la DAHA qui est une direction qui s’occupe des réfugiés et apatrides ont été accusés d’espionnage simplement parce qu’ils faisaient leur travail. Vous savez que notre pays, la Côte d’Ivoire, accueille plus de 80.000 réfugiés qui ont fui le Burkina Faso en raison des violences qui y existent notamment dans les zones qui  sont sous influence des terrorises.

Ces  personnes, pour pouvoir bénéficier de l’aide de l’Etat ivoirien, ont  besoin d’être identifiées et recensées. C’est juste un travail administratif qui est fait et ces agents de la DAHA font régulièrement ce travail de recensement parce que le flux est continu.  Nous recevons régulièrement de nouveaux réfugiés. Dire de ces fonctionnaires, tous des civils, que ce sont des espions, ça ressemble un peu des fantasmes qui sont faits de ce métier d’espionnage. Un agent de recensement de la population pourrait, en ce moment,  être un espion. Un agent de l’Etat-civil qui pose des questions sur la naissance d’un enfant pourrait être un espion.  Une sage-femme qui  reçoit une femme dans le cadre de consultations prénatales pourrait être une espionne.  Je pense qu’il faut sortir des fantasmes.

La Côte d’Ivoire accueille plus de 80.000 réfugiés qui ont fui le Burkina Faso

 Ce sont des civils qui faisaient leur travail de recensement des réfugiés pour que ces réfugiés puissent bénéficier de l’assistance de l’Etat. La Côte d’Ivoire, aujourd’hui, subit une pression surtout avec le retrait de certains organismes qui s’occupaient de ces questions de réfugiés. Nous avons une forte pression aujourd’hui pour des raisons humanitaires, tout simplement. Et nous nous sommes organisés pour pouvoir suppléer l’absence de ces associations, de ces ONG qui se sont retirées en raisons de la politique actuelle qu’il y a dans ce pays voisin et frère (Burkina Faso, NDLR).

Vraiment il faut penser à tous ces réfugiés, penser à tous ceux que la Côte d’Ivoire assiste parce que nous sommes une terre d’accueil, une terre d’hospitalité. Dire de ce point de vue que nous abritons leurs ennemis, la Côte d’Ivoire a toujours été un terre d’accueil et beaucoup d’Africains ont trouvé refuge en Côte d’Ivoire. Nous n’avons jamais caché que certaines personnalités du Burkina Faso étaient en Côte d’Ivoire. Tout comme nous avons reçu aussi certaines personnalités du Mali, du Niger et à une certaine époque, du Libéria ou même du Ghana et de Guinée. Nous avons une tradition  de terre d’accueil. Et tous ceux qui sont sur notre sol savent que pour respecter ce devoir d’hospitalité de la Côte d’Ivoire, ils doivent s’abstenir de certaines pratiques. Donc tous ceux qui sont ici, ils sont là au nom de la terre d’accueil que constitue la Côte d’Ivoire pour tous les Africains quels qu’ils soient.

« Nous n’avons aucun intérêt à ce que le Burkina Faso soit déstabilisé »

Est-ce la situation, ces relations auront un pacte sur nos élections (élections présidentielles, NDLR) ? Non, pas spécialement. On a beaucoup de déclarations, c’est vrai. Mais il faut que l’opinion nationale t internationale sache que nous sommes un pays ouvert qui a 26% de sa population qui est étrangère, ça fait environ 7 millions de personnes  et parmi ces 7 millions de personnes, nous avons plus de 3  millions de Burkinabé. Nous n’avons aucun intérêt à ce que ce pays soit déstabilisé parce que c’est nous qui en paierons le prix fort. Voilà tout ce que je peux dire sur cette sortie du chef de l’Etat du Burkina Faso »

Propos retranscrits par Didier Depry
Légende photo : Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement de Côte d’Ivoire, Amadou Coulibaly.

 

 

 

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