Arts plastiques – Avec l’exposition « Babi, la cité des dieux », Pascal Konan « revisite » Abidjan

25 ans de carrière. 25 œuvres. L’artiste Pascal Konan marque une pause dans sa carrière, pour regarder dans le rétroviseur, avec son exposition solo baptisée « Babi, la cité des dieux » (2 au 25 avril 2026) à la galerie Houkami Guyzagn sis à Cocody-Riviera II. Ainsi l’un des meilleurs artistes de sa génération avec Étienne Yéanzi, Pascal Konan, illumine-t-il avec ses toiles, de par son talent, les salles « Mathilde Moreau » et La Terre promise ».

Grâce à cette exposition, qui capte son époque et lui permet un questionnement de l’humanité, le Grand Prix Guy Nairay (2009) et Prix Uemoa à la Biennale de Dak’Art en 2012, à travers ses 25 tableaux, donne à voir une ville fragmentée, Abidjan, avec de nouveaux « maîtres », où l’identité se joue dans la visibilité et où le sacré s’est déplacé vers l’image, immédiate, instable, brûlante.

Ses œuvres explorent la capitale économique ivoirienne comme un théâtre moderne où influenceurs et icônes de l’image deviennent les nouveaux « dieux » de l’économie de l’attention. Pascal Konan, qui parle du besoin permanent d’apparaître dans la société, revisite le mythe contemporain, la fragmentation urbaine et le pouvoir de l’image dans la société abidjanaise. Par-là, il questionne le sacré et l’identité à travers une peinture qui capture la fièvre du paraître à Babi (surnom d’Abidjan).

Cette exposition s’inscrit dans une démarche de réflexion sur la structuration des imaginaires sociaux à travers de nouvelles figures de puissance. Artiste de l’urbanité, attentif à la vie des villes et de leur évolution, et aux réalités humaines du continent africain, son œuvre cherche à relier observation du quotidien, critique sociale et recherche plastique.

Au cours du vernissage de son exposition, Pascal Konan a estimé qu’ « il n’y a plus d’élite ancienne qui se révèle aujourd’hui, surtout à travers nos regards, nos images, les écrans, dans notre conscience collective, dans notre imaginaire, dans notre imagerie collective. Mais qui se révèle à nous par le besoin constant d’être vu et d’être reconnu ». Avançant qu’ « il nous faut questionner le droit à l’image, le culte de la personnalité et les jeux d’influence. Le qui suis-je ? Avec les points de vue du monde. Les connexions notamment. Je voulais qu’ensemble, on questionne : quelle est la société de l’humanité ? »

Pour lui, mettant en avant des scènes et tranches de vie, « Abidjan est symptomatique de notre brassage culturel, le choc des civilisations… ». Il est revenu au critique d’art Célestin Koffi Yao de décortiquer l’exposition de Pascal Konan en des propos élogieux. Il est important de rappeler que le travail de Pascal Konan, décrit aujourd’hui comme l’un des jeunes peintres ivoiriens les plus cotés sur la scène internationale, a été montré dans plusieurs contextes de l’art contemporain africain et été dans des expositions ou présentations à Abidjan, Beyrouth et Marrakech.

Marcellin Boguy

 Légende photo : L’artiste- plasticien Pascal Konan présente une exposition solo baptisée « Babi, la cité des dieux » à la galerie Houkami Guyzagn sis à Cocody-Riviera II.

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