Burkina Faso – Quatre Français accusés d’espionnage arrêtés, le Togo négocie leur libération

Quatre ressortissants français soupçonnés d’espionnage et qualifiés d’agents de la DGSE, service de renseignement extérieur de la France, par les autorités de la Transition militaire du Burkina Faso, sont détenus à Ouagadougou. Pour les autorités françaises, rapportent mes confrères de RFI et de l’AFP, on dément qu’il s’agit d’espions. On parle plutôt de fonctionnaires techniciens, détenteurs de passeports diplomatiques et en mission pour une opération de maintenance informatique au profit de l’Ambassade de France au Burkina Faso. Ces quatre ressortissants français ont été arrêtés, le 1er décembre 2023, et son en détention depuis cette date. Ils ont été mis en examen deux semaines plus tard puis incarcérés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), la grande prison de la capitale burkinabé.

Des sources que nous avons jointes à Ouagadougou semblent convaincues que ces quatre Français sont des espions en mission dans la capitale burkinabé et parlent même de menaces de déstabilisation du Burkina Faso qui seraient ourdies depuis Paris. Faisant des révélations à ce sujet, le magazine panafricain Jeune Afrique affirme il s’agirait effectivement d’agents de la DGSE qui auraient donc été arrêtés pour « espionnage ». Et mes confrères de Jeune Afrique d’ajouter que les agents étaient arrivés dans le pays en règle pour une mission officielle.

Des négociations seraient en cours pour obtenir leur libération. Des pourparlers que conduisent, avons-nous appris, le président togolais Faure Gnassingbé sur sollicitation du président français Emmanuel Macron. A noter que le Togo est de loin l’unique pays de l’espace CEDEAO qui entretient de bonnes relations avec les différents régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger mis au ban de la communauté ouest-africaine. Agissant en quelque sorte comme le « parrain » et l’ « oreille attentive » de ces différents régimes, le chef de l’Etat du Togo plaide inlassablement leur cause auprès de ses pairs de l’Afrique de l’Ouest et au niveau de la communauté internationale. C’est à juste titre qu’il a reçu, le vendredi 8 décembre 2023, à Lomé, capitale togolaise, le général Abdourahamane Tchiani, président de la Transition du Niger, avant le 64e sommet de la CEDEAO qui s’est tenu, le dimanche 10 décembre 2023, à Abuja, capitale du Nigeria. Au terme de la réunion, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont chargé trois chefs d’Etat dont Faure Gnassingbé d’échanger avec le régime de Transition au Niger pour obtenir la libération du président élu Mohamed Bazoum et sa famille, et permettre une normalisation de la situation au Niger.

Didier Depry  

 

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