L’ancien Premier ministre, Pascal Affi N’Guessan, président du Front population ivoirien (FPI), relance la Coalition pour l’alternance pacifique – Côte d’Ivoire (CAP-CI), un groupement de partis politiques qui comprenait, par le passé, le PDCI-RDA de Tidjane Thiam et le MGC de Simone Ehivet Gbagbo.
Derrière l’enthousiasme de façade qu’affichaient, le jeudi 5 juin 2026, Affi N’Guessan et les autres responsables de ces partis politiques de l’opposition, une question fondamentale s’impose : Que vaut la CAP-CI sans le parti leader de l’opposition ivoirienne qu’est le PDCI-RDA ? Analyse du come-back d’une Coalition composée de formations politiques ultra-minoritaires.
Et le PDCI-RDA quitta le bateau…
Il y avait quelque chose de presque pathétique dans ce tableau. Des journalistes bravant la forte pluie pour rejoindre le siège du FPI aux Deux-Plateaux Vallon (Abidjan-Ccody), le jeudi 5 juin 2026. Comme si la météo elle-même avait voulu mettre en scène, avec une ironie cruelle, les conditions dans lesquelles ces petits partis de l’opposition ivoirienne tentent de redonner vie à leur rassemblement.
Pascal Affi N’Guessan, président du FPI et désormais président d’une CAP-CI « restructurée » mais qui ne pèse toujours pas lourd sur l’échiquier politique national, était face à la presse pour s’évertuer à convaincre les journalistes que « la Coalition pour l’alternance pacifique – Côte d’Ivoire n’est pas morte. Elle se relance. Elle fera sa sortie officielle le 25 juillet 2026».
Un rassemblement de poids-plumes
Pour mémoire, la CAP-CI a vu le jour le 10 mars 2025, dans un contexte marqué par une opposition fortement divisée. A peine née, cette Coalition a vu quitter le bateau, des figures importantes de l’opposition telles que Tidjane Thiam, Simone Ehivet Gbagbo, Danièle Boni Claverie. Autant de noms que Dr. Dinignako Coulibaly, nouveau secrétaire général et porte-parole de la CAP-CI, a pris soin de remercier publiquement pour « leur contribution à la naissance et au rayonnement de la CAP-Côte d’Ivoire ».
Une formule de politesse diplomatique qui ne saurait dissimuler ce qu’elle est en réalité. Un aveu d’échec collectif. Après le PDCI-RDA, le MGC et le COJEP de Charles Blé Goudé ont également claqué la porte, sans tambour ni trompette. Sous le nouveau ciel, il reste autour d’Affi N’Guessan et le FPI, le Cri Panafricain d’Abel Naki, l’UDP de Gbamenin Bi Tra, le PIP, le PSDI de Dinignako Coulibaly. En somme, un rassemblement de poids-plumes. Sans le PDCI-RDA, principal parti de l’opposition, la CAP-CI, avec le FPI et les autres, ne saurait faire peur au RHDP, le parti au pouvoir. Pas de groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, pas de sénateurs, pas de maires ni de présidents de conseils régionaux, la CAP-CI est invisible.
Le président de la CAP-CI parle…
L’Assemblée générale de la CAP-CI tenue, le 7 mai 2026, a officialisé la transformation de cette Coalition. Finie la formule du coordonnateur. Place désormais à une nouvelle architecture. Une présidence confiée à Affi N’Guessan, un secrétariat général, des vice-présidences spécialisées, une Conférence des présidents érigée en organe suprême de décision.
Lors de la conférence de presse de nouveau président de la CAP-CI, Pascal Affi N’Guessan a condamné les déguerpissements en cours dans les communes d’Abidjan, qu’il a qualifié d’« inhumains et cyniques ». Il a également dénoncé la cherté de la vie et accusé le gouvernement d’afficher une indifférence face à la situation. « Le gouvernement travaille pour lui-même, pour son nom plutôt que pour les Ivoiriens », a-t-il fustigé. Affi N’Guessan a soutenu, par ailleurs, que la CAP-CI fera connaître bientôt ses propositions sur le code électoral, le découpage, le mode de scrutin et la transmission des résultats.
Par Didier Depry
Légende photo : Pascal Affi N’Guessan (au micrro), président de la CAP-CI entouré de quelques responsables de cette Coalition politique lors de la conférence de presse.


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