Côte d’Ivoire / Retour du tambour-parleur Djidji Ayôkwé à Adjamé  – Entre mémoire retrouvée, rituels ancestraux et promesse de fraternité

Abidjan étant le cœur battant de la tradition Ébrié, en marge des festivités marquant le 66ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, la commune d’Adjamé- précisément le village d’Abidjan-Adjamé- a été le théâtre d’une séquence historique à haute charge émotionnelle : la réception solennelle du Djidji Ayôkwé, le célèbre tambour parleur du peuple Atchan (Ébrié). Avant de rejoindre définitivement les allées du Musée national, cet instrument mythique est revenu sur sa terre d’origine pour être honoré par ses gardiens légitimes.

Un joyau culturel au cœur de la République

Pour la municipalité d’Adjamé et la chefferie du village d’Abidjan-Adjamé, le retour du tambour sacré dépasse la simple restitution d’un objet d’art : il s’agit d’une renaissance spirituelle et identitaire. « C’est avec une immense joie, une profonde émotion et une grande fierté que la commune d’Adjamé souhaite la plus chaleureuse des bienvenues au tambour parleur Djidji Ayôkwé, trésor inestimable du patrimoine culturel ivoirien », a souligné le député-maire d’Adjamé Farikou Soumahoro.

Rappelant l’importance de préserver la mémoire pour bâtir l’avenir, les représentants de la chefferie d’Abidjan-Adjamé (son secrétaire général Mobio Kossokré Prosper) et de la Fratrie Bidjan (son président Tchagba Guy) ont qualifié ce tambour mythique d’« un des premiers réseaux de communication de nos sociétés », insistant sur le rôle central d’Adjamé comme « reflet vivant de la diversité et de l’unité de notre nation ».

Rituels ancestraux et réassurance républicaine

S’exprimant au nom du Premier ministre Robert Beugré Mambé, le ministre-conseiller Laurent Tchagba a salué la démarche de la communauté Atchan qui tenait absolument à accomplir les rituels sacrés sur le sol d’Adjamé avant toute mise en musée.
« Le peuple Ébrié a souhaité que le Djidji Ayôkwé, avant de partir au musée, puisse passer à Adjamé, la terre qui l’hébergeait avant son départ… Pour que le peuple atchan puisse véritablement se retrouver autour du Djidji Ayôkwé et faire les rituels qu’il faut », a déclaré M. Tchagba.

Le ministre-conseiller a également profité de cette tribune pour rendre hommage à l’hospitalité légendaire des autochtones, tout en apportant des garanties fermes de l’État face aux inquiétudes liées aux récents aménagements urbains : « Le cœur des Ébriés […] a permis que la Côte d’Ivoire accueille tout ce monde et qu’aujourd’hui, nous vivions en parfaite harmonie. […] Le village d’Adjamé ne sera jamais laissé pour compte par le président Alassane Ouattara ».

Un pont entre passé et avenir

Entre ferveur coutumière, fierté retrouvée et engagements du gouvernement pour le relogement et le respect des communautés hôtes, la cérémonie de réception du Djidji Ayôkwé s’impose comme un symbole fort. Plus qu’un hommage aux ancêtres, elle réaffirme le pacte républicain : celui d’une Côte d’Ivoire ancrée dans la richesse de ses traditions et tournée vers un développement inclusif.

Marcellin Boguy

Légende photo : La chefferie traditionnelle et les populations Atchan (Ebrié) d’Abidjan ainsi que tous les autres Ivoiriens ont célébré le retour sur la terre de ses ancêtres, du tambour-parleur Djidji Ayôkwé. C’était à l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

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