Mali / Crise au sein de la junte militaire – Sadio Camara, la rupture camouflée

« Sadio Camara, la rupture camouflée ». Tel l’intitulé de la tribune ci-dessous produite par Ismaël Sacko, président du PSDA et coordinateur de la coalition Sahel démocratie en France. Depuis l’exil, cet opposant politique au régime de transition au Mali conduite par le général Assimi Goita dénonce la situation d’impasse dans laquelle se trouve le pays depuis quelques années. Il lance un appel au sursaut citoyen et dévoile la crise au sein de la junte militaire qui dirige le Mali.

Au regard de l’échec cuisant de la junte Assimite tant sur le plan sécuritaire, économique que socio-politique, le régime militaire dirigé d’une main de fer fissurée par Assimi Goita, tangue. Assimi Goita n’est pas le Mali. Parce que le pouvoir est désormais au bout de la Kalach, Assimi panique et tire sur tout ce qui bouge. Si en 2020, l’armée a rejoint la rue, en 2025-2026, c’est le peuple qui rejoindra les hommes de rang.

La stratégie de l’araignée

 En perte de vitesse, le bateau Assimi est en cours de chavirer. Bamako et Kati sont entourés par les adversaires des Assimites. À l’affût, le soldat républicain saura agir pour sauver la nation en péril. L’un des indices d’un régime à bout de souffle est la sortie du Colonel Sadio Camara désormais général, dans l’émission Mali Taasira de l’ORTM1 du mardi 27 mai 2025. Cette sortie est le signe d’un grand malaise et d’une discorde camouflée.

Elle pourrait être interprétée comme une ruse pour tromper la vigilance du général Goita. Elle pourrait également donner l’impression de la prise en otage d’officiers supérieurs subalternes par un système oligarque. Pour le système oligarque, les 5 colonels félons devenus généraux doivent tomber tous ensemble et personne ne doit s’échapper. Cette approche est suicidaire et ne convient pas à certains colonels bombardés généraux devenus richissimes par voie de gabegie. Car, ils souhaitent tirer profit de leur rente.

L’ennemi du Mali

 Il est évident qu’il n’est pas demandé à Sadio Camara de déloger son gênant compagnon d’armes Assimi GOITA, ancien prisonnier du MNLA. Il est plutôt attendu du ministre de la Défense d’un régime tortionnaire et terroriste de se ranger du côté du peuple et de suivre le cours de l’histoire.  Pour rappel, Assimi Goita n’a jamais gagné de bataille. Il n’a jamais aimé le Mali. Faire tuer des Maliens au Nord et au centre par la milice Wagner afin de conserver le pouvoir est un crime contre son peuple.  Procéder à l’enlèvement d’opposants politiques est un acte terroriste. Gouverner par le mensonge et isoler son pays ou faire des alliances tronquées est le signe d’un officier mal formé devenu un danger potentiel. Assimi Goita est l’ennemi numéro 1 du Mali et des Maliens.

Il a détruit la cohésion et l’unité nationale. Il a brisé l’éducation des fils et filles de notre pays. Il travaille à la partition de la nation malienne.  Son inconscience des enjeux et défis nationaux, sa gouvernance incohérente et désastreuse ont conduit le grand Mali dans l’abîme.  Dire le contraire relève d’une ignorance ou d’une complicité nocive; peut-être une stratégie de feinte. Sinon, comment comprendre que 70% de nos villages et hameaux dans la zone de l’inter fleuve soient sous le joug des terroristes du JNIM pendant que le Mali est pilonné par le chef des putschistes sans cœur ?

Comment accepter que nos camps militaires courant mai 2025 soient attaqués et détruits par le JNIM pendant qu’Assimi Goita se bunkerise à Kati ? Comment convaincre les Maliens que nos militaires fuient le combat, en mai 2025, malgré l’achat d’équipements militaires performants ? Les présidents civils et démocrates ATT et IBK ont fait mieux. Ils étaient physiquement présents sur le théâtre des opérations en soutien à nos FAMAS, notamment  « à Dioura la violentée » et à Diabaly, entre autres. Apeuré, le chef des putschistes maliens se rend très rarement à Bamako et encore moins au chevet des populations traumatisées par le JNIM ou l’EIGS. Il mérite bien le titre d’officier félon.

Où est passée la stratégie Assimite?

 Assimi Goita, le mythe ou la légende propagandiste serait-il devenu la souris, le magouillât ou le rat de palais de koulouba ? Pourquoi a-t-il eu peur d’aller à Kidal avec son ministre de la Défense? N’aurait-il pas confiance en notre armée nationale? Pourquoi ignore-t-il le cri du cœur de ces millions de Maliens de l’intérieur et de Bamako qui réclament la sécurité et dénoncent leur abandon par des putschistes félons, violeurs des lois de la République ?

Pour rappel, Assimi Goita a été fait patron de la FORSAT par IBK sous le leadership du ministre de la Défense d’alors, Tieman Hubert Coulibaly avec le soutien de Moussa Diawara de la SE. Homme de main, Assimi Goita a toujours été perçu comme un exécuteur et non comme un stratège. C’est ce qui explique l’action de la FORSAT contre les manifestants du M5RFP en juillet 2020 occasionnant la tuerie de certains manifestants devant la mosquée de l’imam Dicko à Badalabougou.

Pourquoi étouffe-t-il ce dossier ?

 Un exécutant Assimi Goita reste un terroriste qui s’est accaparé du pouvoir politique dont il ignore les codes. En novembre 2023, Wagner va rentrer fanfaronnant dans la ville mythique de kidal afin d’assouvir la boulimie d’un homme qui n’a jamais su honorer sa parole.  On est donc en droit de savoir si l’entrée violente de kidal a permis d’atténuer le calvaire des Maliens. Plus récemment, est-ce que les taxes sur les transferts d’argent imposées ont amélioré les coupures d’électricité ?  Quel bilan de cet autre hold-up financier des Assimites contre son peuple appauvri et affamé à volonté?

Le Mali d’abord  

 Pour sauver la nation malienne, Sadio Camara doit revoir son approche. La paix et la stabilité de notre pays est au-dessus des intérêts d’un clan hétéroclite de putschistes embourbés. Le 3e coup d’Etat consacré par la mort subite de la démocratie ne passera pas. Nous sommes fantassins de la liberté et de la démocratie. Rien ne nous arrêtera !

Debout et engagés, nous gagnerons le pari contre la dictature et le terrorisme politique de Koulouba. Au nom de la reconstruction nationale, nous, forces populaires en quête d’une justice au service du peuple, exhortons les hommes de rangs à s’assumer. J’invite les hommes de rangs à se ranger du côté du peuple et à laver l’affront et l’honneur de notre armée; une armée humiliée par Assimi Goita. Car c’est sous Assimi Goita que les terroristes ont gagné la confiance des populations rurales. Et c’est sous Assimi Goita que notre jeunesse a été manipulée, travestie et introvertie. Heureusement que les échecs successifs l’ont aidée à se relever.

Par conséquent, j’invite les hommes de rangs à faire corps avec notre peuple et à rester à cheval sur la Constitution. Car la Constitution tripatouillée votée en juin 2023 dit dans un de ses articles que le président « de la junte » peut être destitué pour haute trahison. Pour haute trahison et pour crimes de guerre et crimes contre son propre peuple, les hommes de rangs doivent agir conformément à la volonté de 80% de Maliens et Maliennes.

Un Mali reconstitué et prospère

 Un soulèvement populaire est toujours possible.  Et toutes les options sont envisageables. Car seul le peuple a le dernier mot. Les mêmes causes produiront les mêmes conséquences. In fine, Assimi Goita doit être arrêté et traduit devant la justice pour que le Mali éternel reprenne son envol.   C’est le prix du retour vers l’ordre constitutionnel normal. Une transition civile suivie d’une élection consensuelle est l’option viable pour la stabilité de la région et du Sahel central en particulier.

Ismaël Sacko

 Président du PSDA

 Coordinateur de la coalition Sahel démocratie en France

 Légende photo : L’ancien colonel Sadio Camara, devenu général. Ministre de la Défense sous le régime de transition militaire au Mali.

 

Laissez une réponse

Votre email ne sera pas publié