Lors d’une conférence de presse qu’elle a animée, le mardi 29 juillet 2025, à son siège, à Abidjan-Cocody-Riviera 3, la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (CECCI) a interpellé les acteurs politiques ivoiriens, notamment ceux du pouvoir, à « privilégier le recours à l’arrangement en vue d’une élection présentielle d’octobre 2025, apaisée, inclusive, transparente, équitable et juste ». Afin de mettre, estiment les évêques catholiques, le pays à l’abri d’une crise pré et post-électorale. Dans la déclaration ci-dessous datée de ce jeudi 31 juillet 2025, le mouvement « Les gardiens de la République 225 » (GR 225) , proche du parti au pouvoir, désapprouve foncièrement cette position des évêques catholiques et leur répond.
La GR225 prend acte du message récemment adressé à la Nation par la Conférence des Évêques Catholiques de Côte d’Ivoire, à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Si nous saluons l’intention affichée de préserver la paix, nous ne saurions rester silencieux face à ce qui ressemble de plus en plus à un discours sélectif, moralement orienté et historiquement court.
La paix ne se construit pas uniquement par des appels publics. Elle se bâtit sur la vérité, la cohérence et la responsabilité partagée. Où était cette voix ecclésiastique en 2000, lorsque le Général Robert Guéi et le régime de la refondation ont arbitrairement empêché le candidat Alassane Ouattara de se présenter à la présidentielle ? Où étaient les appels à une élection « inclusive », lorsque ce même candidat a été exclu des législatives pour des raisons fallacieuses, sous le silence complice de nombreuses autorités morales ?
Pourquoi, en ce moment décisif de notre histoire, la seule inquiétude affichée semble viser le régime actuel, comme si le respect des lois électorales équivalait à une volonté d’exclusion ? L’histoire nous enseigne que le Général Guéi, après avoir été renversé, s’est réfugié dans une cathédrale, convaincu de trouver protection auprès des hommes de foi. Il sera pourtant arrêté, humilié et exécuté quelques heures plus tard, alors que son entourage avait entamé une médiation avec les autorités religieuses. Ce silence ecclésial d’alors interroge encore aujourd’hui.
Nous rappelons également que feu le Cardinal Bernard Agré, à l’époque Archevêque d’Abidjan, avait demandé publiquement au Dr Alassane Ouattara de se retirer de la course à la présidence, au nom de la paix. Curieuse conception de la neutralité religieuse. La GR225 affirme haut et fort : la Côte d’Ivoire est un État laïc, fondé sur des lois républicaines et des institutions souveraines. La politique ne se juge pas à l’autel, et la démocratie ne se construit pas sous la pression de messages partisans déguisés en prières.
Nous appelons donc la Conférence des Évêques à plus d’équilibre, de lucidité historique et de responsabilité morale. S’ils souhaitent prendre position politiquement, qu’ils le fassent à visage découvert, en créant un parti chrétien pour défendre leurs idées dans les urnes. Mais tant qu’ils resteront une autorité spirituelle, leur devoir est de prier pour la paix, d’accompagner la réconciliation, et non de dicter le tempo électoral au peuple souverain. La GR225 reste mobilisée pour des élections justes, paisibles et transparentes, et refuse toute tentative de culpabilisation déguisée qui viserait à délégitimer par avance les institutions de la République. La paix, oui. La soumission morale à sens unique, non.
Pour la GR225
Le président national
Soro Nambégué Issouf
Légende photo : Le président national du mouvement GR225, Soro Nambégué Issouf.


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