France –  La descente aux enfers de Jack Lang, « Monsieur fête de la musique »

Père de « la Fête de la musique » devenue quasiment une tradition culturelle mondiale, Jack Lang, âgé bientôt de 87 ans, ancien ministre de la culture sous le défunt président français François Mitterrand, connaît une descente aux enfers subite mais pas surprenante, soutiennent ceux qui le connaissent.

Cette descente aux enfers est enclenchée par la scandaleuse affaire Jeffrey Epstein, du nom du financier et criminel sexuel américain  condamné pour abus et trafic sexuels sur mineures et autres filles,  retrouvé pendu, dans sa cellule de prison au Texas, le 10 août 2019. Jack Lang est nommément cité avec sa fille dans l’affaire Jeffrey Epstein où ils auraient eu des liens obscurs d’argent avec le prédateur sexuel. Jack Lang aurait-il bénéficié d’autres « faveurs » en termes de jeunes filles de la part de Jeffrey Epstein ? Nul ne le sait, pour le moment. D’autant que toutes les Epstein Files n‘ont pas encore été révélées par le FBI.

Jack Lang, sa fille Caroline et Jeffrey Epstein

 Une situation qui va exposer Jack Lang et sa fille Caroline Lang à un procès en France puisque la Justice a ouvert contre eux une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Au regard de la gravité des faits et du retentissement international de l’affaire Jeffrey Epstein qui  défraie la chronique à travers le monde, Jack Lang a démissionné de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), une prestigieux structure rattachée au ministère français des Affaires étrangères.

Figure respectée du camp socialiste et l’un des ministres emblématiques du pouvoir Mitterrand, Jack Lang quittera ainsi inexorablement le monde politique et public par la petite porte. Ce triste sort, il l’aura cherché, semble dire le célèbre journaliste politique et essayiste français, Alain Duhamel.

« Il avait une vanité incommensurable de ce qu’il voulait apparaître »

 « Il vivait et il voulait vivre avec les gens, comme on dit, riches et célèbres. Il voulait appartenir à la Jet set society, il voulait être vu avec les plus grandes vedettes, être vu aux plus grandes réceptions du monde. Voilà. Il avait un côté professionnel remarquable et un côté mondain, pour être très gentil dans le choix des termes, hyper dangereux. Il se rendait vulnérable sans arrêt et d’un côté, il avait l’orgueil légitime de ce qu’il avait fait et de l’autre côté, une vanité incommensurable de ce qu’il voulait apparaître », a-t-il affirmé à propos de Jack Lang dans l’émission « L’esprit de l’info »  sur la radio RTL, le lundi 9 février 2026.

Personnalité connue mais qui n’a de cesse de se faire accepter de tous même souvent dans des contextes socio-politiques de tension, Jack Lang n’hésitait pas de se mettre en scène. Comme il l’a fait en Côte d’Ivoire en 2008 lorsqu’il a rendu visite à son ami Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire d’alors. Avec son ami Gbagbo, Jack Lang avait visité boîte de nuit et bar-maquis à Abidjan. Ils avaient même fait un tour ensemble à la « Rue Princesse » d’Abidjan-Yopougon, de l’époque, de triste réputation en matière de mœurs. Une visite de Jack Lang, alors député PS du Pas-de-Calais, accompagné du député PS, Jean-Marie Le Guen, qui avait suscité une réprobation en France, jusqu’au sein du parti socialiste, pour son côté bling-bling. C’est son amour pour les paillettes, le bling-bling et l’argent qui semble avoir rattrapé Jack Lang à travers la sulfureuse affaire Jeffrey Epstein.

Didier Depry

Légende photo : Laurent Gbagbo, Jack Lang et l’une des filles e Gbagbo, en l’occurrence Léa Gbagbo, lors de la tourne nocturne en 2008 (Archives).

 

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