La guerre en Ukraine a des répercussions bien au-delà du continent européen. Hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, pressions migratoires, fragilité politique ; l’Afrique, particulièrement touchée par ces turbulences, se trouve au cœur des interdépendances mondiales.
C’est dans ce contexte que l’Ambassade de la République tchèque basée à Accra, en coopération avec Afripoli, a organisé, le mercredi 3 septembre 2025 à Abidjan-Plateau une rencontre sur le thème : « Europe et Afrique face à la guerre en Ukraine et aux rivalités géopolitiques : destins interdépendants ».
Je vous livre le compte-rendu de cette rencontre d’échanges fait par le site d’informations Afriksoir.net ainsi que mon analyse de la position de la République Tchèque relativement à la guerre entre l’Ukraine et la Fédération de Russie.
Pour Vojtech Bily, Regional Manager d’Afripoli, la rencontre d’Abidjan illustre l’importance d’un dialogue approfondi entre la république Tchèque et la Côte d’Ivoire, et au-delà entre l’Europe centrale et l’Afrique de l’Ouest. « On trouve qu’il est extrêmement important de mener le dialogue avec les pays africains pour comprendre davantage le positionnement et vraiment être ici à l’écoute pour trouver le chemin commun », a-t-il affirmé.
Concernant notamment la guerre en Ukraine, il estime que les pays africains devraient avoir une position commune contre la Russie perçue comme l’« agresseur ». Il a insisté sur le rôle stratégique de la Côte d’Ivoire dans la région, appelant à bâtir des partenariats solides dans un esprit de « bon voisinage » entre l’Europe centrale et l’Afrique de l’Ouest. Matej Denk , chef de mission adjoint de la République tchèque basé à Accra (Ghana), a abondé dans le même sens s’agissant de la guerre en Ukraine et mis en avant la volonté de son pays de renforcer ses relations bilatérales avec la Côte d’Ivoire.
A l’analyse des différentes interventions des responsables tchèques présents à cette rencontre, on a la nette impression que, pour eux, les Africains ne comprennent rien de ce qui se passe entre l’Ukraine et la Russie. Et qu’il reviendrait alors à la République Tchèque de leur expliquer cela et leur donne er des leçons, en quelque sorte.
Les Tchèques disent clairement aux Africains que la guerre en Ukraine a un impact négatif sur l’économie et l’alimentation en Afrique. Notamment, entre autres questions, celle du blé qui se fait rare et coûteux pour les pays africains. Mais ce qui est paradoxal, la République Tchèque s’inquiète pour les Africains et l’impact négatif que la guerre en Ukraine a sur leur vie mais en même temps, les Tchèques donnent de l’argent et vend des armes à l’Ukraine pour poursuivre la guerre contre la Russie. C’est la politique du lézard. Qui bâtit son château et le détruit ensuite avec sa queue.
Si la République Tchéque veut aider les pays africains et tous les pays du sud global, en général, qui souffrent durement de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, elle doit cesser immédiatement de soutenir financièrement et militairement l’Ukraine et encourager le président Zelensky à saisir sans condition la main tendue du président Poutine pour mettre fin au conflit et aller à la paix. C’est à ces conditions uniques que la République Tchèque va démontrer aux Africains qu’elle œuvre pour leur bien-être. Mette fin à la guerre en Ukraine par le dialogue, c’est l’unique alternative qui vaille.
Tous les pays qui aident d’une façon ou d’une autre les deux belligérants, l’Ukraine et la Russie, pour que la guerre perdure, n’œuvrent pas pour l’Afrique qui souffre de cette guerre.
Une contribution
d’Issiaka Dosso
Citoyen malien vivant en Europe
Légende photo : Le Premier ministre de la République Tchèque, M. Petr Fiala (Archives)


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