L’impartial  –  Cette affaire me rappelle le « Coup d’Etat médical » de Ben Ali – par Yao Noël

Mes souvenirs sont restés intacts, vivaces  et précis.  Dès 1979, alors jeune étudiant ivoirien (à l’Université nationale de Côte d’Ivoire, à l’époque) en visite en Tunisie,  je me souviens d’avoir vu, mes compagnons de voyage et moi, le Président Habib Bourguiba dans son village de Monastir. Le « combattant suprême » ainsi qu’on l’appelait encore, était affaibli par l’âge et la maladie au point où certaines mauvaises langues commençaient à ironiser en l’appelant le « Combattu suprême ». Ne rions surtout pas!

En 1987, soit une dizaine d’années plus tard, complètement épuisé, avachi, impotent, Bourguiba était toujours là, encore (artificiellement) maintenu au pouvoir au Palais de Carthage par le duo féminin représenté par son épouse Wassila et sa nièce Saïda Sassi. Ces deux êtres et certainement quelques autres partisans étaient plus préoccupés par leurs propres intérêts et privilèges  que ceux de la nation tunisienne.  Cela a duré quelque temps devant des Tunisiens médusés, ébaubis et tétanisés devant ce cirque et cette inacceptable mascarade au sommet de l’Etat.

Et conséquence de tout : arriva  le « Coup d’Etat médical » que perpétra le nouveau Premier ministre, un général ambitieux et lucide du nom de Zine El Abidine Ben Ali avec l’appui de médecins qui déclarèrent le Président Habib Bourguiba inapte à exercer ses fonctions de Chef d’Etat. C’est ainsi que le « Coup d’Etat médical » mit fin à cette véritable  tragédie et à cette ignominieuse comédie étatique.  Aujourd’hui encore, avec l’élection présidentielle au Cameroun,  le Président Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 43 ans (1982) est visiblement et manifestement poussé à demeurer dans la course pour préserver et garantir les intérêts de quelques « happy few » au Palais d’Etoudi  à Yaoundé.

S’il est absolument vrai que le choix de leur Président de la République revient aux Camerounais et à seuls, il n’en demeure pas moins vrai que tous les frères africains peuvent avoir un regard et un avis sincère, fraternel sans la moindre volonté de s’ériger en donneurs de leçons mais plutôt mus par la ferme volonté de contribuer à construire, partout, une Afrique désenvoûtée, libre, démocratique et sur la voie de l’intégration continentale.

Du reste, la propre fille du Président Paul Biya, Brenda Biya,a déjà fait savoir qu’elle ne voterait pas pour son cher papa-gaga (ou gâteux), le 12 octobre prochain. En ce 21e siècle,  le monde évolue. Quel que soit le pays, il faut en finir avec toutes ses pratiques vieillottes et rétrogrades qui ont disparu d’une archaïque et jadis gérontocratique URSS qui, elle-même, a disparu depuis le 20e siècle (1991).

 

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