De grâce, qu’on ne se jette pas tout de suite sur moi à gros et bras raccourcis : c’est juste un questionnement. Avec tous les balbutiements, actuels, graves et dangereux de la démocratie en Afrique, faut-il la repenser, la réinventer ou encore la réadapter pour mieux la recevoir ou « réceptionner » sous nos tropiques ? Lancinante, pressante et urgente devient cette interrogation majeure au fur et à mesure que des élections se tiennent, comme ce fut le cas au Sénégal, récemment au Cameroun, en Côte d’Ivoire et en Tanzanie….
La question essentielle est celle-ci : comment faire en sorte que l’expression, libre, souveraine du peuple, lui-même souverain, soit respectée et triomphe des velléités de tricheries, tripatouillages , falsifications et autres hold-up de ceux ou celles qui organisent le scrutin et qui veulent, coûte que coûte, se maintenir au pouvoir pour des honneurs et privilèges ? A travers cette question, il s’agit de voir comment l’alternance au pouvoir, un élément et un moment décisif de la démocratie (occidentale) peut être correctement menée et amenée ?
Et puis, en dernier ressort, comment faire pour que chaque élection présidentielle ou autre, en Afrique, ne devienne pas un moment ou une occasion de tueries, carnages ou de boucheries ? Au-delà de tout, il s’agit pour nous tous, élites intellectuelles, sociales, politiques , citoyens ordinaires , ouvriers des usines, champs et usines, société civile, femmes des marchés, médias classiques ou nouveaux, électroniques, virtuels ou imprimés, etc…de voir et bien analyser si le modèle occidental de démocratie correspond à nos us et coutumes culturels, traditionnels et ancestraux …
L’heure est venue pour les organisations africaines ou panafricaines comme l’Union africaine (U.A) de se pencher à fond sur cette question fondamentale de nos vies en communauté et en collectivité. Telle qu’elle se présente à nous, la » Démocratie » du modèle occidental nous convient-elle, marche-t-elle avec nos mentalités? Tout est à discuter, de long en large, en profondeur et à suffisance afin que » nul n’en ignore », désormais, sur notre continent africain.
Aucun individu, fut-il le plus érudit, le plus clairvoyant et le plus lucide ne saurait valablement, efficacement et le plus durablement, apporter tout seul les vraies réponses que nécessite la problématique de la validité ou de la viabilité de la démocratie de type occidental en Afrique. Une cogitation commune, des pistes de réponses et de solutions collectives : voilà l’indispensable prérequis à ce débat existentiel.


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