L’impartial –  Liberté de la presse et responsabilité – Par Yao Noël

Le moins que l’actualité africaine nous projette et nous montre en ce moment, c’est que, en maints endroits, la liberté de la presse est mise à rude épreuve. Nombreux sont les journalistes, hommes et femmes de média pris à partie, malmenés, brimés, jetés en prison ou derrière les barreaux. D’un côté, il y a que les régimes autocratiques et brutaux n’apprécient guère ni n’adorent une trop grande liberté et indépendance des animateurs de la presse et des médias in globo. Les hommes et femmes de pouvoir ont une tendance quasi naturelle voire obsessionnelle à vouloir brider et museler ceux et celles qui ont pour mission de traiter et livrer l’information.

Mais, en face, les hommes et femmes de média ne se laissent pas conter, inféoder, manipuler ou déstabiliser. Il s’ensuit, dès lors, une guerre ou guéguerre qui peut devenir plus ou moins virulente. Pour ce qui la concerne, la presse tient comme à la prunelle de ses yeux, à sa totale liberté et à indépendance. Cette exigence professionnelle peut déboucher sur un affrontement entre autorités publiques, gouvernementales et hommes des médias.

Face à cette relation tendue qui peut être conflictuelle et carrément exécrable, l’essentiel reste de respecter la liberté de la presse dans l’exercice de sa mission d’informer, à charge pour elle de le faire de façon professionnelle, déontologique, légale et, surtout, responsable. Si tout peut être dit, tout ne doit pas être dit.

En période de crise grave et aiguë, même dans les plus grandes démocraties du monde, certaines restrictions à la liberté peuvent momentanément intervenir. La liberté de la presse n’est pas une forme de libertinage qui consisterait à écrire, dire, diffuser n’importe quoi. Si le principe fondamental et non négociable en démocratie et à l’intérieur de l’Etat de droit, est et demeure la liberté de la presse, celle-ci s’exerce dans un cadre légal. La légalité inclut et induit la notion de responsabilité.

L’équilibre et le principe cardinal dans nos sociétés démocratiques et modernes reposent sur la nécessaire conciliation entre l’intérêt du groupe et celui ou ceux de l’individu tant cette vérité de Saint Just, reste, sans jeu de mots,  juste et actuelle: « (…) pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

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