L’impartial – L’ONU et l’Afrique – Par Yao Noël

Disons-le tout clair et net : il ne s’agit pas de remuer ici le couteau dans la plaie. Mais, en 1945, après cet énième traumatisme (50 millions de morts dont des milliers  de soldats noirs, africains) planétaire provoqué par l’Allemagne et son diabolique Adolf Hitler, les puissances victorieuses de la seconde guerre mondiale ont conçu et mis sur pied l’Organisation des Nations Unies (ONU). La paix, la sécurité, la démocratie, la coopération, le développement et le progrès de la race humaine rassemblée et fraternelle etc., furent au nombre des objectifs assignés à cette structure de dimension et d’envergure mondiales.

Bon an, mal an, l’ONU aura, depuis 80 ans, joué un rôle sur la scène internationale pour la paix et la sécurité internationales. Mais jusqu’au 23 septembre 2025, à l’occasion de la 80e session de l’Assemblée générale, cette grand-messe annuelle du multilatéralisme au Palais de verre de Manhattan à New-York, les textes de l’ONU, vieux de 80 ans, la structuration, la répartition des pouvoirs de décision et surtout de véto, le rapport des forces etc., ont vieilli car ils ont peu ou pas du tout bougé face aux grandes mutations du monde, notamment l’avènement de nouvelles nations d’Afrique et d’Asie.

C’est ainsi que reste étrange, incompréhensible et fort regrettable le fait que le continent africain avec ses 54 États, soit toujours ignoré en ne disposant pas d’une seule place au sein du directoire mondial qu’est le Conseil de sécurité de l’ONU (notamment les  membres permanents).

C’est une véritable bizarrerie pour une organisation comme l’ONU. Créée pour promouvoir les idées de démocratie, de justice, des droits de l’homme avec pour principe essentiel et majeur « l’égalité souveraine des États », peut-elle, 80 ans encore, conserver une telle structure décisionnelle discriminatoire, exclusionniste voire méprisante et quelque peu…raciste ?

Assurément, l’ONU doit pouvoir se regarder dans le miroir et procéder maintenant et le plus vite possible aux réformes structurelles qu’appellent l’évolution du monde et les revendications légitimes et insistantes de plus d’un milliard d’africains. À défaut de leur rendre justice, comment l’ONU serait-elle encore fondée à parler de démocratie en Afrique et dans le monde ? Même le plus modeste des citoyens ne serait plus disposé à l’écouter et à la suivre dans des errements ou proclamations purement théoriques et absolument démagogiques

 

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