L’Impartial – L’Union africaine en construction – Par Yao Noël

Le 38e sommet de l’Union africaine (UA) vient d’avoir lieu à  Addis-Abeba en Éthiopie. Une rencontre décisive qui aura, entre autres, permis l’élection du nouveau président de la commission en la personne de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Djibouti, Mahmoud Ali Youssouf.  Mais au-delà du changement d’individus (ou d’individualités), la vie et la marche de cette institution panafricaine ont fait l’objet d’un profond examen du président sortant, Moussa Faki.

Le bilan n’est pas forcément élogieux ou flatteur. Au nombre de difficultés, Il y a la récurrente question des contributions financières des États, les lenteurs bureaucratiques, les nombreuses guerres qui plombent le continent et plongent nombre de pays africains dans l’instabilité et la régression globale etc. L’Union africaine (UA), Il faut bien le dire, a été créée sur les cendres de l’ancienne Organisation de l’unité africaine (OUA) qui, elle-même, avait été créée, le 25 mai 1963 à  Addis-Abeba, par nos pères fondateurs dont le leader charismatique ghanéen père du panafricanisme historique et authentique Osagyefo Dr Kwame Nkrumah.

Aujourd’hui, en 2025, l’Union africaine (UA) se met difficilement en place. Avec toujours les mêmes difficultés notamment la question des moyens, le non-paiement des contributions des États membres etc. Mais il faut bien se le dire : depuis 1963, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, beaucoup a été fait : l’élimination de l’apartheid, la fin de la colonisation etc. Pendant ce temps, ailleurs, de grands ensembles économiques ont été créés ou alors se sont développés comme, par exemple, l’ancienne Communauté économique européenne (CEE) devenue depuis l’Union européenne (UE) et bien d’autres en Amérique latine, en Asie etc.

Aujourd’hui donc, il est important que tous les Africains se regardent vraiment et courageusement dans le miroir et observent tout ce qui se passe autour d’eux, à savoir la mondialisation (économique) forcenée.  Il est donc important et urgent que nos pays  mettent résolument leurs intelligences et leurs moyens ensemble en vue d’une salvatrice intégration. Le nouveau président de la commission de l’Union africaine a du pain sur la planche et il aura à activer tous les mécanismes, leviers et réseaux pour parvenir à une construction africaine dans la modernité, l’efficacité et dans la diligence.

Tous les États, membres de l’UA,  après la fin de l’ère coloniale et l’éradication du système raciste odieux en Afrique du Sud depuis 1994 doivent, à présent, s’atteler à la mise en commun des moyens humains et matériels, diplomatiques, en vue d’une intégration positive, réussie et bénéfique ! Depuis 2018, à Kigali, a été lancée la ZLECAF ou zone de libre-échange continentale africaine. Aujourd’hui, cette zone n’est  toujours pas une réalité même si des jalons ont été posés. Certains pays africains traînent encore les pieds. Mais il va falloir donner un coup d’accélérateur à tout ce processus d’intégration commerciale, économique et financière. Car. aucun pays ne peut se développer ou s’en sortir tout seul ou dans l’autarcie.

À côté de cela, il faut que nos pays, nos Etats cultivent, à l’intérieur, la démocratie, la bonne gouvernance, l’alternance, la stabilité qui sont autant de gages ou de paramètres de développement, de progrès, de bien-être, de bonheur au bénéfice de toutes nos populations africaines.

 

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