L’impartial… Par Yao Noël : Carnage au Tchad…

Incroyable, inimaginable et insoutenable le drame national (voire africain) qu’a vécu le Tchad, le jeudi 20 octobre 2022 : cinquante ( 50) personnes ont été tuées lors de manifestations politiques pour dénoncer la prorogation de la période de transition et le maintien au pouvoir du nouveau maître du pays après la mort, le 20 avril 2021, de son maréchal de père Idriss Deby Itno. Celui-ci avait régné 31 ans (1990-2021) sans discontinuer et sans partage.

 

Devant la tragédie de cette fin du mois d’octobre à N’Djamena, la capitale, et dans de nombreuses autres localités, je n’ai eu de cesse de me rappeler ces deux importantes, célèbres et historiques citations politiques révélatrices de dérives, dérapages et inconduites politiques ici et ailleurs dans le monde.

La première est celle de l’historien et homme politique britannique John Emerich Edward Dalberg-Acton : « …Le pouvoir corrompt…Le pouvoir absolu corrompt…absolument », affirmait-il.

 

La seconde, tout aussi significative et pertinente,  reste celle de Montesquieu : « …Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser…il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir », écrivait cet auteur mythique de « De l’esprit des Lois ».

 

Dans le contexte tchadien, il s’agit bel et bien de chercher à comprendre comment une manifestation citoyenne a pu conduire à une telle hécatombe avec plus de 50 personnes qui ont eu leur vie arrachée et plus de 300 blessés….

En attendant que la lumière soit dûment et rapidement faite sur cette abomination en vue de poursuivre , juger et sanctionner toutes les personnes coupables, quelles qu’elles soient, une interrogation majeure et fondamentale nous vient à l’esprit : à quoi sert ou peut servir encore un pouvoir qui conduit à l’anéantissement physique de ses propres citoyens et citoyennes ?

 

Le pouvoir politique est institué et installé pour œuvrer au bien-être et au bonheur du peuple souverain. Il n’est point établi dans une quelconque soif ou boulimie d’un clan, d’une dynastie ou d’une coterie.

Le Tchad, dans toute l’histoire africaine post-indépendance a déjà trop souffert. Il continue de souffrir de pouvoirs instables, illégitimes et autoritaires qui se sont succédé depuis N’Garta François Tombalbaye aux premières heures, en 1960.

 

Le peuple courageux et digne du Tchad a ou doit enfin avoir droit à la paix qui passe inéluctablement et nécessairement par la démocratie et le choix libre et transparent de ses dirigeants. Juste pour un peu plus de bonheur, de paix et de quiétude nationale.

 

 

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