En 1990, au plus fort de la contestation des régimes marxistes-léninistes et du grand « Vent de l’Est » qui a ébranlé tous les pays satellites et suppôts de Moscou, le régime de Cotonou, alors mené par Mathieu Kérékou, la République Populaire du Bénin, ancien Dahomey, cède assez étonnamment vite lors de l’historique « Conférence Nationale Souveraine » (C.N.S.).
La transition démocratique s’opère conséquemment, sans trop de dégâts et de heurts. Nous passerons volontiers ici sur les péripéties et étapes du processus politique béninois depuis lors jusqu’à l’actuel Chef de l’Etat, Patrice Talon.
Au terme de ses deux mandats légaux et constitutionnels, M. Talon a choisi de ne pas « forcer le destin » et de « laisser la place » à son ministre des Finances, Romuald Wadagni, 49 ans. C’est à lui que le Président Talon a choisi de confier la « Maison Bénin » lors de son prochain et imminent départ du Palais présidentiel de La Marina pour défendre, outre ses couleurs et, en langage à peine voilés, ses intérêts, ses affaires dans le pays. Car, ne l’oublions pas, Patrice talon est d’abord et avant tout, un « business- man », un homme qui brasse et palpe des milliards de Fcfa.
Aujourd’hui donc, c’est chose presque faite et acté : Talon ne s’accrochera pas au pouvoir irrésistiblement, indéfiniment, durablement, quasi définitivement. Quelles que soient ses motivations propres, le fait mérite d’être souligné sans forcément un jugement de valeur et sans la moindre fine bouche de notre part.
La seconde chose à dire ou à redire, c’est que chaque contexte est « sui generis » et il ne faudrait pas systématiquement chercher à se lancer dans des « études comparées » ou « comparatives ». Le Bénin l’a fait, et c’est très bien pour son image, ses relations, intérêts profonds, fondamentaux même si l’unanimité est loin d’être faite à Cotonou autour de ce choix présidentiel, et même de cette méthode « successorale ».
Pour le reste, l’histoire béninoise retiendra, jugera dans notre Afrique si contrariée, si plurielle et surtout si « mélangée », comme le diraient les jeunes ivoiriens dans leur style et leur langage singuliers et imagés.


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