Une pléiade de personnalités a immortalisé la mémoire du Général Gaston Ouassénan Koné autour du nouvel ouvrage du journaliste-écrivain Moussa Traoré. Ainsi l’espace CRRAE-UMOA d’Abidjan-Plateau s’est-il mué, mercredi 5 août dernier, en un véritable sanctuaire de la mémoire nationale. Figures politiques, hautes autorités militaires, représentants religieux, leaders coutumiers et acteurs du monde des lettres et des médias s’y sont rassemblés pour la cérémonie de dédicace du tout dernier ouvrage de l’écrivain et journaliste émérite Moussa Traoré (surnommé « MT ») consacré à l’illustre Général Gaston Ouassénan Koné : « Général Gaston Ouassénan Koné, l’homme qui a descendu le drapeau de la France ».
Un devoir de mémoire salué au plus haut sommet
En présence de personnalités d’exception, la rencontre a démarré sur une note solennelle. Invité d’honneur de cette cérémonie, Dr. Eugène Aka Aouélé a situé la portée historique de l’événement. Pour le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), cet ouvrage dépasse la simple littérature pour s’imposer comme un véritable acte de préservation du patrimoine national. Rendant un hommage appuyé au Général Ouassénan Koné — l’homme qui resta gravé dans les mémoires pour avoir hissé pour la toute première fois le drapeau tricolore ivoirien le 7 août 1960 —, Dr Aka Aouélé a félicité l’auteur pour sa rigueur intellectuelle. Il a profité de la tribune pour lancer un appel aux journalistes et chercheurs afin qu’ils emboîtent le pas à l’écrivain dans la valorisation des grands serviteurs de la République.
Cette tonalité d’engagement mémoriel a été vivement appuyée par Hélène Lobé, présidente de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI). Dans une allocution empreinte de verve militaire, elle a rappelé l’esprit de discipline du haut commandement en soulignant qu’à l’appel du nom du général ainsi célébré, l’assemblée ne pouvait que répondre « Présent ! », saluant le travail de son vice-président qui a su consigner la vérité des actes d’une figure mémorable de la Côte d’Ivoire.
Une immersion historique au cœur des vérités de l’État
L’analyse critique du livre a donné lieu à des moments d’une rare densité intellectuelle. Ambroise Tiétié, critique et correcteur, a mis en lumière la fresque littéraire que construit progressivement Moussa Traoré. Selon lui, cet ouvrage s’inscrit dans une trilogie implicite consacrée à Félix Houphouët-Boigny et à ses plus fidèles serviteurs, à l’image du Général Abdoulaye Coulibaly et du Général Ouassénan Koné.
De son côté, l’écrivain et universitaire Josué Guébo a partagé un témoignage frappant sur le dépassement des préjugés. Évoquant la perception complexe entourant les événements du Guébié en 1970, il a souligné que l’ouvrage de MT permet d’outrepasser les caricatures pour pénétrer l’intimité d’un homme attaché au mérite et à la loyauté républicaine, tout en rappelant avec objectivité la distinction entre le récit mémoriel d’un acteur et le travail d’analyse de l’historien.
« Les faits sont sacrés » : Traoré Moussa rétablit l’histoire
Prenant la parole sous les acclamations, l’auteur Moussa Traoré a dévoilé les coulisses d’un projet né en 2022 d’un échange éclairé avec le regretté Général Ouassénan Koné désireux d’éclaircir certains épisodes de l’histoire militaire du pays.
Face aux rumeurs et aux spéculations, « MT » s’est voulu catégorique, archives nationales et témoignages de première main à l’appui :
« Cette œuvre n’a pas été écrite pour justifier des choses […], elle n’est adressée contre personne. Mon objectif unique, c’est de rendre hommage à une icône de l’État de Côte d’Ivoire », a-t-il fait savoir.
Désirant lever toute équivoque sur l’affaire Kragbé Gnagbé, l’auteur a rappelé que la vérité historique est désormais consignée noir sur blanc, affirmant avec fermeté la primauté des faits réels sur les passions politiques : « Moi, je n’écris pas des livres pour faire plaisir à mes amis. J’écris des livres pour apporter un peu de connaissances. Les faits sont sacrés », a-t-il argumenté.
Un appel au sursaut de la plume et une émotion familiale intacte
La cérémonie a également été marquée par le plaidoyer vibrant de Marie-Laure N’Goran, présidente de l’Union nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI). S’exprimant « avec le cœur », la journaliste a révélé que c’est MT lui-même qui l’avait encouragée à publier son tout premier ouvrage et à prendre la tête de l’Union. Qualifiant la profession de journaliste de « nombril de la terre », elle a lancé un appel solennel à l’ensemble de ses confrères :
« Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. Nous voulons laisser des traces, mais des traces positives qui racontent des histoires. Le livre fixe la lumière. Pour qu’on brille, écrivons ! ».
Au nom des ayants droit du défunt général, Jean-Hubert Ouassénan, porte-parole de la fratrie, a exprimé la profonde gratitude de la famille envers l’auteur et l’assistance venue en nombre. Rendant hommage à un père intègre, généreux et charismatique, il a pris l’engagement solennel, au nom de sa mère Antoinette et de l’ensemble des enfants, de perpétuer son héritage avec la même rigueur et la même loyauté envers la Nation ivoirienne.
La séance de dédicace s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse, marquant d’une pierre blanche cette célébration de la mémoire, de l’histoire et du livre en Côte d’Ivoire.
Marcellin Boguy
Légende photo : Le journaliste-écrivain, Traoré Moussa dit M.T ( à gauche assis) dédicaçant l’exemplaire d’une personnalité lors de la cérémonie.


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