Depuis l’exil, Ismaël Sacko, président du Parti social-démocrate (PSDA) du Mali, réagit à l’arrestation, le vendredi 1er août 2025, de l’ancien Premier ministre de son pays, Moussa Mara. Inculpé par le procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, Moussa Mara, a été mis sous mandat de dépôt et transféré à la prison centrale de Bamako. En cause, un tweet de l’ancien chef de gouvernement publié après avoir rendu visite en prison à des détenus de l’opposition ou critiques de la junte. Son procès est fixé au 29 septembre 2025.
Dans son tweet intitulé « Solidarité indéfectible avec les détenus d’opinions ». Il avait écrit notamment « aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira par apparaître ». Il a ajouté « Et nous nous battrons par tous les moyens pour que cela arrive et le plus tôt possible ». Le procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a estimé que parler de « détenus d’opinion » ou encore affirmer vouloir se battre par tous les moyens constituaient des délits. Parmi les quatre délits retenus contre lui, figurent : « atteinte au crédit de l’État, opposition à l’autorité légitime, et incitation au trouble à l’ordre public ».
« Vous m’avez interrogé sur l’arrestation de l’ancien Premier ministre du Mali, Moussa Mara , ancien patron de Yéléma qui vient d’être envoyé, ce vendredi 1er août 2025, à la prison centrale de Bamako pour incitation à l’ordre public et atteinte au crédit de l’Etat. Ce sont des accusations qui ne tiennent pas. C’est encore, une fois de plus, l’expression d’une junte aux abois, impopulaire. Une junte qui réprime, qui brime et qui casse toute dynamique de reconstruction et de paix dans notre pays.
M. Mara est envoyé en prison au moment où Assimi Goita, règne en despote à la tête d’un Etat fragile a reçu le document de la charte de la paix, une charte qui a été taillée sur mesure pour dire qu’il est prêt à tendre la main à tous les Maliens et à s’asseoir et à dialoguer. Il va à l’encontre du peuple malien, à l’encontre à la Constitution de notre pays. Une Constitution qu’il a, lui-même, fait voter. Une Constitution tripatouillée.
Nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin que cette arrestation est un abus de pouvoir et que l’opposition politique de l’intérieur et de l’extérieur qui travaille ensemble, nous continuerons à nous exprimer, à dire notre refus catégorique de nous soumettre aux hommes de bottes qui ont décidé de diriger le Mali par une dictature répressive. Et nous travaillerons pour inverser le rapport de forces et nous ferons en sorte que la Justice malienne, à terme, soit autonome, indépendante et que le droit soit dit. Que le droit soit un moyen pour apaiser, pour juger et pour rendre justice de façon équitable. Une Justice au service de notre pays.
Cette arrestation de monsieur Mara n’est pas une surprise. C’est la confirmation de ce que nous pensions. Et nous appelons le peuple malien à demeurer serein, à rester debout et vigilant pour que demain, nous puissions mettre en place, une transition civile, gage de paix, de stabilité régionale dans l’intérêt supérieur du Mali et du peuple malien ».
Propos recueillis par Didier Depry
Légende photo : Ismaël Sacko, président du Parti social-démocrate (PSDA) du Mali, contraint à l’exil depuis quelques années.
Légende photo Une du site : L’ancien Premier ministre du Mali, Moussa Mara.


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