Les fonctionnaires et les contractuels du ministère de l’équipement et de l’entretien routier sont en grève à la japonaise depuis le mardi 02 avril 2025. Notre équipe de reportage en a fait le constat. Après avoir sillonné les grands services de ce département ministériel à Abidjan. Où nous avons trouvé des agents déterminés portant des bandeaux rouges à la tête, au bras ou à l’avant-bras en guise de protestation. Tout en vaquant à leurs tâches professionnelles quotidiennes.
Par ce mode de grève, les travailleurs entendent mettre la pression sur l’employeur pour leur mieux être social, affirment-ils. En la matière, les administrés du ministre Amédée Kouakou, disent être dans le creux de la vague. « On peut mourir ici pour incapacité de s’octroyer de soins médicaux bénins. Les gens pensent que nous sommes financièrement bien lotis au sein de ce ministère. Mais c’est une grave méconnaissance des faits », expliquent des agents que nous avons rencontrés sur leur lieu de travail. Pour voir leur situation changée, les mécontents exigent le paiement immédiat des primes d’incitation. Faute de quoi, les protestataires menacent de passer à la vitesse supérieure. « Si jusqu’au 10 avril 2025, nos primes que nous attendons depuis 2023 ne sont pas payés, nous marquerons un arrêt de travail complet pour mieux nous faire entendre parce les souffrances et les lamentations sont trop ici », affirment-ils.
Dans les grandes directions telles que la direction des ressources humaines, la direction des infrastructures routières, la direction des affaires financières ou encore au budget, la mobilisation des travailleurs pour la grève est totale. Il en est de même pour l’intérieur du pays. Sauf au cabinet du ministre Amédée Kouakou où on signale des persécutions visant des travailleurs portant des bandeaux rouges sur le lieu du travail. Accusé d’être à la base desdites persécutions, le chef de cabinet du ministre Amédée Kouakou, Hedwugues Dié, affirme ne pas se reconnaître dans ces allégations. Qui, pour lui, sont dénuées de tout fondement.
La grève à la japonaise actuellement en cours, pour une dizaine de jours, est la suite logique des résolutions de l’assemblée générale extraordinaire syndicale des travailleurs tenue, le 19 mars 2025, dans les locaux du Cafop d’Abidjan. Les structures sous tutelle pourvoyeuses de fonds et dont les travailleurs roulent carrosse, soutiennent les agents grévistes, devraient en partie financer les primes en question, à en croire ces agents du ministère de l’équipement et de l’entretien routier. « Nous tirons le diable par la queue à cause de nos conditions de vie et de travail en deçà de nos attentes », se plaignent-ils.
David Merlot
Légende photo : Un agent du ministère de l’équipement et de l’entretien routier supervisant les travaux de cette machine a attaché un bandeau rouge à la tête en guise de grève à la japonaise.


Laissez une réponse