Après avoir renversé, le 26 juillet 2023, le président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, démocratiquement élu, les militaires putschistes conduits par le général Abdourahamane Tchiani ont progressivement installé le pays sous un joug totalitaire. Le retour à l’ordre constitutionnel ne semble pas être leur préoccupation de l’urgence. Bien au contraire, ils sédimentent leur emprise sur le pays à travers le musellement des partis politiques, de la société civile et de la presse. Le Niger vit, depuis 2023, une nouvelle ère, très loin de la démocratie et des libertés.
Une ère nouvelle, très loin de la démocratie
La junte militaire a son agenda et les pratiques aux antipodes des valeurs démocratiques qui vont avec. Ils sont aidés en cela par leurs partisans mobilisés et aux ordres. A preuve, le général Abdourahamane Tchiani a été officiellement investi président de la République du Niger, le mercredi 26 mars 2025. Sans avoir été élu démocratiquement et de façon transparente, directement ou indirectement par les populations. Au cours de la même cérémonie d’investiture, il a été élevé au rang de général de corps d’armée et de grand maître des ordres nationaux du Niger, la plus haute distinction honorifique du pays. Cette investiture s’inscrit dans le cadre des conclusions des « assises nationales pour la Refondation », qui se sont déroulées du 15 au 20 février 2025.
Des « assises nationales » avec les partisans de la junte
Des assises auxquelles les partis politiques significatifs et la société civile n’ont pas participé. Parce que les participants étaient triés sur le volet et étaient également tous des partisans indéfectibles de la junte militaire au pouvoir. Une fois investi, le général Tiani a procédé à la signature de deux ordonnances portant sur la dissolution des partis politiques et la libération de certaines personnes prévenues ou condamnées.
Didier Depry
Légende photo : Le général Abdourahamane Tchiani est devenu président de la République du Niger sans avoir été élu.


Laissez une réponse