Noël Dourey (RHDP) : « Certains pensent que la Côte d’Ivoire leur doit tout, ils peuvent donc piétiner les lois du pays »

Dans une récente vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le mercredi 12 mars 2025, l’artiste-musicien Noël Dourey, membre du Bureau politique du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, et ambassadeur du RHDP, jette un regard sur l’actualité sociopolitique ivoirienne.

Il parle du président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, et de sa double nationalité ivoiro-française qui suscite une forte polémique dans l’opinion publique, même au sein du parti fondé par feu Félix Houphouët-Boigny. Noël Dourey se prononce également sur le sort de l’activiste pro-Gbagbo, Souleymane Koné alias Gbagbo Koné, qui a été arrêté en France par la police avant d’être libéré et se retrouver actuellement au Burkina Faso sous la protection du régime de transition militaire du Capitaine Ibrahim Traoré.

   «  Une fois n’est pas coutume, je vais commencer cette vidéo en disant merci à un grand homme, le ministre d’Etat Téné Birahima Ouattara. Cet homme dont la rigueur n’est plus à démontrer est par-dessus tout doté d’un humanisme, d’une grande générosité mais surtout d’un altruisme qu’il érige en code de conduite. Quotidiennement.  Merci beaucoup ! Je voudrais aussi dire merci à ma petite sœur mais qui est ma patronne, ma ministre Françoise Remarck. Je ne suis pas surpris parce que je connais un peu sa famille, j’y ai quelques liens. C’est dans leur ADN de rester à l’écoute et de soutenir les autres. La troisième personnalité que je voudrais remercier, c’est monsieur Ousmane Bamba qui est un frère. Ousmane Bamba de Tiébissou. Big Up à toi ! Je referme la parenthèse pour faire un constat.

Hommage à Téné Birahima Ouattara, Françoise Remarck et Ousmane Bamba

 Il y a certaines personnes qui pensent qu’être candidat à l’élection présidentielle se décide six, sept voire dix mois avant  l’échéance. Ça veut dire que quand ils se tournent les pouces parce que n’ayant  plus rien à faire, ils jettent leur dévolu sur le fauteuil présidentiel. Il y en a beaucoup qui n’ont pas connu Houphouët-Boigny, ça c’est vrai, c’est certain. Mais ceux qui ont vu l’évolution de la Côte d’Ivoire à partir des années 90 comprennent que pour être président de la  République, il faut être capable d’avoir un programme, une vision, un carnet d’adresses mais surtout la capacité de mettre en exécution sa feuille de route qui découle du programme quand on est élu. Il y en a qui ont fait autre chose.  Moi, je ne leur en veux pas puisqu’il y en a même qui disent qu’ils ont été élus accidentellement, de manière calamiteuse.  Et ceux-là, j’encourage le peuple ivoirien, les électeurs ivoiriens, de quels que bords qu’ils soient, de leur tourner le dos. Parce que la fonction présidentielle sous leur magistère a été réduite  à la « Sorbonne » et à manger des bannes braisées. Je n’en veux pas à ceux qui mangent des bannes braisées dont moi mais nous le faisons à nos heures perdues. Pas aux heures où on doit réfléchir pour le bien-être  des Ivoiriens qui nous ont confié leur vie, leur quotidien, leurs familles.

Donc je disais que ceux qui n’ont pas connu Houphouët-Boigny, avec  S.E  le président Alassane Ouattara, on comprend que la fonction présidentielle est une fonction prestigieuse qui  a ses codes, ses allures. Qui a le prestige.  On ne peut pas être président de la République et s’arrêter devant des « sorbonnards »  censés chercher du travail, et danser ou aller à la « Rue Princesse ». On renoue donc avec le prestige de la fonction présidentielle. Et ce monsieur-là jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent, il sera toujours à mandat renouvelé et renouvelable. Je vais vous dire pourquoi je l’affirme. Devant le succès retentissant, des jeunes en quête d’emplois et de financement de leurs activités, et là je tire mon chapeau au ministre de la jeunesse et du service civique, mon jeune frère Touré Mamadou, président du Conseil régional du Haut-Sassandra, qui a su donner une lisibilité à l’action gouvernementale concernant la jeunesse. Au moment où les jeunes, conscients des enjeux de leur avenir, de leur lendemain, pendant qu’ils pressent le pas pour aller au palais de la culture de Treichville (Abidjan), des cabinets sont installés où leur avenir se joue parce qu’ils ont droit aussi à fonder des familles, à être des citoyens sérieux et honnêtes ; au moment où la jeunesse se presse pour prendre la relève, ce qui est tout à fait normal,  nous avons des présidents de partis qui luttent  pour que des sans-papiers soient libérés. Ils font même des  déclarations au cours de meetings politiques  censés donner à leurs militants, un programme à dérouler. Moi, je suis heureux qu’au lieu d’un programme, on dise le président Ouattara n’a pas fait ça, c’est moi qui ai fait ceci, c’est moi qui construit cela. On ne vit pas dans le passé.  Il faut vivre dans le présent, il faut vivre en faisant des projections sur l’avenir. On se bat pour qu’un sans-papier en violation flagrante de toutes les lois françaises soit libéré. Comme si nous étions  dans un poulailler. Même si… Alors ça veut dire déjà que le match est plié en faveur du président Alassane Ouattara.

« Le match est plié en faveur du président Alassane Ouattara »

Je voudrais aussi parler de monsieur Jean-Louis Billon qui simplement a introduit sa libération de l’allégeance à la République française et  il est libre, il n’est plus Français. Il est exclusivement Ivoirien. Contrairement à ceux qui pensent que la Côte d’Ivoire leur doit tout. Ils peuvent piétiner les règles établies par les lois ivoiriennes, les enjamber et être président de parti sans que ça n’émeuve tous les érudits, tous ceux qui estiment  qu’ils ont la science infuse et qui sont prêts à critiquer sans faire leur autocritique.

Vous savez, c’est Jésus-Christ qui nous le dit. Il dit que les gens voient toujours la paille  dans les yeux du voisin sans savoir qu’ils ont eux-mêmes une poutre dans leurs yeux c’est-à-dire que ce qu’ils ont dans leurs yeux est mille fois plus gros que ce qu’ils voient dans les yeux du voisin. C’est le cas du PDCI-RDA qui critique abondamment mais qui n’est même pas capable de faire le ménage en son sein. On dit que monsieur Tidjane Thiam est Français.  Et je continuerai de le dire et de le clamer tant que sa libération n’est pas inscrite au journal officiel de la République française comme l’a été celle de monsieur Billon. Il est le président du PDCI-RDA devant des personnalités qui ont fait ce pays ; président au mépris des lois que ces personnalités ont mises en place et il n’y a rien.

« Vous estimez que les enfants des autres doivent insulter. Quand on les arrête et on les met en prison, vous disparaissez »

 Au lieu de répondre à cette interrogation, on nous insulte. Et le jeune homme qui nous insulte se trouve en prison. Ils ne peuvent pas avoir le cœur de Noël Dourey. Chacun a son tempérament. Moi, j’estime  que si tu m’insultes, c’est comme si tu versais de l’eau sur mon corps. Il y a d’autres qui n’acceptent pas cela. Ils disent qu’il faut éduquer. C’est parce que le PDCI-RDA n’a pas éduqué ses militants que certains d’entre eux insultent et qu’ils font que le PDCI-RDA lui-même produit des communiqués pour demander leur libération. Si le ridicule pouvait tuer. Vous-mêmes avez des enfants, qu’ils viennent  insulter !  Vous laissez vos enfants au chaud, ils n’insultent pas, vous leur trouvez du travail  et des contrats. Mais vous estimez que ceux qui doivent insulter, ce sont les enfants des autres. Quand eux, ils insultent, on porte plainte, on les arrête et on les met en prison, vous disparaissez. Les jours qui viennent vont nous situer sur la responsabilité des uns et des autres dans cette affaire.

Vous  faites des meetings,  vous vous arrogez de force le PDCI-RDA.  Je touche du bois mais sur le pire arrive au PDCI-RDA, vous faites comment ? Vous qui, dans l’illégalité,  nommez, prenez des décisions, faites ce que vous voulez.  On me dira que ça ne me regarde pas. Je suis d’accord. Mais en tant que citoyen ivoirien, je vous dis que  vous bafouez les lois de mon pays.  Je voudrais continuer pour dire que le chef de l’Etat, S.E  Alassane Ouattara ne parle pas. C’est un chef, il ne parle pas.  Il voit tout, il entend tout, il sent tout mais il ne parle pas. Et vous ça ne vous dit rien. Vous pensez faire ce que vous voulez, ça ne vous dit rien.

« Le président Alassane  Ouattara n’est pas votre ennemi, c’est votre protecteur »

Alors ce sans-papier, il paraît qu’il serait descendu au Burkina Faso. C’est une déception profonde. Il me restait encore pour ce pays-là et surtout pour ses dirigeants actuels, quelque chose  qui me disait que les choses pouvaient être rattrapées. Mais ils sont allés trop loin. Leur haine pour le président Alassane Ouattara est en train de les conduire droit dans le mur. C’est-à-dire que pour eux, même si tu es une mouche, une poule, même si tu es un sans-papier, même si tu ruses avec les lois, pour eux tant que tu parles mal d’Alassane Ouattara, ils t’accueillent. Ça va durer combien de temps, frère ? Alassane Ouattara, c’est votre protecteur ! C’est  votre bouclier, ça ne l’oublier jamais. Il y en a avant lui  qui ont dit que vous étiez les ennemis de la Côte d’Ivoire. Qui ont même fait des  cargos pour que vous rentriez chez vous. Le président Alassane  Ouattara n’est pas votre ennemi.

Je suis revenu de France avec quelques matériels. Dans quelques semaines, après la publication de la liste électorale provisoire par la  Commission électorale indépendante – qui fait un travail millimétré et scientifique calqué sur le temps – je vais changer de plateau. Ce sera d’autres contenus que je vais vous proposer. Ça me conduit à poser cette question : J’ai vu que des religieux  que je respecte, des hommes de Dieu très écoutés, ont dit que la révision de la liste électorale si elle n’était pas refaite pourrait entraîner le pays dans le chaos.  J’attendais des pistes de solutions. Peut-être que les solutions qu’ils aillaient proposer, ont déjà été explorées par  la  Commission électorale indépendante mais je n’ai pas eu de propositions dans ce sens. Cependant je voudrais poser la question. En restant muets  face aux agissements d’un grand parti politique qui défie les lois de la Côte d’Ivoire  en installant un Français à la tête dudit parti qui fait des meetings illégaux donc non autorisés et la révision de la liste électorale, qu’est-ce qui est plus dangereux pour la cohésion sociale ? »

Propos retranscrits par

Ferdinand N’Guessan

Légende photo : L’artiste-musicien Noël Dourey, membre du Bureau politique du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

 

 

 

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