6 plasticiens : les anciens Mathilde Moreau, Youssouf Bath, Théodore Koudougnon, les jeunes Gnohité, Alia 1er et Isidore Koffi se retrouvent, au cours d’une exposition de peinture inédite, pour retracer l’histoire du mouvement ivoirien Vohou Vohou. « L’histoire continue » propose, du jeudi 17 avril au samedi 3 mai 2025, à la galerie Houkami Guyzagn sise à Abidjan-Cocody, une cinquante de toiles de ces artistes-peintres. Exposition organisée dans le cadre de la deuxième édition d’Abidjan Art Week qui se tient dans la capitale économique ivoirienne du 23 au 27 avril 2025 et qui agrège 14 galeries d’art.
Au cours du vernissage de leur exposition collective qui voit les toiles des anciens mises en valeur à la salle Mathilde Moreau et des toiles des 6 exposants sur les cimaises de l’espace « La Terre promise », jeudi dernier, chacun des exposants, dans sa prise de parole, a dit son ressenti. Devant un nombreux public de mécènes, collectionneurs, artistes, amoureux de l’art et étudiants venus découvrir leurs créations.
« Nous tenons à remercier tous ceux qui se sont déplacés pour venir voir ce que nous faisons. Depuis les années 1970, nous avons lancé le mouvement Vohou Vohou à l’Ecole des Beaux-Arts d’Abidjan. Et, en 1976, nous nous sommes retrouvés à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Et quand nous sommes rentrés, nous avons créé le Vohou Vohou. Ce que nous avons exposé, je voudrais que ceux qui nous ont connus depuis le départ et la jeune génération, c’est eux qui pourront dire si nous avons évolué ou pas. Si le Vohou Vohou a pris l’ascendance sur la peinture qui se faisait à l’époque. Je vous remercie d’être venus nous voir et nous connaître. Nous sommes très discrets. On existe, mais on ne se fait pas voir », a soutenu Youssouf Bath.
« Je remercie tous ceux qui sont venus, car c’est comme ça qu’on apprend à lire un tableau, à apprécier le travail de l’artiste. L’art, on ne le prend pas comme cela pour aller nettoyer la brousse. Et quand on vient aux expositions, on se frotte aux œuvres d’art. et désormais, on devient quelqu’un qui sait lire un tableau. Donc ayez le courage de venir souvent aux expositions. C’est pou vous-mêmes, c’est pour votre formation. Que Dieu vous bénisse ! », a indiqué Théodore Koudougnon.
Quant à l’ancienne directrice de l’Ecole des Beaux-Arts d’Abidjan, Mathilde Moreau, elle a affirmé être aujourd’hui fière de porter l’étendard avec ses devanciers. « Parce que Théodore Koudougnon, Youssouf Bath, N’Guessan Kra et autres sont nos devanciers. Ce sont eux qui ont initié le Vohou Vohou. Nous sommes venus après, mes amis et moi. Il y en a qui sont ici, N’Guessan Essoh, mais d’autres qui ne sont pas là. Nous avons mis en place un autre mouvement qui est le Daro Daro, qui est une suite aussi du mouvement Vohou Vohou. Merci, merci à ces devanciers-là. Je pense qu’ils nous ont tenu la main pour que nous soyons là aujourd’hui. Je ne voulais pas être longue. Je pense que c’est une belle société. Nous sommes riches dans notre société et nous remercions tous ceux qui sont venus. Merci d’être là. Merci », a-t-elle poursuivi.
Les jeunes peintres avec qui les anciens maîtres, les promoteurs du mouvement Vohou Vohou, dialoguent à travers leurs différentes toiles dans une sorte de conversation de leurs techniques respectives, ont aussi dit leur pensée. « Nous avons ici les professeurs de nos professeurs. Vraiment, c’est un plaisir et je remercie tout simplement la galerie pour ça. Merci », s’est réjoui Gnohité. « Je ne saurais dire le sentiment qui m’anime de me voir moi Isidore d’être auprès d’illustres maîtres que nous avons étudiés depuis les classes secondaires. Il n’y a pas de mots pour exprimer ces contacts. Je dis simplement merci. Merci à ces grands maîtres qui ont su transmettre leur savoir, qui ont su partager leurs émotions et qui durent à travers le temps. Merci, Maîtres », a, lui, avancé Isidore Koffi.
Alia 1er a, à l’entame de son propos, tenu à remercier le public nombreux pour sa présence à ce vernissage, tout en remerciant aussi le promoteur de la galerie Houkami Guyzagn, Thierry Dia, de l’avoir « associé à cette exposition avec des maîtres de l’art ivoirien. Merci aussi pour votre présence et je vous demande de consommer abondamment ce qui est ici comme nourriture artistique. Merci ». Avant, il y a eu une sorte de passage de flambeau entre anciens et jeunes artistes associés à l’exposition « L’histoire continue… ». Comme pour réitérer l’idée que cette rencontre artistique est d’abord celle de la transmission. Passage de flambeau entre Maître Koudougnon et Alia 1er, entre Mathilde Moreau et Isidore Koffi, et entre Maître Youssof Bath et Gnohité. Thierry Dia et le critique d’art Mimi Errol ont respectivement parlé d’Abidjan Art Week 2 et de la genèse du Vohou Vohou et de sa portée dans l’évolution de la peinture en Côte d’Ivoire.
Abidjan Art Week 2025 et ses déclinaisons
14 galeries d’art : la Rotonde des arts contemporains, la Fondation Donwahi, la galerie Cécile Fakhoury, LouSimone Guirandou Gallery, la galerie Amani, la galerie Eureka, la galerie Houkami Guyzagn, le Musée des Cultures contemporaines Adama Toungara (MuCAT), la galerie Walls House of Art, la galerie Sankonian, la galerie Studer, la Fondation BJKD, la galerie Farah Fakhri et la galerie Labaraque prennent part à l’édition 2025 d’Abidjan Art Week. Ainsi du 23 au 27 avril, ces galeries seront-elles focus sur cet évènement qui promeut les arts plastiques en Côte d’Ivoire. Chacune d’entre elles, à l’occasion, proposera une exposition maison mettant en avant des peintres qui comptent dans l’écosystème de la peinture d’ici et d’ailleurs.
L’ouverture officielle d’Abidjan Art Week 2025 se tiendra le 23 avril à la Rotonde des arts contemporains, à 18h. Les 24 et 25 avril, c’est accès libre à toutes ces galeries pour permettre au grand public de s’imprégner des expositions qui y ont cours dans le cadre de cette rencontre unique à Abidjan. Avec visites guidées, visites d’ateliers. Et l’évènement phare d’Abidjan Art Week 2025, c’est la Nuit des galeries, le samedi 26 avril, de 15h à 00H, comprenant un parcours continu de toutes les galeries parties prenantes de l’opération avec à sa tête la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck. Ledit parcours prendra fin le dimanche 27 avril du côté de la commune d’Abobo.
Marcellin Boguy
Légende photo : les précurseurs du vohou vohou (assis) lors de la conférence de presse.


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