Thierry Dia, galériste : « J’estime que Martial Moulo doit être encouragé »

​ »Martial Moulo est un artiste que je connais depuis 2001. Quand je suis entré dans l’art en 2000, disons 1999-2000, j’ai travaillé avec Martial Moulo. Il n’avait pas encore cette écriture-là, mais j’aimais déjà sa touche. Il avait des couleurs très vives, il était dans l’abstrait. Et quelquefois il faisait apparaître des visages, des masques et tout. C’est un élève très assidu de Théodore Koudougnon et de N’Guessan Essoh.

​Et je me suis rendu compte qu’il allait devenir un très bon abstraitiste, parce qu’il a les couleurs. Et quand tu vois ses couleurs, tu as comme l’impression qu’il y a, dans le tableau, de l’abstrait, mais il y a toujours un fond à l’intérieur, comme s’il y avait une image derrière. Martial a un bleu incroyable, un bleu indigo incroyable. Il a un jaune orangé destructeur et un marron vraiment qui déstabilise quand tu vois sa toile.

​C’est un garçon qui est très timide, très réservé, et tout ce qu’il a envie de faire, toute sa fougue ressort dans son travail.

​En 2006, j’ai sorti un catalogue, un Guyzagner que j’appelle Les Maîtres de Demain. Parce que je le voyais déjà dedans, comme quelqu’un qui allait réussir sa carrière. Il est timide, mais je crois que ses tableaux parlent.

​Et pendant longtemps, je l’avais oublié. Lui-même aussi. Il a passé beaucoup de temps à faire autre chose, que je n’aimais pas trop. Mais, ces derniers temps, il y a deux ans précisément, je l’ai vu dans une nouvelle approche. Il a commencé à atténuer ses personnages et il a sorti cette série de tableaux qu’il m’a fait voir. Il m’a dit : « Ah, regarde. » Et franchement, je ne vous le cache pas, ça m’a rappelé les turbulences d’Anougble de l’époque, mais d’une autre façon, à lui. Et j’ai vraiment apprécié, c’est pour ça que j’ai décidé de faire avec lui ce chemin-là.

​Ça va être un chemin de rupture. Je pense qu’il va faire la rupture entre tout ce qu’il a fait avant et proposer quelque chose de nouveau. Et je crois que ça va plaire aux gens. Martial mérite d’être reconnu parmi les jeunes qui ont fait preuve de résilience dans la peinture, parce qu’il ne fait que ça. Martial est un peintre, et il fait un peu d’agriculture à côté. Et j’estime qu’il doit être encouragé. C’est dans cette mouvance-là que je pense qu’on doit lui donner une chance de proposer ses tableaux, qui sont de très belle facture, avec des couleurs chaudes. Ça s’adresse aux entreprises où il y a de l’intelligence, aux entreprises de communication, aux cabinets. Et je crois que tout le monde va y trouver son compte.

​Voilà ce que j’avais à dire sur ce garçon. C’est un profil intéressant parce qu’il est calme, il est travailleur, et, en plus de ça, il m’a touché avec sa dernière série. Voilà en quelques mots ce que je peux te dire sur le travail de Martial Moulo aujourd’hui. Si je regarde très bien, ça fait 26 ans que je fréquente Martial Moulo, et je crois qu’il a atteint la maturité. Aujourd’hui, je crois qu’il est à deux pas de la prophétie des grands maîtres ».

Propos recueillis par Marcellin Boguy 

 

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