Jusqu’au 24 octobre 2026, la Rotonde des arts contemporains sise à Abidjan-Plateau accueille une exposition collective d’une rare densité. Intitulée « Aimer, rire… mourir », la manifestation réunit quatre plasticiens d’horizons divers — Dourone, Vanly Tiéné, Gourishankar Soni et Kofi Setordji — pour une plongée poétique et philosophique au cœur des émotions fondamentales.
C’est dans une ambiance chaleureuse et très courue que s’est tenu, le jeudi 24 septembre dernier, dès 19h, à la Plaza Nour Al Hayat au Plateau, le vernissage de l’exposition « Aimer, rire… mourir ». Placé sous le signe du dialogue interculturel et intergénérationnel, l’événement a bénéficié de la présence remarquable de Mme Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, outre celle de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Jean-Christophe Belliard, de l’artiste multicartes Wêrê Wêrê-Liking, de la journaliste aujourd’hui politicienne Danièle Boni-Claverie, de nombreux plasticiens dont Mathilde Moreau. Cette dernière a pris une part active aux échanges avec les plasticiens et les convives, observant avec attention les pièces exposées.
Pour Pr. Yacouba Konaté, directeur de la Rotonde des arts contemporains, l’initiative répond à une exigence essentielle : celle de croiser les perspectives sur la condition humaine. Cette exposition, a-t-il souligné lors de sa présentation, « favorise des regards sous plusieurs prismes de ces questions qu’on connaît tous ».
À travers la peinture, la sculpture, l’assemblage, l’installation et l’art mural, les visiteurs sont invités à méditer sur le temps, la mémoire, l’identité et les liens de l’individu avec son environnement.
Quatre trajectoires, un dialogue universel
Le parcours scénographique met en valeur les démarches singulières de quatre créateurs reconnus :
-Vanly Tiéné (Côte d’Ivoire / Suisse) — La poésie des matières retrouvées
Né à Abidjan en 1978 et formé à l’École des Beaux-Arts d’Abidjan, puis à celle de Besançon en France, l’artiste ivoirien est aujourd’hui installé à Évian-les-Bains. Sa pratique repose sur l’assemblage d’objets trouvés et l’exploration de l’espace public. Dans un dialogue constant avec le territoire, il parvient à créer un équilibre saisissant entre la force brute des matériaux et la délicatesse poétique de ses formes.
-Dourone (Espagne) — La conscience à l’ère technologique
Né à Madrid en 1985, cet artiste visuel espagnol jouit d’une renommée internationale, ses œuvres ayant été présentées en Europe, en Afrique, en Asie et aux États-Unis. Issu du street-art et du muralisme, Dourone combine réalisme, symbolisme et surréalisme. Il questionne les mutations de l’humain face au rythme frénétique des évolutions technologiques, explorant des thématiques intimes telles que le désir, la mémoire et les contradictions de l’esprit.
-Gourishankar Soni (Inde) — L’empreinte de la mémoire
Originaire de Shrimadhopur (district de Sikar) où il est né en 1980, le peintre contemporain est aujourd’hui basé à Jaipur. Présent dans les collections institutionnelles et privées à travers le monde — notamment en Inde, en Côte d’Ivoire, en Tunisie, en Égypte, en Hongrie, en Roumanie et aux États-Unis —, Soni construit une œuvre subtile axée sur la mémoire, le passage du temps et les traces de l’existence.
-Kofi Setordji (Ghana) — La maîtrise des formes et du récit
Bien qu’absent lors de la soirée d’inauguration, le plasticien ghanéen né à Accra occupe une place majeure dans ce parcours d’exposition. Ayant fait ses premières armes comme graphiste dans des ateliers de peintres d’enseignes de la capitale ghanéenne, Setordji s’est forgé une renommée internationale, participant entre autres à la Biennale de Johannesburg. Son travail loue une double maîtrise de la peinture et de la sculpture pour exprimer les réalités complexes de la condition humaine.
Marcellin Boguy
Légende photo : Les plasticiens Dourone et Gourishankar Soni (les deux hommes à gauche) ont expliqué leur démarche artistique au cours du vernissage de leur exposition collective.


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