Dans une vidéo de plus de 30 minutes diffusée sur les réseaux sociaux, le samedi 2 août 2025, l’artiste-chanteur Noël Dourey, membre du Bureau Politique (B.P) du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, se prononce sur trois faits de l’actualité sociopolitique ivoirienne.
A savoir, la violence pré-électorale constatée à Yopougon lors d’une manifestation d’individus non identifiés concomitante à la marche interdite du « Front commun PDCI-RDA et PPA-CI » ainsi que la candidature déclarée d’Ahoua Don Mello et son limogeage de la direction du PPA-CI, de même que l’interview-télé de Tidjane Thiam. Voici l’intégralité des propos de Noël Dourey.
« Voilà que les choses se précisent. L’antipatriotisme, la haine, la bêtise humaine, aujourd’hui, ont un nom. Le mouvement « Trop, c’est trop » lancé par des grincheux et comme ils le disent, eux-mêmes, on voit leur dos ; ces nageurs en eaux troubles. Ils avaient dit qu’ils étaient les plus grands démocrates sur terre et que leur marche serait pacifique. Mais ce que nous savons, c’est qu’ils font toujours le contraire de ce qu’ils annoncent. Quand ils disent marche pacifique, c’est avec des gourdins, des armes blanches et que sais-je encore ? On est en pleine capitale économique, vous avez des machettes, des limes, des couteaux, quel champ vous partez défricher ? Et dans la nuit profonde. Où les Ivoiriens, harassés, fatigués d’une dure journée de labeur se reposent auprès de leurs conjoints, de leurs enfants. Avec à la clé pour ces quidams, des destructions de biens de l’Etat : un autobus de la Société des transports abidjanais (SOTRA) entièrement calciné et une voiture de Police prise pour cible. Une voiture de Police commise à leur propre sécurité, parce que c’est une voiture de patrouille. Mais hélas ! Mille fois hélas ! Ils trouvent le funeste désir de mettre le feu au pays.
C’est grave. Et je félicite le gouvernement qui a pris la bonne décision d’interdire purement et simplement cette marche. A la vérité, on le savait déjà, il avait un élan insurrectionnel. Bravo au préfet d’Abidjan ! Pour cette belle décision, pour cette belle interdiction. Vous avez, c’est des gens sans foi ni loi. Qui bénéficient des privilèges de l’Etat mais qui ne veulent pas se conformer à ses lois. En fait, ils font ce qu’on appelle du brigandage politique. Si on peut appeler encore ça de la politique. C’est du banditisme public. Mais la Côte d’Ivoire sous Alassane Ouattara, notre vénérable président, est en train de construire un type d’Ivoiriens nouveaux, soucieux et respectueux des lois. Et nous en sommes fiers. L’anarchie n’a que trop duré, il faut y mettre fin. Et c’est ce que le président Alassane Ouattara est en train de faire. Donner à la Côte d’Ivoire ; bien entendu après les infrastructures qui font sa fierté ; une vie véritablement démocratique.
« L’antipatriotisme, la haine, la bêtise humaine, aujourd’hui, ont un nom »
On les a entendu dire : « La marche aura lieu ! La marche aura lieu ! La marche est maintenue ! » Djaaaaa (interjection propre à l’argot ivoirien, ndlr), c’était une marche au couteau. Je pense qu’ils pourront eux-mêmes en tirer les conséquences. Parce que, figurez-vous, la Côte d’Ivoire se porte bien, c’est constant. Et les innombrables cameras disséminées à travers le pays et principalement dans la ville d’Abidjan vont faire parler les cagoules. Les cagoules vont livrer les vrais visages de ces petits vandales. Et ils seront cueillis comme des rats. Déjà ils commencent à dire que c’est le gouvernement et qu’ils n’ont rien à voir. Comment savez-vous que c’est le gouvernement quand vous-mêmes, vous demandez une enquête ? L’enquête n’a pas encore commencé et déjà vous connaissez les commanditaires et les coupables. C’est un stratagème qui a montré ses limites. On connait cette manière de réagir. C’est-à-dire quand vous finissez de tout gâté, quand on vous prend la main dans le sac, c’est pour dire : « Non, non, on n’est pas au courant ! On n’est pas content de ça ! » C’est pour tromper l’opinion publique. J’encourage le gouvernement à nous donner les résultats de l’enquête puisqu’une enquête, dans un pays civilisé, un pays organisé, est ce qu’on attend, le plus vite et le mieux possible pour situer les responsabilités. Libre cours à la Justice.
Le deuxième point, c’est monsieur Ahoua Don Mello qui a été viré de ses fonctions de vice-président au PPA-C I. Il est bon quelque fois d’être un témoin, un contemporain de son histoire. Vous savez, entre Gbagbo Laurent et Ahoua Don Mello, c’est un riz couché (dans l’argot ivoirien, cela signifie : une vieille querelle, une rengaine, ndlr). Comme on dit à Adjamé (une des communes populaires d’Abidjan, ndlr), c’est un riz couché. En 1990, au palais des sports d’Abidjan-Treichville, a eu lieu le premier congrès du FPI, après la création du Front populaire ivoirien à Dabou. Le président Laurent Gbagbo a été porté à la tête comme secrétaire général, quand monsieur Ahoua Don Mello a été élu au comité de contrôle. Et les statuts du FPI lui ont donné le pouvoir de contrôler, d’être une sorte de contre-pouvoir du secrétaire général qui était monsieur Laurent Gbagbo. En cours de chemin juste quelques années après, Laurent Gbagbo a compris qu’il ne pouvait pas gérer le parti à sa guise. Parce que la démocratie qu’il voulait instaurer avait été prise à défaut par le comité de contrôle. Et comme à ses habitudes, il ne parle jamais ; il laisse toujours ses seconds couteaux exprimer clairement ce que, lui, il pense. Il fallait liquider Ahoua Don Mello.
« Il fallait liquider Ahoua Don Mello »
Nous avons encore à l’esprit, les titres des journaux qui vilipendaient Don Mello. C’est-à-dire de contrôleur et de contre-pouvoir, il a été livré à la vindicte des militants du FPI de l’époque. Mais de manière courageuse, il a quitté le FPI pour créer un courant qu’on appelait « Renaissance ». Avec les Maurice Kouladé, Paul Arnaud et bien d’autres. Parce qu’au congrès du FPI qui a suivi, il a été décidé que le comité de contrôle n’était plus coercitif mais qu’il devenait consultatif. C’est-à-dire qu’on lui avait enlevé le pouvoir que les statuts lui avait conférer au congrès précédant. Parce que Laurent Gbagbo, tout doit tourner autour de lui. A Korhogo en 1990, après la réunion des quatre partis de l’opposition, de l’époque, il s’est éclipsé pour venir faire tout seul acte de candidature à l’élection présidentielle à Abidjan. C’est-à-dire que ce qui l’arrange, il est prêt à tout pour l’obtenir même s’il faut qu’on marche sur lui. Et après plusieurs pérégrinations, monsieur Ahoua Don Mello qui, il faut le reconnaître, est un bon technicien, est réapparu pendant la campagne électorale présidentielle de 2000 pour apporter son expertise sur le plan informatique au candidat Gbagbo. Il fallait donc consolider les résultats, qu’on peut toujours contester, mais toujours est-il qu’il a joué un grand rôle pour la désignation du président Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire en octobre 2000. Table-rase a été faite du passé, Don Mello a été réhabilité et nommé Directeur général du BNETD.
Donc ces deux personnalités se connaissent. Elles savent qui est capable de faire quoi. Comme Gbagbo veut qu’on dise : « Allez leur dire que c’est moi Gbagbo ! » Don Mello a sûrement envoyé des gens et leur a dit : « Allez dire à Gbagbo que moi, c’est Don Mello ! » Et Ahoua Don Mello a dit des choses intéressantes. C’est vrai que ça m’a paru cocasse. J’ai souri un peu sous cape. Mais ce qu’il a dit était intéressant. Il a dit qu’il laisse les autres au jardin d’enfants de la démocratie. Et c’est vrai. La démocratie ne signifie pas la barbarie, ne signifie pas l’intimidation. La démocratie, c’est le pouvoir qu’on donne aux autres dont on est au service, pour rendre notre action efficace. La démocratie, ce n’est pas se servir de ceux qui nous ont fait confiance pour faire ce qu’on veut. On peut prendre des membres de sa famille, on peut prendre ses amis, on peut prendre qui on veut pour en faire ce qu’on veut. Ce n’est pas ça. C’est l’expression de la volonté populaire. Et en démocratie, le chef peut être mis en minorité. Ce n’est pas que le chef doit avoir toujours raison. Ce n’est pas ça.
« Ahoua Don Mello a dit qu’il laisse les autres au jardin d’enfants de la démocratie »
Ce que je retiens aussi des arguments de monsieur Don Mello, c’est qu’il dit que la politique de la chaise vide peut tuer le PPA-CI. Il n’a pas tort. Parce qu’aux résultats des courses, les régions sont inexistantes dans l’escarcelle du PPA-CI, les députés, on les compte sur le bout des doigts ; les maires, je ne sais pas si ce parti en a. Parce que le PPA-CI a décidé de tout boycotter. Comme un enfant gâté qui refuse le bonbon que son père lui donne parce qu’il est fâché. Mais le père, il continue à faire ce qu’il fait. S’il a d’autres enfants, ceux-là sont heureux de recevoir les bonbons de leur papa. Voilà la réalité. Donc Don Mello n’est plus vice-président du PPA-CI. Il a été renvoyé comme c’est le cas d’habitude. Quand on n’est pas d’accord avec le prince, il chasse. Quitte à se retrouver seul. Mais à quoi ça sert d’être un roi sans couronne. Parce qu’être le roi de la chaise vide n’offre aucune couronne. Et ce qui est grave, c’est quand ton enfant qui dit qu’il a épousé ton idéologie, il a été ton disciple, il a travaillé pour toi, quand il vient t’étaler sur la place public, c’est la honte.
Et j’encourage d’autres cadres du PPA-CI à rejoindre monsieur Ahoua Don Mello dans sa quête renouvelée du débat démocratique, du débat d’ouverture, pour que la Côte d’Ivoire affirme sa pluralité au niveau de la pensée. On n’a pas besoin de pensée unique qui devient après un parti-Etat. On n’en a pas besoin. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire a 70% de jeunes au minimum. Ils ont besoin d’avoir un autre mode de fonctionnement que leur offre le président Alassane Ouattara. Et ça, c’est bénéfique pour les aînés que nous sommes. Parce qu’on se dit : « ll nous faut préparer une autre catégorie d’Ivoiriens pour prendre la relève ». Aujourd’hui, on assiste à des dérives de jeunes qui se retrouvent quelque fois à la Police parce qu’on ne leur a pas appris autre chose que la violence verbale, que les injures, que la mauvaise foi. C’est ça qu’on leur a appris. Et le président Ouattara est en train de changer ça. Parce qu’il représente tout de même les jeunes, une force. Il ne faut pas qu’on se méprenne. C’est de véritables forces de propositions que nous présentons.
« La Suisse n’est pas raciste. La Suisse n’aime pas les faux types, les kpaflotteurs »
En troisième lieu, c’est l’interview de monsieur Tidjane Thiam accordée à une télévision. En fait, il s’est moqué des Ivoiriens. Mais il y a deux points qui m’intéressent dans son interview. Le premier point, c’est le mensonge qu’il distille dans cette interview à dose homéopathique en disant qu’il n’a jamais rencontré Jean-Louis Billon à part une seule fois. Alors que nous avons les images de plusieurs de leurs rencontres. Le second point, c’est qu’il affirme que la Suisse est raciste. Mais comment son grand-père Félix Houphouët-Boigny, qui a eu des amis suisses, qui a bâti sa fortune dans les banques suisses, et notre mère à tous, Thérèse Houphouët-Boigny qui y prend ses quartiers régulièrement ; comment peut-il affirmer que la Suisse est raciste ? La Suisse n’est pas raciste. La Suisse n’aime pas les faux types, les kpaflotteurs (menteurs ou vendeurs d’illusions, dans l’argot ivoirien, ndlr). C’est une nuance. Il faut respecter ce pays. En troisième lieu, il aurait donné le pouvoir à Gbagbo Laurent qui l’aurait ensuite appelé pour être Premier ministre de Côte d’Ivoire. Ça aussi, vraiment je ne sais pas comment on peut prêter de l’attention à un gars qui divague, à un prétentieux, à un mégalomane »
Propos retranscrits par Ferdinand N’Guessan
Légende photo : L’artiste-chanteur Noël Dourey, membre du Bureau Politique (B.P) du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).


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